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Choricios de Gaza, « L’Apologie des mimes »

Texte, traduction française princeps et commentaire. Étude sur le mime

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Christian Pernet

L’Apologie des mimes tient une place particulière dans le corpus des œuvres de Choricios de Gaza (VIe siècle). Composée au début du règne de Justinien, cette pièce reflète des réalités contemporaines et constitue à ce titre un témoignage de première importance pour notre connaissance des mimes et du théâtre au VIe siècle en général. L’orateur présente néanmoins sa défense des mimes comme un exercice. Comment dès lors lire et interpréter ce discours ? L’Apologie des mimes se situe à la frontière des genres, entre les pièces à caractère officiel et les exercices oratoires sous forme de déclamations.

Le présent volume offre une édition nouvelle du texte grec accompagnée d’une traduction française princeps et inédite du discours. Un commentaire et une étude approfondie sur le mime permettent de comprendre les enjeux essentiels du texte. Héritière de Libanios pour son inspiration et sa structure rhétorique, L’Apologie des mimes répond également aux attaques « coutumières » des prédicateurs chrétiens, en particulier Jean Chrysostome, avec qui les correspondances sont remarquables.

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5 Les questions historiques et chronologiques

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5 Les questions historiques et chronologiques

Afin de mieux comprendre le projet littéraire de l’Apologie des mimes, le contexte global dans lequel l’œuvre s’insère, en particulier les différents troubles liés aux spectacles doivent être présentés. Différentes recherches menées jusqu’ici ont permis de dater l’œuvre. Nous allons dans un premier temps poser le status quaestionis pour ensuite soumettre chaque hypothèse à la critique. Cela nous permettra de situer l’Apologie des mimes dans la carrière de Choricios de Gaza.

5.1 Les recherches antérieures

5.1.1 La datation de l’œuvre selon Graux

Pour Graux, un seul passage suffit à dater l’œuvre1. Il s’agit du paragraphe 58 dans l’édition Foerster-Richtsteig. Imitant sans doute son modèle Libanios2, Choricios affirme que la réputation des mimes ne les a pas empêchés d’être en vogue dans la cité impériale, c’est-à-dire Constantinople. Les mimes trouveraient même leur place au plus haut niveau de l’empire, pendant les réjouissances des fêtes de fin d’année3 ; Choricios fait ici selon toute vraisemblance allusion aux calendes de janvier (voir ci-dessous, p. 354). Graux opère un rapprochement avec un passage de l’Histoire ← 203 | 204 → secrète de Procope de Césarée, qui affirme que Justinien abandonna complètement le théâtre4 :

Les théâtres, les hippodromes et les cirques étaient tous le plus souvent fermés – les lieux précisément où sa femme était née, avait grandi et reçu son éducation. Par la suite, il ordonna que ces spectacles cessent même à Byzance, pour que le Trésor public n’ait pas à fournir les sommes accoutumées aux nombreuses et presque innombrables personnes qui en tiraient subsistance.5

Aucune date exacte n’est fournie, mais on peut déduire du propos de Graux un intervalle de temps situé entre 525 et 530 : « il paraît donc nécessaire d’admettre que le présent discours a été prononcé, soit avant l’avènement de Justinien au trône, soit pendant les premières années de son règne »6. Pour le savant français, il y aurait une forte opposition entre l’empereur Justinien, ennemi farouche de la scène, et son prédécesseur Justin qui y aurait été plus favorable. Nous verrons dans notre analyse comment apprécier ce jugement.

5.1.2 L’analyse de Sathas

Dès la publication de l’Apologie des mimes, Sathas propose également une étude et une interprétation du discours7. L’auteur considère l’Apologie des mimes comme un témoignage unique sur la situation du théâtre païen au VIe siècle ; il souligne également que le discours est une imitation du discours Pour les Danseurs de ← 204 | 205 → Libanios8. En accord avec l’opinion de Graux, Sathas situe l’œuvre avant le règne de Justinien9. Le témoignage de Procope de Césarée est là aussi déterminant ; Sathas y relève l’abolition des subventions publiques pour les spectacles qui entraîne leur disparition. Son raisonnement le conduit à penser que si Photios situe l’akmé du sophiste sous le règne de Justinien, l’Apologie des mimes doit plutôt être considérée comme une première tentative de défense judiciaire. Selon Sathas, l’Apologie des mimes n’a pas pu être composée sous le règne de Justin, car ce dernier était selon lui opposé à la scène. Par conséquent, sa rédaction dut avoir lieu à la fin du règne d’Anastase « quand les théâtres étaient à leur akmé »10. De manière caricaturale Wüst reprend cette datation haute et considère l’Apologie des mimes comme « eine Fundgrube von Notizen über den Mimus, vor allem um 500 »11, soit en plein milieu du règne d’Anastase.

5.1.3 Les Quaestiones Choricianae de Kirsten

Une troisième étude marque une étape importante dans notre enquête. Dans ses Quaestiones Choricianae12, Kirsten propose une datation des différents discours publics de Choricios, ce qui permet d’établir une chronologie de la production de notre sophiste. À titre d’exemple, l’Oraison funèbre de Procope de Gaza est datée des années 536–540, date qui est encore retenue aujourd’hui13. Concernant la datation de l’Apologie des mimes, l’auteur soulève en premier lieu que seules des preuves internes permettent de dater l’œuvre. Le parallèle relevé par Graux est également invoqué. Un élément nouveau est toutefois apporté. Il s’agit d’un passage de Malalas dans lequel le chroniqueur relate la fermeture des théâtres en 525 : « Et les spectacles furent ← 205 | 206 → interdits et tous les danseurs bannis en Orient, excepté dans la grande Alexandrie d’Égypte »14.

