L’impossible démocratie en République démocratique du Congo
Réflexion sur les imaginaires citoyen, social et politique
Résumé
Comme solutions à cette crise qui ne cesse de s’approfondir, les remèdes proposés sont économiques, financiers et institutionnels. Leur inefficacité s’est confirmée au fil des décennies – les causes profondes de la crise étant, avant tout, d’ordre symbolique. Elles participent aux cultures et croyances des populations concernées. En République Démocratique du Congo, comme dans d’autres pays d’Afrique noire, la démocratie est en effet torpillée par des imaginaires et des représentations sociales antagonistes.
La remédiation à l’impasse démocratique exige dès lors une refonte radicale des imaginaires et des représentations sociales. Cela implique que la philosophie et la raison se trouvent au cœur de l’existence et de l’agir social, postule une (ré)éducation citoyenne résolue et exige la négociation d’une nouvelle économie du social dans laquelle la prise en compte de l’individu pèse tout autant que le collectif. De la sorte, chaque société nationale disposera de nouvelles valeurs-refuges, de convictions et de nouveaux mythes d’accompagnement d’une vie collective réellement démocratique.
Extrait
Table des matières
- Couverture
- Page de titre
- Page de droits d’auteur
- Dévouement
- Table des matières
- Sigles et Abréviations
- Préface
- Remerciements
- Introduction
- Chapitre 1 Fondements théoriques : Imaginaire social et représentations sociales
- 1.1 L’imaginaire : essence et fonctions
- 1.2 Les représentations sociales : essence et fonctions
- 1.3 Les théories de l’imaginaire et des représentations sociales à l’épreuve de l’impasse démocratique en RD Congo
- Chapitre 2 L’imaginaire de soi : Identité individuelle, identité sociale et identité citoyenne
- 2.1 L’identité individuelle : Perception de soi et implications en contexte congolais
- 2.2 L’identité sociale : Appartenance, interactions et choix de l’acteur social congolais
- 2.3 L’identité citoyenne dans le contexte congolais : Une dimension inopérante de l’imaginaire de soi
- 2.4 Impacts de l’imaginaire de soi du Congolais sur le processus de démocratisation
- Chapitre 3 Imaginaire sociétal : Perception congolaise du corps et du lien social
- 3.1 La société congolaise est-elle un rassemblement d’individus ayant des liens solides ?
- 3.2 Les Congolais ont-ils conscience de l’intérêt général de leur société ?
- 3.3 Les Congolais ont-ils conscience de leurs obligations morales, les uns envers les autres ?
- 3.4 Impact de la perception congolaise de la société sur le processus démocratique
- Chapitre 4 Imaginaire politique : Perception congolaise de la politique
- 4.1 La voyoucratie : Perception congolaise de l’État
- 4.2 La mangeoire : Représentation congolaise des fonctions politiques et des mandats publics
- 4.3 Les « zérocrates » cannibales : Images de l’homme politique et du mandataire public congolais
- 4.4 Le braconnage des sans foi ni loi : Contre-normes congolaises de gestion politique
- 4.5 Impacts de l’imaginaire politique congolais sur le processus de démocratisation
- Chapitre 5 Imaginaire démocratique : Perception congolaise de la démocratie
- 5.1 Qu’est-ce que la démocratie
- 5.2 Leurre et lueur du souverainisme populaire en contexte congolais
- 5.3 Une idole déchue de son piédestal : Perception congolaise du constitutionnalisme
- 5.4 L’État de droit, une pilule amère à avaler : Devers des droits fondamentaux dans l’imaginaire social et politique congolais
- 5.5 Le libéralisme : Entre revendications populaires et occultation par le pouvoir
- 5.6 Implications : La démocratisation de la RD Congo hypothéquée par un imaginaire politique négationniste et une perception populaire biaisée et déformante
- Chapitre 6 La refonte d’imaginaires comme condition de remédiation de l’impasse du processus de démocratisation en RD Congo
- 6.1 La question de la responsabilité de la communauté internationale
- 6.2 Placer la philosophie et la raison au centre de l’être et de l’agir
- 6.3 Le défi de la (ré)éducation à la citoyenneté : Transformer l’homo manducans en homo civilis
- 6.3.1 La nécessité de la (ré)éducation civique
- 6.3.2 Quels contenus pour la (ré)éducation des Congolais à la citoyenneté ?
