La sécession du Katanga : témoignage
(juillet 1960 – janvier 1963)
Summary
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Table Of Contents
- Couverture
- Titre
- Copyright
- Sur l’auteur/l’éditeur
- À propos du livre
- Pour référencer cet eBook
- Table des matières
- Préface
- Remerciements
- Introduction
- Galerie des portraits
- Sigles et abréviations
- Chapitre I. Les préludes à la sécession : le Katanga « colonial » avant le 30 juin 1960
- 1.1. Le Katanga « colonial » d’avant le 30 juin 1960
- 1.1.1. Quelques éléments de géographie et d’économie
- 1.1.2. Les Forces métropolitaines au Congo et au Katanga
- 1.1.3. La Force Publique au Katanga
- 1.2. Le Katanga à travers les événements politiques
- 1.2.1. L’état d’esprit katangais et la création des partis politiques dans la province minière
- 1.2.2. Les Tables rondes et la mise en place des institutions katangaises
- 1.2.3. L’évolution de la situation politique au Katanga
- 1.2.4. La constitution du gouvernement provincial katangais
- 1.2.5. Les élections et la constitution d’un gouvernement congolais
- Chapitre II. Le Katanga, le Congo, la Belgique et les Nations Unies (juillet et août 1960)
- 2.1. La fin du Congo, colonie belge
- 2.2. Les mutineries de la Force Publique à travers le Congo
- 2.2.1. Les mutineries de Léopoldville et de Thysville
- 2.2.2. L’intervention des troupes métropolitaines
- 2.2.3. L’extension des mutineries à travers le Congo
- 2.3. La rupture des relations diplomatiques entre le Congo et la Belgique
- 2.4. L’entrée en scène des Nations Unies
- 2.4.1. Le Conseil de Sécurité : les premières décisions
- 2.4.2. Dag Hammarskjöld à Bruxelles et au Congo
- 2.4.3. Léopoldville : le départ des forces métropolitaines
- 2.4.4. L’ONU au Katanga
- 2.5. La fin de la Mission diplomatique belge à Léopoldville
- Chapitre III. Le Katanga : un État en gestation (juillet-décembre 1960)
- 3.1. Les mutineries de la Force Publique au Katanga et les interventions des troupes métropolitaines
- 3.2. La proclamation de l’indépendance du Katanga
- 3.3. La politique belge à l’égard du Katanga en juillet et août 1960
- 3.3.1. La première mission de d’Aspremont Lynden à Élisabethville : les 17 et 18 juillet 1960
- 3.3.2. La Mission technique belge au Katanga (Mistebel) : du 23 juillet au 12 octobre 1960
- 3.3.2.1. La mise en place de la Mission technique
- 3.3.2.2. Les initiatives et les activités de Mistebel sous d’Aspremont Lynden
- 3.3.2.3. Bruxelles et l’arrivée de l’ONUC à Élisabethville
- 3.3.2.4. Mistebel en régime de croisière
- 3.4. Les événements de septembre 1960 à Léopoldville et à Bruxelles
- 3.4.1. Léopoldville : la révocation de Lumumba, le « gouvernement » Ileo et l’installation du Collège des Commissaires généraux par le colonel Mobutu
- 3.4.2. Le remaniement ministériel à Bruxelles et la permanence de la dualité de la politique belge
- 3.5. Élisabethville : la poursuite de l’aide civile et militaire belge : (septembre et octobre 1960)
- 3.5.1. Mistebel sous la direction de l’ambassadeur Rothschild
- 3.6. La fin de la présence officielle belge et la création du Bureau-Conseil de l’État du Katanga
- 3.6.1. Le départ de la Mission technique belge
- 3.6.2. L’évolution des relations entre la Belgique et le Katanga
- 3.6.3. La création du Bureau-Conseil de l’État du Katanga : octobre à décembre 1960
- 3.6.3.1. L’organisation du Bureau-Conseil
- 3.6.3.2. Les premières activités du Bureau-Conseil
- 3.6.3.3. Le Bureau-Conseil en rythme de croisière
- 3.7. L’extension de la rébellion. Les opérations de la gendarmerie katangaise : d’août à septembre 1960
- 3.7.1. Les opérations de la gendarmerie d’août et de septembre
- 3.7.2. Les opérations de la Gendarmerie : d’octobre à décembre 1960
- 3.8. Les relations entre Léopoldville et Élisabethville : de septembre à décembre 1960
- 3.9. L’ONUC au Katanga : de septembre à décembre 1960
- Chapitre IV. L’état Katangais : 1961 année charnière
- 4.1. Les événements de janvier à juillet 1961
- 4.1.1. La mort de Patrice Lumumba
- 4.1.2. La gendarmerie katangaise : renforcement et opérations dans le Nord-Katanga : de janvier à juillet 1961
- 4.1.3. Le Conseil de Sécurité : la résolution du 21 février 1961
- 4.1.4. Le Katanga, la Belgique et les tentatives de rapprochement entre Élisabethville et Léopoldville : de janvier à avril 1961
- 4.1.4.1. Le Katanga et la Belgique
- 4.1.4.2. Les diverses activités du Bureau-Conseil
- 4.1.4.3. Les tentatives de rapprochement avec Léopoldville
- 4.1.5. L’échec des rapprochements avec Léopoldville et l’emprisonnement de Tshombe