À l’appui de la thèse de Kirsten, trois autres passages de l’Apologie des mimes sont mentionnés. Le premier fait allusion à une fête nocturne dans laquelle le théâtre s’ouvre à toutes les couches de la société15 ; dans le deuxième passage répertorié, il est question d’une fête annuelle se déroulant à Césarée, en présence du gouverneur de la cité16. Enfin, le troisième passage évoque la considération dont jouissaient les mimes dans toute la Phénicie, alors qu’une loi locale interdisait la fréquentation des spectacles de mimes17. Tous ces témoignages laissent penser que le théâtre était en faveur dans différentes régions de l’empire et que Choricios ne pouvait par conséquent pas avoir eu connaissance des édits de l’empereur de 525. La conclusion de Kirsten est que le discours a dû être prononcé au plus tard en 526.

5.2 Les critiques

5.2.1 L’hypothèse de Sathas

Comme évoqué, l’hypothèse de Sathas propose de placer le discours à la fin du règne d’Anastase, voire au début de celui de Justin18. Cette datation est cependant réfutée par Kirsten et plus récemment par Stephanis, qui la juge simplement arbitraire19. ← 206 | 207 →

Pour Sathas, l’abolition du Chrysargyre en 498 suite à la tragédie écrite par Timothée de Gaza20 constitue une preuve de la φιλομουσία de l’empereur, amateur selon lui d’un théâtre modéré qu’il regardait comme une école de la morale21. Il est vrai, comme le souligne Chauvot, que dès le début de son règne, l’empereur prit des « mesures d’épuration des spectacles »22. Cela lui valut d’ailleurs les félicitations du Pape Gélase en 494 : « je passerai sous silence le fait que l’autorité de votre piété a également réfréné les désordres populaires causés par les spectacles »23. Notons que contrairement à ce que laisse penser ce passage, le Pape Gélase adresse effectivement des louanges à l’empereur. Il abrège ici simplement son propos – taceo –, car nous nous trouvons quasiment à la fin de sa missive.

Le règne d’Anastase est, en fait, marqué par divers événements liés à des troubles publics qui aboutissent à l’abolition des venationes en 499 et des spectacles de pantomime en 50124. Voici comment Procope de Gaza présente les spectacles de pantomime dans son Panégyrique à l’empereur Anastase :

De jeunes garçons faisaient mine de vouloir changer de genre en devenant des femmes dont ils revêtaient l’aspect. Ils prenaient des poses molles en agitant les mains plutôt que la langue et provoquaient l’enthousiasme de tous ceux qui assistaient à ce spectacle impudent […] Eh bien ! ces spectacles, tu en as éloigné tes sujets dans la pensée qu’ils étaient chargés d’opprobre.25 ← 207 | 208 →

Quant à Priscien, il ne relève pas l’interdiction de la pantomime dans son Panégyrique, mais fait seulement allusion à l’interdiction des venationes26. Cette mesure peut d’ailleurs être datée grâce à la chronique de Josué le Stylite, qui dit pour l’année 499 que « l’empereur Anastase défendit par un édit les combats (avec les bêtes féroces) dans les villes soumises aux Romains »27.

Ces mesures trouvent très probablement leur origine dans une série de troubles et d’émeutes successives qui se produisent au début du règne d’Anastase et durent jusqu’en 50128. Dans un passage que Cameron situe au début du règne de l’empereur29, Malalas nous livre le témoignage suivant : « Sous Anastase, il y eut une émeute à l’hippodrome ; beaucoup de gens furent tués et des bâtiments furent incendiés, et les quatre danseurs furent exilés »30. Ce témoignage semble être validé par le fait que le Comte Marcellin signale pour l’année 491 une révolte qui mit littéralement le feu à la ville ainsi qu’à l’hippodrome31.

Deux révoltes ont également lieu en 499–500 et en 501, durant les Brytae. Selon Jean d’Antioche, la révolte de 499/500 est un massacre et des mesures sont prises pour réprimer ces troubles : « l’empereur priva à l’avenir les villes de la très belle danse »32. Pour la révolte de 501, nous possédons différentes sources. La plus importante est celle du Comte Marcellin, qui livre une version détaillée de ces événements : ← 208 | 209 →

Alors que le préfet de la ville, Constance, assistait aux jeux du théâtre, en pleine journée, les Verts préparèrent une embuscade contre les Bleus, leurs adversaires. Ils avaient en effet dissimulé des armes et des pierres dans des urnes en terre et dans des corbeilles de fruits. Ils s’étaient placés au portique du théâtre, comme des marchands.

Installé comme de coutume sur les gradins, Constance entendit les cris des citoyens ; les armes furent sorties, mais on les entendit avant de les voir. Des pierres tombèrent sur des citoyens imprudents. On vit, dans les mains des assaillants, des épées couvertes du sang d’amis et de voisins. Les gradins du théâtre craquèrent et gémirent sous les pieds de ceux qui fuyaient le massacre ; le sol de ces gradins était couvert de sang.

La cité auguste pleura la mort de plus de trois mille citoyens, tués par l’épée, les pierres, piétinés ou noyés dans les eaux de l’avant-scène.33

Jean Malalas apporte une information supplémentaire qui souligne encore la gravité de cet événement : « le fils d’une concubine de l’empereur perdit la vie dans le théâtre »34. Théophane mentionne également ce drame dans sa chronique de l’Anno mundi 599735.