- 6.3.2.1 La thématique de la bonne perception de concepts
- 6.3.2.2 La thématique des droits et des devoirs du citoyen
- 6.3.3 Quels agents assumeront la charge de la (ré)éducation citoyenne ?
- 6.3.3.1 Le rôle de la famille, de l’école et de l’église dans la (ré)éducation civique
- 6.3.3.2 La responsabilité des institutions étatiques, des partis politiques et des organisations citoyennes
- 6.3.3.3 L’apport des organes de communication et des institutions culturelles dans la (ré)éducation civique
- 6.4 Une nouvelle économie du social pour un Congo nouveau
- 6.5 Des valeurs refuges communes, de nouveaux imaginaires et une éthique de la responsabilité pour la refondation de la société congolaise
- 6.6 Pour une démocratie inculturée en RD Congo
- Conclusion Discussions et perspectives
- Annexe
- Furieux, Gabriel Mokia insulte le journaliste Fabien Kusuanika et Ngoy Kasanji
- Annexe
- Gabriel Mokia asiliki mpe afingi journaliste Fabien Kusuanika makasi et Ngoy Kasanji
- Bibliographie
- Ouvrages generaux
- Ouvrages scientifiques
- Écrits littéraires
- Articles scientifiques
- Déclarations et messages de la conference episcopale nationale du Congo
Sigles et Abréviations
Les noms des institutions et organisations gouvernementales, non-gouvernementales, régionales, nationales, internationales et autres associations sont indiqués par des abréviations d’après un ordre alphabétique.
ACVDP Action contre les violations des droits des personnes vulnérables
AFDL Alliance des forces démocratiques de libération du Congo
AMOZA Association des moralistes zaïrois
AMOCO Association des moralistes congolais
ASADHO Association africaine de défense des droits de l’homme
BAD Banque africaine de développement
BCNUDH Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme
CACH Cap pour le changement
CAE Communauté d’Afrique de l’Est.
CEEAC Communauté économique des États de l’Afrique centrale
CENI Commission électorale nationale indépendante
CENCO Conférence épiscopale nationale du Congo
CEZ Conférence épiscopale du Zaïre
CNRTL Centre National des Ressources textuelles et lexicales
CNS Conférence nationale souveraine
CPP Comités du pouvoir populaire
CODESRIA Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
CVR Corps des volontaires de la République
DIC Dialogue inter congolais
ECiDé Engagement pour la citoyenneté et le développement
FARDC Forces armées de la république démocratique du Congo
FCC Front commun pour le Congo
FCK Facultés catholiques de Kinshasa.
FIDH Fédération internationale pour les droits humains
JMPR Jeunesse du mouvement populaire de la révolution
LE Ligue des électeurs
MONUSCO Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo
MLC Mouvement de libération du Congo
MPR Mouvement populaire de la révolution
OIF Organisation internationale de la francophonie
OMEC Observatoire des médias congolais
ONG Organisation non-gouvernementale
ONU Organisation des nations unies
OUA Organisation de l’Unité Africaine
PDG Président directeur général
PNC Police nationale congolaise
PPRD Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie
RDC République Démocratique du Congo
RCD Rassemblement congolais pour la démocratie
SADEC Communauté de développement de l’Afrique australe
SAPE Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes
UA Union africaine
UE Union européenne
UCC Université catholique du Congo
UDPS Union pour la démocratie et le progrès social
UNC Union pour la nation congolaise
VSV La Voix des sans voix
Préface
C’est avec un réel plaisir que je m’acquitte de cette tâche de rédiger quelques lignes qui serviront de préface à l’ouvrage de M. Mutambudi intitulé « Impossible démocratie en République démocratique du Congo ». Ce plaisir est d’autant plus grand que le livre porte sur l’un des lieux qui ouvrent l’accès à la compréhension des enjeux du politique et de la démocratie en Afrique.
