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Mallarmésis

Mythopoétique de Stéphane Mallarmé

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Émile Fromet de Rosnay

Mallarmé, qui se rend compte de la contingence de la Notion une fois qu’elle se met en contact avec le langage, et pour qui la littérature et la pensée sont inséparables, a inventé une nouvelle approche mythologique au langage. Celle-ci récupère l’ancien système des ressemblances où le mot était l’équivalent de son concept. Pourtant, cette approche, « mythopoétique » – une production négative de mythes qui est symptomatique de l’histoire de l’esthétique occidentale – réussit par son échec mimétique même à reproduire une homogénéité au niveau de la forme. Nous démontrons, par des analyses de textes « linguistiques » et « critiques » comme les Notes sur le langage et Le mystère dans les lettres, de proses et de poèmes comme Igitur, les Divagations, Épouser la Notion, le Sonnet en X et Un Coup de Dés, et à partir de phénomènes contemporains, qu’il ne s’agit pas tant de l’art imitant la nature ou vice versa, mais plutôt de la répétition de la production de la nature et de la « nature » d’un langage qui crée des mythes. Les nouvelles ressemblances de cette poétique sont donc doublement mimétiques, à la fois imitant et devenant nature. C’est une poétique qui reflète les découvertes en linguistique au dix-neuvième siècle, comme chez Müller, pour qui « le langage est le travail de la nature », mais qui avant tout se situe inéluctablement dans les trous de la pensée occidentale. Elle exige un travail qui tient compte de son devenir comme constitué épistémologiquement.

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Chapitre 8 : Un coup de Dés jamais n’abolira sa préface : sur l’« Observation relative » 133

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CHAPITRE 8 Un coup de Dés jamais n’abolira sa préface : sur l’« Observation relative » Dans l’« Observation Relative au Poème Un Coup de Dés jamais n’abolira le Hasard par Stéphane Mallarmé » (OCI 391-392), la forme du Coup de Dés prend un rôle primaire dans le sens où la lecture du poème doit tenir compte d’abord, non plus de son contenu, mais de sa forme esthétique. Nous comprenons, par forme esthétique, la forme en tant qu’objet à la fois d’art et de perception. Cette « Observation » sous-entend de la part du lecteur qu’il modifie sa façon de lire, c’est-à-dire non pas de lire pour saisir l’information que communique le poème, mais plutôt de saisir, selon « l’espacement » de sa lecture, l’être poétique qui relève des contraintes formelles du poème. La mimésis mallarméenne se consacre donc à sa propre forme. Toutefois, cette communication se détermine par l’échec de la représentation personnelle et herméneutique. Curieusement, si une préface influence toujours la lecture, cela veut dire que Mallarmé, préfacier malgré lui, trahit son désir d’en finir avec les préfaces, puisqu’il arrive à préfigurer la lecture du Coup de Dés. Bien que Mallarmé se situe dans une telle antinomie, il dévoile une autre dimension de la communication. Ainsi, l’« Observation Relative » nous présente à la fois l’échec et le succès mallarméens. La poésie mallarméenne...

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