En définitive, dans toutes les versions du récit, les mesures prises sont identiques et concernent directement les danseurs36 : « l’Empereur, en colère, punit nombre de partisans des deux factions et ← 209 | 210 → bannit les quatre danseurs des factions »37. Comme pour les venationes, Josué le Stylite vient confirmer la mesure : « Anastase défendit par un édit aux comédiens de danser dans aucune ville de son Empire »38. L’historien Zosime se plaint également des danses des pantomimes introduites par Pylade et Bathylle sous Auguste, et responsables jusqu’à ce jour de nombreux maux39. Il compte même la danse parmi les éléments qui ont contribué à remplir les villes de confusion et de désordre40. Pour Cameron, cette mention permet d’ailleurs de dater le texte de Zosime avant 501, puisque les mesures d’interdiction prises par l’Empereur ne lui sont pas connues41.

Dans ce cadre, considérer la φιλομουσία de l’Empereur Anastase au sens strict nous paraît difficile, et admettre cet argument pour dater l’Apologie des mimes du début du siècle encore plus. Quant à une forme de pantomime ou de spectacle allégé, auquel le Pape Gélase semble faire allusion, il est possible de tirer un parallèle avec les dialexeis de Procope de Gaza, comme l’explique Amato en mentionnant l’existence d’une pantomime « morigerata ». Le savant propose en effet d’interpréter les dialexeis procopiennes comme des préambules ou, mieux encore, des guides introductifs à la représentation de pantomimes ; leur contenu serait plus adapté aux mœurs, notamment en ce qui concerne la nudité qui était parfois mise en scène42.

Or, les événements que nous venons de mentionner sont loin d’être isolés. En fait, tout le début du siècle est marqué par différents troubles liés aux danseurs de pantomimes et les spectacles en général. ← 210 | 211 →

Les mesures d’interdictions relatives à l’hippodrome et au théâtre ne sont pas rares, comme l’explique Dagron43. Outre les révoltes de 499–500 et 501, il y eut en 507 une émeute à l’hippodrome de Constantinople qui nécessita, selon le Comte Marcellin, l’intervention de l’armée44. Une autre émeute eut lieu en 514, suite à une décision de l’empereur de supprimer une séance de courses hippiques, après une rébellion fomentée pendant les courses, comme le mentionne Jean d’Antioche45.

5.2.2 L’hypothèse de Kirsten

Les événements suivants concernant les spectacles ont un lien direct avec la datation proposée par Kirsten et présentée ci-dessus. Il convient comme pour Sathas d’en faire la critique. En premier lieu, nous allons présenter les événements qui ont abouti en 525 à la fermeture des théâtres.

Selon les détails donnés par Malalas, les révoltes ont dû occuper une grande partie du règne de Justin I. En 520, selon Malalas, les démotes soulèvent une révolte pendant la course hippique de l’après-midi, révolte qui est réprimée par l’armée. Puis, la chronique explique que les factions se réconcilient. Voici comment se termine l’affaire : « Rassemblées à l’hippodrome le lendemain pour les courses hippiques, les factions demandèrent à l’empereur d’assister à la course hippique tandis qu’elles réclamaient en criant leurs ← 211 | 212 → danseurs »46. Comme on peut le lire, les danseurs se trouvent à nouveau au centre du débat. Les danseurs dont il est question sont d’ailleurs nommés dans l’excerptum, ce qui démontre leur popularité : « les Verts réclamaient Caramallos et les Bleus un certain Porphyre d’Alexandrie »47. L’empereur accorde à chaque faction ce qu’elle avait demandé, preuve de la puissance et de l’influence des factions jusqu’au plus haut niveau de l’empire.

La crise ne s’arrête pas là. La lecture de Théophane nous apprend que les Bleus soulèvent des révoltes dans toutes les villes de l’empire ; les troubles durent cinq années pour s’arrêter la sixième année du règne de Justin soit en 524–525. Le chroniqueur souligne bien l’ambiance qui règne dans les villes où les Bleus assassinent les Verts sans que les autorités n’osent engager des poursuites contre les meurtriers48.

C’est dans ce contexte que doit être compris le passage de Malalas cité par Kirsten dans son étude. En effet, le chroniqueur présente les choses de manière plus détaillée et le passage mentionné plus haut n’est en fait que la conséquence d’une série de troubles généralisés49. Selon lui, les événements débutent sous l’impulsion des Bleus dans la capitale, soit à Constantinople directement. Durant la première ← 212 | 213 → indiction, soit en 522–523, un certain Théodotos est nommé comme préfet de la ville : « il réprima le pouvoir des dèmes des Byzantins en punissant bon nombre d’insurgés, sur ordre de Justin »50. Enfin, la donnée de Théophane situant la fin des émeutes vers 524–525 peut être mise en relation avec celle de Malalas mentionnant pour 525 l’interdiction des spectacles et le bannissement des danseurs dans tout l’Orient, sauf à Alexandrie51.

Les mesures ne doivent cependant pas avoir eu l’effet escompté. Une des premières actions entreprises par Justinien à son arrivée au pouvoir est, si l’on en croit Malalas, une mesure de répression à l’encontre des émeutiers qui suscite de la crainte :

Justinien envoya des rescrits sacrés dans chaque cité, de sorte que les émeutiers et les meurtriers furent punis, quelle que fût la faction à laquelle ils appartenaient. Ainsi, ils n’osèrent plus à l’avenir tenter un quelconque soulèvement, parce que l’empereur inspira de la crainte dans toutes les provinces.52

Le Chronicon Pascale mentionne également l’envoi de sacrae à Constantinople et dans chaque ville, en précisant que l’on devait à l’avenir regarder les spectacles en bon ordre53. ← 213 | 214 →