À partir du postulat selon lequel la démocratie ne serait pas encore effective en RDC, l’auteur se propose de déterminer le fondement qui permettrait l’instauration d’une telle démocratie.
Comme on le sait, de nombreuses hypothèses ont déjà été avancées pour expliquer cette difficile démocratisation. Certains invoquent des facteurs culturels, les questions ethniques, les problèmes économiques; d’autres encore soulignent l’emprise néocoloniale, en indexant, pour le cas des anciennes colonies françaises, ce que l’on a appelé la Françafrique pour désigner la manière dont l’ordre colonial français s’est maintenu en Afrique après les indépendances, avec des régimes dictatoriaux installés et soutenus par la France.
Ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant dans ce travail, c’est qu’il s’inscrit dans la perspective des théories des imaginaires pour formuler son hypothèse : il s’agit pour M. Mutambudi de voir si ces imaginaires ne renferment pas la cause principale de cet échec de la démocratisation, et, logiquement, si les mêmes imaginaires ne constituent pas le levier sur lequel il faudrait agir pour instaurer la démocratie. Cette hypothèse est clairement énoncée : « En Afrique subsaharienne, en général, et en RD Congo en particulier, la démocratie est torpillée par des imaginaires socioculturels pervers » (p. 15-16). Et quelques lignes plus loin : « en Afrique subsaharienne, et surtout en RD Congo, la démocratie entre en collision avec – et se fait écraser par – les imaginaires puissants et irréductibles cultivés par les communautés et leurs membres sur l’identité citoyenne, le social, le politique et la démocratie elle-même ».
L’auteur prolonge et renforce à sa manière les études que l’on trouve, entre autres, chez des auteurs comme Jean-François Bayart (L’État en Afrique. La politique du ventre, Paris, Fayard, 1989), Joseph Tonda (Le Souverain moderne. Le corps du pouvoir en Afrique centrale (Congo, Gabon), Paris, Karthala, 2005), Achille Mbembe (De la postcolonie. Essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine, Paris, Karthala, 2001), etc.
Pour développer son hypothèse, deux approches sont mobilisées par l’auteur. Une approche théorique qui trouve sa source dans les théories de l’imaginaire : il faut pouvoir montrer que les imaginaires possèdent un pouvoir motivationnel sur les comportements des sujets humains et des acteurs sociaux et politiques. Une approche plus empirique qui permet de voir quels sont les imaginaires concernés, et jusqu’à quel point ces imaginaires constituent un obstacle à la démocratisation du Congo.
Les imaginaires ciblés s’expriment à travers un nombre significatif de maximes populaires, de dictons, de discours politiques, de déclarations diverses qui tendent à se constituer comme des lieux communs ou des topoi de l’imaginaire politique, ou pour rester dans le vocabulaire aristotélicien, comme des endoxoi (opinions et représentations).
L’analyse de ces imaginaires est tout aussi riche. Le livre présente ceux que l’on pourrait considérer comme étant les plus représentatifs de ce que les citoyens ont l’habitude de penser et de dire à propos de l’identité individuelle, de l’identité sociale, de l’identité citoyenne, du lien social, de la politique et de la démocratie. Aucun des paramètres de la vie politique n’est donc laissé de côté dans cette enquête. On pourrait alors parler ici d’un véritable système de représentations sociales, dont les éléments se distinguent, certes, mais se combinent pour déterminer des attitudes exprimant le même refus ou rejet de la démocratie.