- 4.1.6. L’avènement du gouvernement Lefèvre-Spaak et le retrait des conseillers belges
- 4.2. Les opérations militaires de l’ONUC contre le Katanga : d’août à décembre 1961
- 4.2.1. Première étape : le retrait des conseillers militaires et politiques belges
- 4.2.2. La deuxième étape : les deux opérations militaires de l’ONUC contre le Katanga : en août et septembre 1961
- 4.2.2.1. La première opération de l’ONUC : « Rum Punch » : le 28 août 1961
- 4.2.2.2. La deuxième opération de l’ONUC : « Morthor » : du 13 au 18 septembre 1961
- 4.2.2.3. La situation après les combats : de la fin septembre à novembre 1961
- 4.2.3. La troisième étape : les opérations militaires de l’ONUC : du 28 novembre au 19 décembre 1961
- 4.2.3.1. La chronologie des événements de décembre 1961
- 4.2.3.2. Les réactions de U Thant et les nouvelles interventions de Spaak
- 4.2.3.3. La Commission d’enquête internationale sur l’assassinat des représentants de la Croix-Rouge
- 4.3. Les tractations diplomatiques en vue d’un cessez-le-feu
- Chapitre V. La fin de la sécession du Katanga : janvier 1962-janvier 1963
- 5.1. Le combat retardateur du Katanga : du 21 décembre 1961 au 26 juin 1962
- 5.1.1. L’accord de Kitona et l’évolution de la situation à Élisabethville
- 5.1.2. Les relations entre Élisabethville et l’ONUC au cours du 1er trimestre de 1962
- 5.1.3. Les négociations Adoula-Tshombe et leur échec : du 18 mars au 25 juin 1962
- 5.1.4. La situation intérieure au Congo à la fin du premier semestre de 1962
- 5.2. La fin de la sécession du Katanga : d’août 1962 à janvier 1963
- 5.2.1. L’isolement du Katanga : d’août 1962 à novembre 1962
- 5.2.2. Le coup de force militaire définitif de l’ONUC contre le Katanga : décembre 1962
- 5.2.3. Les derniers jours de la sécession : janvier 1963
- Conclusions : garder la trace
- Annexes
- Index
- Bibliographie
Université catholique de Louvain et Académie royale de Belgique
Plus d’un demi-siècle après ce qu’il est souvent convenu d’appeler « les événements » qui marquent l’accession du Congo belge à l’indépendance le 30 juin 1960, l’histoire de l’ancienne colonie ne cesse pas de susciter la publication de travaux historiques dont la qualité est certes inégale. Cet intérêt, que traduit aussi la littérature romanesque, se concentre pour l’essentiel sur la période pendant laquelle Léopold II, « ce géant » pour les uns, ce « génocidaire » pour d’autres, est le souverain de l’État indépendant du Congo.
Une autre période « sensible » de l’histoire somme toute très courte du Congo colonial – 75 ans à peine séparent la proclamation de l’EIC le 30 juillet 1885 de l’indépendance du 30 juin 1960 – est celle qui voit ce dernier s’affranchir de la tutelle de la Belgique selon un scénario que d’aucuns ont qualifié de précipité.
Parmi les faits marquants de l’été 1960 figure la proclamation de l’État indépendant du Katanga le 11 juillet1. Dans la déclaration radiophonique qu’il prononce ce jour-là, Moïse Tshombe déplore que « après les élections faussées en certaines provinces qui ont donné la majorité à un seul parti, nombre d’électeurs n’ayant pas pu exprimer leur vote, un gouvernement central à majorité extrémiste a été constitué [et] s’est immiscé dans des matières qui ressortissent uniquement à la compétence des gouvernements provinciaux ». Dénonçant les troubles qui ont éclaté à travers tout le Congo, il accuse le gouvernement de Léopoldville de mettre en œuvre « une tactique de désorganisation et de terreur (…) que nous avons vu appliquer à de nombreuses reprises et dans combien de pays maintenant soumis à la dictature communiste ». Le but poursuivi, ajoute le leader katangais, est de « remplacer le plus rapidement possible les cadres [belges] détruits par des cadres qu’il semble avoir déjà recrutés parmi les ressortissants des pays ← 13 | 14 → d’obédience communiste ». Dans ces circonstances et devant les menaces « que ferait peser sur nous une plus longue soumission à l’arbitraire et à la volonté communiste du gouvernement central, le mouvement katangais a décidé de proclamer l’indépendance du Katanga » annonce Tshombe qui ajoute que celui-ci demande à la Belgique de s’unir avec lui « en étroite communauté économique » et de « continuer son appui technique, financier et militaire ». Mais s’il devait s’avérer que l’ancienne puissance coloniale refuse de « remplir cet impérieux devoir » et de « reconnaître le Katanga comme un pays libre et indépendant et son gouvernement comme le seul gouvernement légal, le Katanga fera appel au monde libre tout entier »2.