5.2.3 Critiques et apport de Stephanis

Faut-il lier l’interdiction dont Procope de Césarée fait état dans son Histoire secrète au témoignage de Malalas relevé par Kirsten ? C’est le premier reproche que fait Stephanis dans son analyse et datation du discours de Choricios54. Pour lui, le chroniqueur et l’historien ne décrivent pas les mêmes faits. Alors que le récit de Malalas concerne explicitement les événements qui aboutissent en 525 à la fermeture des théâtres, le récit de Procope de Césarée concerne des mesures économiques prises en 527. Si nous acceptons de faire concorder les deux témoignages, comme le propose Stephanis dans un deuxième temps, nous devons émettre avec lui la réserve suivante : la décision de fermeture des théâtres n’a sans doute pas été définitive ; les décisions impériales, quoique très énergiques, ne semblent avoir eu qu’une portée relativement limitée, soit dans le temps, soit dans l’espace. L’exposé que nous venons de présenter montre bien le nombre de révoltes suivies d’interdictions qui se sont succédé au début du VIe siècle. Ainsi, en 529, soit deux ans après l’arrivée au trône de Justinien, nous avons connaissance d’une révolte au théâtre d’Antioche. Cela signifie que moins de cinq ans après une mesure d’interdiction que l’on a pu considérer comme générale, le théâtre d’Antioche est ouvert et donne lieu à des troubles, que décrit sommairement Malalas :

La même année eut lieu une révolte à Antioche la Grande au théâtre et la nouvelle de cette révolte fut rapportée à l’empereur. Mis en colère, celui-ci interdit à partir de ce moment-là la mise sur pied de représentations théâtrales dans la cité d’Antioche.55

Comme le note cependant Cameron, le théâtre sera à nouveau en fonction par la suite56. Tous ces éléments vont à notre avis dans le sens de l’hypothèse de Stephanis. Le passage de Malalas faisant état ← 214 | 215 → d’une fermeture quasi générale des théâtres en 525 ne peut à lui seul fournir une preuve pour dater le discours. Le texte de Choricios se situe en des termes trop généraux pour que l’on puisse rattacher son contenu à un événement historique précis. En fait, l’Apologie des mimes peut également refléter l’état d’une époque ultérieure57.

La troisième réserve émise par Stephanis est d’un ordre différent. Les mimes, même s’ils ont été probablement touchés par les interdictions que nous venons de rappeler, n’avaient pas pour seul champ d’action les théâtres publics. Le domaine privé avait lui aussi recours aux mimes comme divertissement.

5.3 La place du texte dans l’œuvre de Choricios

Sathas a fait de l’Apologie des mimes une œuvre du début de la carrière de Choricios de Gaza58. C’est également l’opinion de Westberg, quoique ce dernier place l’Apologie des mimes en 52559. Classée parmi les exercices de rhétorique, l’Apologie des mimes doit dans cette optique être un protreptique aux vrais discours judiciaires et aux discours publics. Ce jugement est à notre sens erroné ; il provient d’une mauvaise compréhension et d’une lecture trop superficielle du discours. Rédiger un discours qui puisse être considéré comme un jeu par les détracteurs du mime, mais soit en même présenté comme une vraie défense requiert de grandes qualités rhétoriques, plus propres à un sophiste expérimenté. D’ailleurs, Choricios présente dès l’exorde sa défense comme une tâche hardie, une véritable pierre de touche60. Webb a d’ailleurs relevé que, pour être efficace et réussi, le discours doit se baser sur des arguments crédibles et reconnaissables par le public61. Pour Stephanis, qui s’inscrit en faux ← 215 | 216 → par rapport à Cameron62, le souci de rendre vraisemblable le discours garantit même la valeur des arguments du rhéteur63. Ainsi, Choricios déclare avoir assisté aux spectacles de mimes en tant qu’étudiant et avoir cessé depuis qu’il est enseignant64. Plus loin, Choricios s’interdit d’assister désormais aux spectacles de mimes par respect d’une loi établie par l’usage pour les enseignants.65

L’orateur montre ensuite que le spectacle n’est pas mauvais en soi, puisque les étudiants y trouvent un peu de repos après avoir terminé leur ouvrage. Si le maître avait peur que le spectacle puisse causer quelque dommage, il inciterait ses étudiants à s’en garder66. Choricios mentionne encore que c’est une loi locale qui interdit aux maîtres d’être spectateurs des mimes, tandis qu’en Phénicie, s’abstenir d’assister à leurs spectacles était au contraire vu comme la marque d’une personnalité désagréable et maussade67.

Dans quelle mesure ces différents passages permettent-ils de situer l’œuvre dans la carrière de Choricios ? Nous savons par l’intitulé d’une dialexis que Choricios prend la tête de l’École de Gaza avant la mort de son maître Procope68 :

La dialexis, quant au reproche que font certains à mon divin maître de ne plus produire son éloquence lors de réunions publiques, montre que la retraite est un bien lorsqu’on arrive à un âge avancé.69 ← 216 | 217 →

Alors que Procope ne se produit plus en public pour raison d’âge, Choricios se trouve donc à la tête de l’École de Gaza en qualité de sophiste, ce que vient par ailleurs confirmer le témoignage de Photios70.

Il semble que Choricios n’est pas depuis longtemps en poste lorsque son maître meurt et qu’il en prononce l’éloge funèbre. Dans le passage qui suit, notre orateur se présente comme le fils spirituel de Procope, tout en laissant sous-entendre que son activité professorale pourrait en être à ses débuts :

En outre, tous ceux dont il fut le maître trouvèrent encore en lui un père : il aimait ses disciples comme il eût aimé ses enfants, et s’il est en moi quelque chose dont on puisse parler, si moi-même j’entreprends d’enseigner, on peut dire, ce me semble, qu’il est mort, non pas seulement père, mais encore aïeul.71

L’expression « j’entreprends d’enseigner » (παιδεύειν ἐπιχειρῶ) pourrait bien signifier que Choricios en est effectivement au début de sa carrière. La même expression se retrouve d’ailleurs dans l’Apologie des mimes ou encore dans le premier éloge de Marcien72. Mais peut-être l’expression souligne-t-elle simplement la tentative continuelle que représente l’enseignement.