Il est en général difficile d’évaluer la teneur du lien de causalité qui existe entre les imaginaires et les comportements des individus. Peut-on voir, comme l’auteur nous y invite, un rapport de causalité forte entre ces imaginaires et la difficulté à mettre en place un véritable État démocratique en RDC ?
Je partage en partie la position de l’auteur, mais en même temps, je suggèrerais de voir une certaine ambivalente dans les imaginaires. Cela reviendrait à admettre que si, effectivement, ces imaginaires déterminent les comportements socio-politiques des personnes et leur fournissent aussi des « arguments » pour « justifier » ces comportements, ils sont aussi l’expression d’une forme de dérision à propos de situations qu’ils n’approuvent pas forcément. Un bon nombre de dictons semblent à première vue décrire la manière dont les Congolais se représentent la politique comme un lieu où chacun essaie de tirer son épingle du jeu, un lieu où les plus forts, les personnes appartenant à des réseaux ethniques, régionaux, etc., s’en sortent mieux que les autres. Mais ces dictons renferment aussi implicitement un jugement normatif. Ces énonciations sont aussi des dénonciations implicites de ce qui semble s’être institué en RDC comme une culture politique.
Un dicton comme « Ba civils baza bilanga ya basoda » (Les civils constituent le champ où moissonnent policiers et militaires ou Les civils sont des vaches à lait de policiers et militaires) (p. 101) ne peut pas être compris autrement que comme une forme d’indignation ou de dénonciation de ces pratiques de corruption, dénonciation qui renferme implicitement l’idéal souhaité d’une société moins corrompue.
La même analyse peut être faite au sujet de ce que véhicule l’imaginaire des artistes : ceux-ci doivent leur popularité à la dimension normative de leur art, au fait que les gens se reconnaissent en général dans le tableau moral que présentent leurs œuvres. « Au milieu des années 1980, la chanson Article 15, beta libanga du musicien congolais Pépé Kallé (1951-1998) a connu un vif succès à travers tout le Continent, sans doute parce que beaucoup d’Africains s’y sont reconnus. L’article 15 est un article imaginaire de la Constitution de la RDC [précisément, un code social informulé] qui dit : “Débrouille-toi pour vivre !”. Tous les Congolais le connaissent et s’y réfèrent au quotidien. Beta libanga signifie littéralement “Casse la pierre”. Pépé Kallé nous aura mis en garde : la débrouille n’est pas facile »1. P. 93
On pourrait ajouter à cela un énoncé comme « Oyo mboka te » (Ici ce n’est point un pays) qui exprime un certain désenchantement de la population par rapport au discours officiel mystificateur sur la signification de la notion de « pays ».
Le passage suivant laisse aussi apparaître des éléments qui permettent de mettre en lumière l’autre face des imaginaires :
En analysant ensemble ces représentations littéraires de la société congolaise, nous avons avancé qu’elles constituaient des images fortes. Précisons. Elles se lisent comme des grossissements à la loupe ou des caricatures qui permettent de percevoir aussi bien dans le corps social, dans l’habitus que dans l’ethos de ses membres des traits nocifs qui échappent au regard par inattention ou, le plus souvent, du fait de l’accoutumance. Ces figures mettent en lumière, d’une part, les causes du renversement social, en l’occurrence le cynisme des dirigeants prédateurs et la veulerie du peuple ou l’idiotie collective, et d’autre part, les conséquences du dérèglement général de la société, à savoir : une souffrance paroxystique et un sauve-qui-peut par la débrouillardise (p. 96).
Les citoyens se reconnaissent d’autant plus dans ces dénonciations qu’ils n’hésitent pas à se mobiliser pour manifester contre la mauvaise gouvernance, pour exiger des réformes démocratiques, l’organisation des élections crédibles.