Le bref discours radiodiffusé du président katangais peut être lu comme le catalogue d’une partie considérable des facteurs marquant la sécession katangaise qui, décidée en juillet 1960, s’achève en janvier 1963.
Cet épisode de l’histoire du Congo a fait couler un flot d’encre. Aujourd’hui, à l’ère de l’encre électronique, ce flot ne tarit pas, y compris parce que la mémoire de l’indépendance nourrit les aspirations à une plus grande autonomie de la part de certains Katangais vis-à-vis de Kinshasa.
La crise congolaise, faite « de bruits et de fureurs », est marquée, dans la durée, par d’indicibles souffrances de la population civile ainsi que par des drames emblématiques. Parmi ceux-ci figure l’assassinat de Patrice Lumumba le 17 janvier 1961. Devenu une icône de la lutte contre l’impérialisme, le Premier ministre de l’éphémère premier gouvernement de la République du Congo a été, en Belgique, au cœur des travaux de la « commission d’enquête parlementaire chargée de déterminer l’implication des responsables politiques belges dans les circonstances exactes du décès de Patrice Lumumba » instituée par la Chambre des représentants le 24 février 2000 et dont les conclusions du rapport, daté du 16 novembre 2001, sont adoptées par ceux-ci le 21 février 2002. Depuis lors, de nouveaux travaux sont venus s’ajouter à la liste déjà très longue des publications consacrées à la question3.
Parmi les conclusions de la commission d’enquête figure cette suggestion à tout le moins surprenante : « Le monde politique4, écrivent ← 14 | 15 → les rapporteurs, pourrait, sur la base d’un ensemble d’éléments de faits objectifs et scientifiquement établis, faire un travail de synthèse qui contribue à exorciser le passé », colonial et postcolonial5.
Sans nous arrêter ici sur cette confusion des genres, relevons que parmi les témoins auditionnés en séance publique par la commission d’enquête figure Jacques Brassinne6. En outre, fait remarquable, il est entendu une deuxième fois, en qualité d’auteur et non plus de témoin, lors d’une autre séance7. Cette double qualité d’auteur et de témoin, Jacques Brassinne la revendique haut et fort, y ajoutant aussi celle d’acteur.
Ce qui vaut à Jacques Brassinne d’être auditionné une deuxième fois par la commission d’enquête est sa qualité d’auteur d’une thèse de doctorat en sciences politiques intitulée « Enquête sur la mort de Patrice Lumumba » défendue à l’Université libre de Bruxelles en 1991. Resté inédit, ce travail, basé essentiellement sur des sources orales, ne connaît qu’une diffusion très confidentielle jusqu’au moment où, suite à ce qu’il considère comme une faute déontologique de la part des historiens chargés du travail d’expertise par la commission d’enquête, Jacques Brassinne, sur la base d’un accord intervenu le 20 mars 2002 avec le président de la Chambre, publie sa thèse sur Internet8.
Avant d’être auteur9, Jacques Brassinne a d’abord été un témoin et un acteur de la sécession du Katanga où il séjourne à cinq reprises entre le 18 août 1960 et le 19 septembre 1962 non sans continuer d’être mobilisé par la question lorsqu’il est en Belgique. ← 15 | 16 →
Cela dit, si la sécession, comme nous y avons fait allusion, a fait couler beaucoup d’encre, elle a surtout encouragé une vision très manichéenne d’une crise que caractérise la multiplicité des forces en présence et celle des lieux de décision. Les premières ne se résument pas aux Katangais, aux Congolais et aux Belges. Dans le climat exacerbé de la guerre froide dont témoigne la déclaration de Tshombe du 11 juillet 1960, les États-Unis, l’URSS, l’ONU, les Afriques indépendantes, partagées entre les « progressistes », pourfendeurs du colonialisme et de l’impérialisme, et les « modérés », ainsi que certaines puissances européennes occidentales, jouent un rôle dans la crise. Un rôle, petit ou grand, qui est interprété à Léopoldville, Élisabethville, Bruxelles, Washington, Accra et ailleurs encore.
C’est dire si la nature et la perception des enjeux de la sécession, comme l’a montré Claude Roosens dans sa thèse de doctorat défendue à l’Université catholique de Louvain en 1981, varie en fonction des gouvernements mais aussi des groupes, notamment politiques et économiques, et des hommes qui en sont les forces vives10.
Details
- Pages
- 664
- Publication Year
- 2016
- ISBN (ePUB)
- 9782807601147
- ISBN (MOBI)
- 9782807601154
- ISBN (Softcover)
- 9782875743381
- ISBN (PDF)
- 9783035266139
- DOI
- 10.3726/978-3-0352-6613-9
- Language
- French
- Publication date
- 2016 (September)
- Keywords
- Katanga Congo révolution Colonialisme belge Lubumba
- Published
- Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, 2016. 664 p., 6 ill., 8 tabl., 16 cartes, 5 graph.
- Product Safety
- Peter Lang Group AG