Concernant la chronologie de Procope, on peut être à peu près certain que sa mort date d’après 528. En effet, une de ses dernières œuvres, si ce n’est la dernière, est intitulée Monodie d’Antioche ; ce texte, dont le contenu est presque totalement perdu, devait relater les deux tremblements de terre qui frappèrent cette ville en 526 ou 52873. Quant à un terminus ante quem, il peut être déterminé de la ← 217 | 218 → manière suivante. Dans l’Oraison funèbre, il est question de premiers « bains ouverts pour ceux qui ne peuvent pas les fréquenter facilement de toutes les parties de la ville »74, tandis que dans l’Éloge d’Aratos et de Stephanos, datable de 536/54075, Choricios mentionne qu’un autre bain sera ouvert aux habitants pour la saison hivernale76. Kirsten situe par conséquent l’Éloge funèbre de Procope de Gaza « post annum 526, nonnullis autem annis ante 536 »77. Notons encore que Rohde suivi par Seitz propose un intervalle de rédaction encore plus serré entre 526 et 52878, ce qui semble difficilement acceptable si la Monodie d’Antioche date de ces mêmes années.

5.4 Synthèse intermédiaire

Si l’on accepte une rédaction de l’Apologie des mimes entre 525 et 527, cela signifie que Procope est encore vivant au moment de la rédaction du discours. Le contexte serait alors la période durant laquelle le maître de Choricios vit retiré de la rhétorique ; en accord avec le témoignage de Photios, le discours aurait dans ce cas été rédigé après que Choricios eut succédé à Procope à la tête de l’École de Gaza.

Les réserves émises par Stephanis sont donc dans l’ensemble pertinentes. La datation donnée par Sathas est arbitraire. Celle de Kirsten en revanche ne peut pas d’emblée être écartée, ce d’autant plus qu’elle semble concorder avec la chronologie des œuvres de Procope et Choricios que nous venons d’exposer. Enfin, la proposition ← 218 | 219 → de Graux, qui place le discours au début du règne de Justinien, ne peut pas être écartée non plus.

Notre analyse a démontré que ces datations ne sont pas les seules possibles et que l’Apologie des mimes peut faire référence à un contexte plus tardif. Nous pouvons en tout cas définir ce discours comme une défense judiciaire ancrée dans une réalité historique contemporaine, même si la circonstance exacte qui a pu inspirer notre sophiste reste indéterminable. Dans ce sens, l’allusion faite aux courses de chars et aux séditions qu’elles provoquent79 fait parfaitement écho aux troubles que nous avons évoqués. La solution la plus prudente est alors de considérer l’œuvre dans son contexte global. Notre parcours a ainsi permis de démontrer que les différentes révoltes et interdictions successives font de cette thématique un enjeu central pour comprendre l’Apologie des mimes. Et les interdictions se poursuivront jusqu’au coup d’arrêt formulé dans le Canon 51 du concile In Trullo en 69280 :

Défense absolue est faite par ce saint concile œcuménique des représentations de ce qu’on appelle mimes et de leurs jeux, de plus, de donner des combats de bêtes et des danses sur scène.81

Au XIIe siècle, Théodore Balsamon commentera cet arrêt en développant l’opposition des factions vertes et bleues. Il prendra en exemple les règnes de Justinien, d’Anastase et de l’usurpateur Phocas82, preuve de l’influence que ces troubles ont eue jusqu’à son époque.


1 Graux 1877a, p. 225.

2 Lib., Or. LXIV, 16–17. Voir Molloy 1996, p. 190–192. Luc., Salt., 10 relève également l’importance de la danse chez les Spartiates.

3 Chor., Apol. mim., 58.

4 Graux 1877a, p. 225 note 10.

5 Procop., Arc., XXVI, 8–9 : τά τε γὰρ θέατρα καὶ ἱππόδρομοι καὶ κυνηγέσια ἐκ τοῦ ἐπὶ πλεῖστον ἅπαντα ἤργει· οὗ δή οἱ τὴν γυναῖκα τετέχθαι τε, καὶ τεθράφθαι, καὶ πεπαιδεῦσθαι ξυνέβαινεν. ὕστερον δὲ ταῦτα δὴ ἀργεῖν ἐν Βυζαντίῳ ἐκέλευσε τὰ θεάματα· τοῦ μὴ τὰ εἰωθότα χορηγεῖν τὸ δημόσιον, πολλοῖς τε καὶ σχεδόν τι ἀναρίθμοις οὖσιν, οἷς ἐνθένδε ὁ βίος (trad. Maraval 1990, p. 126).

6 Graux 1877a, p. 225 note 10.

7 Sathas 1878, p. 339–348 (τλθ’–τμη’).

8 Sathas 1878, p. 341 (τμα’). Sur ce point, voir chapitre suivant.

9 Sathas 1878, p. 339–340 (τλθ’–τμ’).

10 Sathas 1878, p. 340 (τμ’) : ὅτε πραγματικῶς τὰ θέατρα ἤκμαζον.

11 Wüst 1932, col. 1761.

12 Kirsten 1894.

13 Voir Amato-Maréchaux 2014, p. XXX, Greco 2010, p. 24–25.

14 Mal. XVII, 12 (417 Bo, 343 Th) : καὶ ἐπήρθησαν τὰ θεώρια, καὶ οἱ ὀρχησταὶ ἐκ τῆς ἀνατολῆς καὶ πάντες ἐξωρίσθησαν, δίχα μέντοι τῆς μεγάλης Ἀλεξανδρείας τῆς πρὸς Αἴγυπτον.