On peut évidemment encore moins penser que les discours du clergé et des intellectuels appartiennent à ces imaginaires qui sont un obstacle à la démocratisation en RDC. Au contraire, c’est grâce à ces discours en général très critiques et exprimant une compréhension plus juste du politique, de la gouvernance et de la démocratie que les citoyens se sont souvent mobilisés dans des circonstances particulières, et ont pu obtenir, au péril de leur vie, que certaines réformes puissent avoir lieu. Les grands mouvements sociaux qu’il y a eu en RDC depuis les années 1960, autour des figures comme Lumumba et l’imaginaire lumumbiste que le personnage a inspiré, laissent aussi voir, chez la plupart des Congolais, une grande aspiration à la démocratie.
Le livre s’intéresse aussi à la question de la multiplicité des langues et des ethnies pour analyser ce qu’il en est de l’identité citoyenne et du sentiment national. On doit aussi admettre que la multiplicité des langues et des ethnies constitue un véritable défi pour la construction d’une identité nationale et d’une société démocratique. Mais pour tempérer cette difficulté, on peut souligner le fait que l’appropriation par les citoyens des 4 langues officielles (le lingala, le swahili, le kikongo et le ciluba) choisies parmi les 450 langues nationales supposait nécessairement un certain effort de la part des citoyens dont ce n’était pas la première langue. Les sociétés multilingues, multiethniques ou multiculturelles peuvent aussi être démocratiques, moyennant des arrangements institutionnels et des accommodements raisonnables qui permettent de gérer une telle diversité.
Le livre s’achève par une tentative de solution au problème examiné en essayant de montrer de quelle manière la réforme des imaginaires pourrait conduire à l’instauration de la démocratie dans un État comme le Congo. Il s’agit de présenter une stratégie d’« ébranlement des murailles mentales contre la démocratie » à la RDC, de « convertir l’homo manducans en homo faber, l’homo praedator en homo ingenius et œconomicus » et « à changer l’homo tribalicus en homo civilis et socialis » (p. 195).
C’est une tentative ambitieuse et ardue tant sur le plan théorique que pratique. L’éducation, comme le suggère l’auteur, peut effectivement jouer un rôle essentiel dans cette démarche de « conversion ». Même si, comme je l’ai souligné, les imaginaires congolais ne sont pas fondamentalement contraires aux idéaux de la démocratie comme la bonne gouvernance, le respect du droit, le respect des droits des citoyens, la justice sociale, la justice politique, la transparence, les élections libres et transparentes, la liberté d’expression, la participation des citoyens, etc., il n’en reste pas moins qu’il vaut mieux éduquer les citoyens à la compréhension de leur signification, à la saisie de leur dimension implicitement normative.
L’une des difficultés de cette ambition consiste à attendre des détenteurs du pouvoir (qui sont en général les principaux obstacles de la démocratisation en Afrique) qu’ils favorisent eux-mêmes les réformes des imaginaires. Un bon nombre de dictons que l’on trouve dans les représentations sont dirigés contre ces dirigeants. Ce sont eux qui ont le plus besoin d’éducation, pour autant qu’ils soient encore « éducables ».
En somme le livre est une contribution remarquable à la réflexion sur le problème complexe de la démocratie en Afrique. Même s’il porte spécifiquement sur le cas de la RDC, ses analyses sont applicables à un bon nombre d’autres pays en Afrique.
Ernest-Marie Mbonda
Université catholique d’Afrique centrale
Université du Québec à Montréal
Remerciements
A la fin de ce parcours de combattant qui couronne mes recherches doctorales, j’exprime ma gratitude aux personnes qui, de près ou de loin, m’ont apporté leur soutien tant moral, intellectuel, matériel que financier.
Je n’oublierai point le professeur Jocelyn Maclure, mon premier directeur dont les remarques et conseils judicieux ont permis de mieux mettre en perspective cette étude sur un thème à la fois fascinant, dense mais très délicat du fait même des problèmes essentiels et existentiels qu’il agite. Le professeur Luc Bégin mérite une particulière mention de gratitude pour la disponibilité, le dévouement et surtout la patience avec laquelle il a assuré la direction de cette recherche. Je remercie également la professeure Dany Rondeau en sa qualité de co-directrice. Ses pertinentes remarques et critiques m’ont permis de bonifier la qualité de ce travail. J’en sais aussi gré aux professeurs Ernest-Marie Mbonda, Jérôme Gosselin et à la professeure Marie Brossier pour leurs contributions en qualité de membres du jury de cette thèse.
