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L’Acte inqualifiable, ou le meurtre au féminin / Unspeakable Acts: Murder by Women

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Edited By Émeline Jouve, Aurélie Guillain and Laurence Talairach-Vielmas

Qu’elle soit appelée meurtrière, assassine ou tueuse, la femme qui commet un homicide élude les catégories usuelles : elle dérange l’ordre social, bouleverse les rapports de forces symboliques et inquiète les dispositifs judiciaires. Cet ouvrage collectif bilingue (français et anglais) interroge la manière dont l’écriture ou la réécriture du meurtre au féminin contribue à façonner et à problématiser la mémoire collective de ces affaires criminelles qui font figure d’exception.

Female murderers often elude firmly established categories as they disrupt the social and symbolic orders of patriarchal societies and call into question the well-oiled mechanisms of their legal systems. This collection of essays (in French and in English) examines the making of narratives that have staged actual or fictional female murderers, influencing the ways in which these women are collectively remembered – narratives that often lay bare the covert foundations of the indictment process.

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Cage de fer, cage de verre. « La Corriveau » : genèse et transformations d’une légende québécoise

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Cage de fer, cage de verre

« La Corriveau » : genèse et transformations d’une légende québécoise

Alex GAGNON

« […] une relique éloquente d’un de ces terribles drames judiciaires qui passent à l’état de légende dans la mémoire du peuple ».

Louis Fréchette

L’Opinion publique [journal montréalais], 25 avril 1872

« La Corriveau ». Inscrit depuis longtemps dans le patrimoine immatériel du Québec, ce nom est d’abord celui d’une célèbre meurtrière du XVIIIe siècle. Évocateur et surchargé, il traîne avec lui une longue généalogie de représentations, plus ou moins conscientes de leur propre filiation. Encore aujourd’hui, ce patronyme suggère à l’esprit de plusieurs Québécois-e-s l’image sinistre d’une sorcière diabolique, ou encore celle, moins frénétique mais tout aussi fictive, d’une tueuse ou d’une castratrice en série ayant eu autant de maris que d’intentions homicides ; plus rarement, pour ceux et celles qui cherchent à braquer la lumière sur les spectres et les ombres qui hantent nos nuits, le nom évoque aussi un événement historique de 1763 dont l’imaginaire s’est généreusement emparé. Ce fait bien réel est, en effet, à l’origine de l’une des plus exubérantes légendes du folklore québécois.

Cet article1 vise à la fois à fournir une analyse particulière (de l’objet qu’il s’assigne) et à nourrir, obliquement, une réflexion g...

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