15 Chor., Apol. mim., 50.

16 Chor., Apol. mim., 95.

17 Chor., Apol. mim., 106.

18 Sathas 1878, p. 340 (τμ’).

19 Stephanis 1986, p. 40.

20 Cedr. (627 Bo) : καὶ Τιμοθέου τοῦ Γαζαίου ἀνδρὸς τὰ πάντα σοφοῦ τραγῳδίαν ποιήσαντος ὑπὲρ τοῦ τοιούτου, ταῦτα ἐξέκοψε.

21 Sathas 1878, p. 332 (τλβ’).

22 Chauvot 1986, p. 164.

23 Gelasius, Epistulae et Decreta, VIII (PL 59, 46) : taceo quod pro rebus ludicris populares tumultus nunc etiam vestrae pietatis auctoritas refrenavit.

24 Chauvot 1986, p. 164.

25 Procop. Gaz., Panégyrique à l’empereur Anastase (Op. XI Amato), 16 : ἄῤῥενες γὰρ παῖδες, ὥσπερ τὴν ἰδίαν εἰς γυναῖκας ἀμειβόμενοι φύσιν, γυναῖκες ἤθελον εἶναι τῷ σχήματι, καὶ διεκλῶντο τοῖς μελεσιν, ἀντὶ γλώττης κινοῦντες τὴν χεῖρα, καὶ δῆμον ὅλον πρὸς ἀσελγῆ θέαν ἐκμαίνοντες· […] Ταῦτα τοίνυν, οἷα δή τινα κηλῖδα τῶν ὑπηκόων ἀπεσόβεις (trad. Amato-Maréchaux 2014, p. 298). On dispose également d’une traduction italienne par Ventrella dans Amato 2010, p. 240–287. Dans le même volume, voir également Ventrella 2010a ; Ventrella 2010b, p. 113 n. 44 à propos de la σωφροσύνη.

26 Prisc., Pan, 223–227.

27 Ps.-Josué le Stylite, Chronique, 34 (trad. Martin 1876, p. XXX). Voir Trombley-Watt 2000, p. 32 note 159, avec référence à Cod. Theod., XV, 11, 1 daté de 414.

28 À ce sujet, voir Dagron 2011, p. 155–158.

29 Cameron 1976, p. 226.

30 Mal., F. 36 (de Boor 1905, p. 167) : ὅτι ἐπὶ Ἀναστασίου ἐγένετο ἐν τῷ ἱππικῷ στάσις, καὶ πολλοὶ ἀπέθανον καὶ πολλὰ ἐκαύθη, καὶ ἐξωρίσθησαν οἱ δʹ ὀρχησταί.

31 Marc. Comes, Anno 491 (Mommsen 1894, p. 95) : bellum plebeium inter Byzantios ortum parsque urbis plurima atque circi igne combusta. Voir Croke 2001, p. 126–129 pour une analyse des différents passages.

32 Jo. Antioch, F. 101 (de Boor 1905, p. 143) : ὡς τὸν βασιλέα τοῦ λοιποῦ χηρῶσαι τῆς καλλίστης ὀρχήσεως τὰς πόλεις (= F. 309 Roberto 2005, p. 532–533).

33 Marc. Comes, Anno 501 (Mommsen 1894, p. 95) : Constantio praefecto urbis ludos theatrales meridiano tempore spectante pars in eodem spectaculo Cerealis parti adversae caeruleae occultas praeparavit insidias. nam enses saxaque in vasis inclusa fictilibus eademque arma diversis pomis desuper cumulata sub theatri porticu ritu vendentium statuit. dum residente Constantio ex more civium concrepant voces, ante visa quam audita arma excutiuntur saxaque in incautos cives instar imbrium jaciuntur ensesque vibrantes in amicorum inque vicinorum sanguine obliti suis cum percussoribus debacchantur : nutat et congemescit theatri cavea et refugientium huc atque illuc suorum pedibus conculcata occisorumque foedata cruore deplangit. plus enim quam tria milia civium saxis gladiisque compressionibus et aquis proscaenii amissos urbs augusta deflevit (trad. Desgrugillers 2014, p. 69–70).

34 Mal., F. 39 (de Boor 1905 p. 168) : ὥστε καὶ τὸν υἱὸν τοῦ βασιλέως τὸν ἀπὸ παλλακίδος ἐν τῷ θεάτρῳ ἀποθανεῖν. Mango-Scott 1997, p. 226.

35 Theoph., AM 5997 (de Boor 1883, p. 47).

36 À ce sujet, voir Cameron 1976, p. 274.

37 Mal., F. 39 (de Boor 1905 p. 168) : ὁ δὲ βασιλεὺς ἀγανακτήσας πολλοὺς ἐκόλασεν ἐξ ἀμφοτέρων τῶν μερῶν καὶ ἐξώρισεν καὶ τοὺς τέσσαρας ὀρχηστὰς τῶν μερῶν. Voir Cameron 1976, p. 226 n. 7 qui distingue ce fragment du no 36 cité n. 30.

38 Ps.-Josué le Stylite, Chronique, 46. Pour la traduction française, voir Martin 1876, p. XL. Voir également Trombley-Watt 2000, p. 47 et note 228 où est fait mention du Panégyrique de l’Empereur Anastase de Procope de Gaza.