Je remercie le professeur Jean de Dieu Itsieki Putu Basey qui a eu la sollicitude de consacrer beaucoup de son temps précieux à la révision linguistique du manuscrit de cette thèse. Gratitude également à mes anciens maîtres-initiateurs à l’acte philosophique en République Démocratique du Congo : Ignace Matensi, Jean Chrysostome Akenda, Benoît Okolo, Michel Mbambi, Georges Ndumba, Hippolyte Ngimbi, Cléophas Nketo, Marc-Polycarpe Mutombo. Je salue l’heureuse mémoire de Dominique Kahang, Crispin Ngwey, Alexandre Mbandi et de Théodore Mudiji. Par l’entremise du Dr. Marco Moerschbacher, j’en sais gré à l’Institut de Missiologie Missio Aachen, pour son soutien financier qui m’avait permis d’entreprendre mes recherches doctorales.
Mes longues années de recherche à l’Université Laval ont imposé des durs sacrifices à ma sœur Clémence Mutambudi, à mes frères Barthélemy, Serge et Justin Mutambudi et surtout à ma famille. Je les remercie pour leur sérénité et leur soutien moral. Ainsi que nous l’enseignaient nos parents, je leur rappelle qu’« une femme parturiente endure dans les larmes tant de souffrances mais, dès qu’elle porte le nouveau-né dans ses bras, sa peine se transforme en une joie immense, débordante et indéfectible ».
Enfin, j’exprime ma profonde gratitude à toutes les personnes qui m’ont couvert de leur attention bienveillante. Qu’elles soient rassurées que les liens du vivre-ensemble tissés dans la douleur subsisteront et nous serviront de tremplin pour un avenir prospère.
Vincent de Paul Mutambudi Kakumba Musimbu
Introduction
La question de l’instauration de la démocratie en Afrique subsaharienne2, en général et en RD Congo3, en particulier, est lancinante (elle tourmente et obsède de façon persistante) et récurrente (elle s’invite dans toutes les discussions sociopolitiques). Pour mieux l’aborder, il convient de l’inscrire dans la problématique globale de la crise africaine ou négro-africaine sur laquelle portent de nombreuses études.
Au lendemain des indépendances négro-africaines, en publiant L’Afrique noire est mal partie4, René Dumont menait une étude contestée par un certain discours politique et idéologique mais qui se révèle séminale aujourd’hui. En effet, ce qu’il constate et décrit avec brio, à savoir, les maladies endémiques, le sous-développement, l’endettement et la dépendance à l’aide internationale, le décalage entre l’école/université et la société, l’exode rural, le dysfonctionnement des structures administratives et des institutions politiques, la corruption voire l’incapacité des dirigeants, tout cela est très palpable dans beaucoup de pays d’Afrique noire.
Résumé des informations
- Pages
- XXII, 378
- Année de publication
- 2026
- ISBN (PDF)
- 9783034362375
- ISBN (ePUB)
- 9783034362399
- ISBN (Broché)
- 9783034353649
- DOI
- 10.3726/b24032
- Langue
- français
- Date de parution
- 2026 (Juin)
- Mots Clés (Keywords)
- Philosophie Raison Refonte Imaginaires Représentations sociales Politique Démocratie Citoyenneté Contrat social Vivre-ensemble Valeurs refuges Éducation Économie du social Religion Société Sciences sociales Sciences humaines République démocratique du Congo Afrique
- Publié
- Bruxelles, Berlin, Chennai, Lausanne, New York, Oxford, 2026. xxii, 378 p., 3 ill. en couleurs.
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