39 Zos., I, 6 : ἥ τε γὰρ παντόμιμος ὄρχησις ἐν ἐκείνοις εἰσήχθη τοῖς χρόνοις, οὔπω πρότερον οὖσα, Πυλάδου καὶ Βαθύλλου πρώτων αὐτὴν μετελθόντων, καὶ προσέτι γε ἕτερα πολλῶν αἴτια γεγονότα μέχρι τοῦδε κακῶν.

40 Zos., I, 5 : ὥστε ἐκ τούτου τὰς μὲν πόλεις στάσεων πληροῦσθαι καὶ ταραχῶν.

41 Pour une analyse du passage de Zosime, voir Cameron 1969, p. 108–110.

42 Amato 2010b, p. 68–69.

43 Dagron 2011, p. 153–170 pour un exposé portant sur la période de Théodose II à Justinien.

44 Marc. Comes, Anno 507 (Mommsen 1894, p. 96) : seditio popularis in circo facta est ; miles et armatus obstitit. Malalas, XVI, 4 (394 Bo) relate également cet événement : ἀγανακτήσας ἐκέλευσεν ἄρμα κατ’ αὐτῶν ἐξελθεῖν, καὶ ἐγένετο μεγάλη ἀταξία.

45 Jo. Antioch., F. 103 (de Boor 1905 p. 146) : ἐν δὲ τῇ Κωνσταντίνου κατὰ τὴν τῆς ἱππικῆς θέαν τοῦ δήμου πρὸς στάσιν διαναστάντος, τήν τε τῆς δείλης πανήγυριν ὁ βασιλεὺς ἠρνήσατο, καὶ φόνος οὐκ ὀλίγος ἐγεγόνει, αὐτοῦ τε τοῦ τῆς πόλεως νυκτεπάρχου τοῦ καλουμένου Γέτα ἀναιρεθέντος κατὰ τὴν μάχην (= F. 311 Roberto 2005, p. 534–535).

46 Mal., F. 43 (de Boor 1905 p. 170) : καὶ τῇ ἐπαύριον εἰς τὸ ἱππικὸν συναχθέντες ἐδεήθησαν τοῦ βασιλέως θεωρῆσαι ἱππικόν, καὶ τὰ μέρη ἔκραζον ζητοῦντες τοὺς ὀρχηστάς, οἱ μὲν πράσινοι τὸν Καράμαλλον, οἱ δὲ βένετοι Πορφύριόν τινα ἀπὸ Ἀλεξανδρείας, οἱ δὲ ῥούσιοι καὶ λευκοὶ τοὺς πρώτους· καὶ παρέσχεν ὁ βασιλεὺς ἑκάστῳ μέρει τὸ αἰτηθέν. Au sujet de cet événement, voir Cameron 1976, p. 275 et Cameron 1973, p. 168–169.

47 Voir note précédente.

48 Theoph., AM 6012 (de Boor 1883, p. 166) : τῷ δ’ αὐτῷ ἔτει ἐδημοκράτησε τὸ βένετον μέρος, ἐν πάσαις ταῖς πόλεσι ταραχὰς ἐγείροντες καὶ λιθασμοὺς καὶ φόνους πολλοὺς ἀπεργαζόμενοι. ἐπήρχοντο δὲ καὶ τοῖς ἄρχουσιν. ἀπὸ δὲ Ἀντιοχείας ἤρχθη τὸ κακὸν τῆς ἀταξίας, καὶ οὕτω διεδόθη ἐν πάσαις ταῖς πόλεσιν, καὶ ἐκράτησεν ἐπὶ χρόνους εʹ· καὶ ἔσφαζον ξίφεσι τοὺς ἀπαντῶντας Πρασίνους καὶ τοὺς κατ’ οἶκον κρυπτομένους ἀνιόντες ἐφόνευον, μὴ τολμώντων τῶν ἀρχόντων ἐκδίκησιν τῶν φόνων ποιῆσαι. ταῦτα διεπράττοντο ἕως ἔτους ἕκτου Ἰουστίνου τοῦ εὐσεβοῦς. L’extrait est traduit dans Dagron 2011, p. 157. Voir Mango-Scott 1997, p. 253 et la note 4.

49 Voir Cameron 1976, p. 227.

50 Mal., XVII, 11 (416 Bo, 342 Th) : ὅστις προεβλήθη ἐπὶ τῆς πρώτηςoi ἰνδικτιῶνος, καὶ κατε δυνάστευσε τῆς δημοκρατίας τῶν Βυζαντίων, τιμωρησάμενος πολλοὺς τῶν ἀτάκτων κατὰ κέλευσιν τοῦ βασιλέως Ἰουστίνου.

51 Voir p. 206 note 14.

52 Mal., XVII, 18 (422 Bo) : καὶ ἐν ἑκάστῃ δὲ πόλει κατέπεμψε θείας σάκρας, ὥστε τιμωρηθῆναι τοὺς ἀταξίας ἢ φόνους ποιοῦντας, ὁποίου δ’ ἂν ὑπάρχωσι μέρους, ὥστε μὴ τολμᾶν τινα τοῦ λοιποῦ τὴν οἱανδήποτε ἀταξίαν ποιῆσαι, φόβον ἐνδειξάμενος εἰς πάσας τὰς ἐπαρχίας. ἐν δὲ Ἀντιοχείᾳ τῇ μεγάλῃ πρὸς ὀλίγον καιρὸν ἐγένοντο ἐν φιλίᾳ οἱ δῆμοι.

53 Chron. Pasch. (617 Bo) : ὅστις βασιλεὺς Ἰουστινιανὸς μεγάλην ἐποίησεν κατάστασιν ἐν Κωνσταντινουπόλει καὶ ἐν ἑκάστῃ πόλει, πέμψας θείας σάκρας ὥστε τιμωρηθῆναι τοὺς ἀταξίας ἢ φόνους ποιοῦντας καὶ μήτινα λιθοβολεῖν ἢ φονεύειν, ἀλλὰ θεωρεῖν εὐτάκτως.

54 Stephanis 1986, p. 41–43.

55 Mal., XVIII, 41 (448 Bo, 376 Th) : ἐν δὲ τῷ αὐτῷ χρόνῳ ἐγένετο ταραχὴ ἐν Ἀντιοχείᾳ τῇ μεγάλῃ ἐν τῷ θεάτρῳ. καὶ τὰ τῆς ταραχῆς ἀνηνέχθη τῷ αὐτῷ βασιλεῖ. καὶ ἀγανακτήσας ἐξ ἐκείνου ἐκώλυσε τὴν θέαν τοῦ θεάτρου πρὸς τὸ μὴ ἐπιτελεῖσθαι τοῦ λοιποῦ ἐν τῇ τῶν Ἀντιοχέων πόλει.

56 Cameron 1976, p. 228 note 1.

57 Stephanis 1986, p. 42.

58 Sathas 1878, p. 340 (τμ’).

59 Westberg 2010, p. 125.

60 Chor., Apol. mim., 5.

61 Webb 2006b, p. 118.

62 Cameron 1976, p. 161 note 7.

63 Stephanis 1986, p. 184–185. L’auteur commente le paragraphe 199 de l’Apologie des mimes dans lequel il est question des railleries du pouvoir que les mimes peuvent mettre en scène. L’auteur souligne d’ailleurs que la présence des mimes est attestée jusqu’au sommet de l’empire, en s’appuyant sur le paragraphe 58 de l’Apologie des mimes.

64 Chor., Apol. mim., 4.

65 Chor., Apol. mim., 104.

66 Chor., Apol. mim., 105.

67 Chor., Apol. mim., 106.

68 Pour une présentation de carrière de Procope de Gaza, voir Amato-Maréchaux 2014, p. XI-XXXIII.

69 Chor., Dial. 6 (Op. XI), praef. : διάλεξις αἰσθομένη τινῶν τὸν θεσπέσιόν μου διδάσκαλον μεμφομένων μὴ παραβάλλοντα ταῖς δημοσίαις τῶν λόγων συνόδοις δείκνυσιν, ὡς ἐν γήρᾳ καλὸν ἡσυχία.

70 Voir p. 11. Pour le rapprochement entre la notice de la Bibliothèque et l’Eloge funèbre de Procope, voir Schamp 1987, p. 454.

71 Chor., Or. fun. in Proc (Op. VIII), 46 : ἄνευ δὲ τούτων, ὅσων γέγονε παιδευτής, τοσούτων ὑπῆρχε πατὴρ ἴσα καὶ τέκνα τοὺς φοιτητὰς ἀγαπῶν. εἰ δὲ δή τι κἀμοὶ λόγου πρόσεστιν ἄξιον καὶ παιδεύειν ἐπιχειρῶ, οὐ πατήρ, ὡς ἔοικε, μόνον, ἀλλὰ καὶ πάππος ἤδη γεγονὼς ἐτελεύτα (trad. Caffiaux 1862, p. 16).

72 Chor., Apol. mim., 104 : τοῖς τῇδε παιδεύειν ἐπιχειροῦσιν. Chor., Laud. Marc. I (Op. 1), 1 : ὅσοι τῇδε παιδεύειν ἐπιχειροῦμεν.

73 Voir Amato-Maréchaux 2014, p. 497 pour les fragments conservés de la Μονῳδία Ἀντιοχείας.

74 Chor., Or. fun. in Proc (Op. VIII), 52 : λουτρὸν ἀνέῳκται διὰ σὲ τοῖς οὐ πανταχοῦ τῆς πόλεως ἀδεῶς φοιτᾶν δυναμένοις (trad. adaptée Caffiaux 1862, p. 18). L’auteur propose en effet de lire ἀπανταχόθεν au lieu de οὐ πανταχοῦ. Voir également apparat critique dans Greco 2010, p. 80.

75 Voir Graux 1886, p. 2 et 27 note 16.

76 Chor., Laud. Arat. et Steph. (Op. III), 55 : ἀνοίξω τοῖς ἐνοικοῦσιν ἕτερον χειμῶνος ὥρᾳ λουτρὸν.

77 Kirsten 1894, p. 13.

78 Seitz 1892, p. 21.

79 Chor., Apol. mim., 114.

80 À ce sujet, voir Tinnefeld 1974 qui s’intéresse à la période qui a suivi le concile In Trullo.

81 In Trullo, Can. 51 (Rhallès-Potlès 1852, t. 2, p. 424) : καθόλου ἀπαγορεύει ἡ ἁγία αὕτη καὶ οἰκουμενικὴ σύνοδος, τοὺς λεγομένους μίμους, καὶ τὰ τούτων θέατρα, εἶτά γε μὴν καὶ τὰ τῶν κυνηγίων θεώρια, καὶ τὰς ἐπὶ σκηνῆς ὀρχήσεις ἐπιτελεῖσθαι. εἰ δέ τις τοῦ παρόντος κανόνος καταφρονήσει, καὶ πρός τι ἑαυτὸν τῶν ἀπηγορευμένων τούτων ἐκδῷ (trad. Église Orthodoxe d’Estonie, http ://www.eoc.ee/fr/orthodoxie/canons-du-6eme-concile-in-trullo).

82 Balsamon, In can. 24 Conc. in Trullo (Rhallès-Potlès 1852, t. 2, p. 357 = PG 137, 592).