Show Less
Restricted access

Enseigner les littératures dans le souci de la langue

Series:

Edited By Christophe Ronveaux

Qui enseigne la littérature est plongé dans l’embarras lorsqu’il doit délimiter l’objet à enseigner. Soit la langue lui apparait dans la régularité d’un système irréductible à ses usages singuliers, considérés comme « littéraires », soit c’est la littérature qui s’impose comme l’usage le plus abouti d’une langue pour élaborer des savoirs scolaires sur celle-ci. Qu’il enseigne les littératures dans le souci de la langue ou la langue dans le souci des littératures, celui-là devra poser des choix qui renvoient aux savoirs scolaires d’une discipline, définie dans les configurations successives de son histoire. Les contributions rassemblées dans cet ouvrage questionnent ces choix sous l’angle historique des pratiques attestées, sous l’angle esthétique de représentations fantasmées, sous l’angle des pratiques de classe contemporaines, sous l’angle des objets à enseigner (la ponctuation, les albums pour la jeunesse, le comique, la lecture littéraire). Se côtoient analyses de dispositifs d’enseignement et de formation, du primaire et du secondaire, dans un dialogue constructif, dont la synthèse reste à faire.

Show Summary Details
Restricted access

Enseigner la langue dans le souci de la littérature

Extract



Pour une instrumentalisation de la littérature au service de l’enseignement de la langue ?

Claudine BALSIGER, Dominique BÉTRIX KÖHLER & Martine PANCHOUT-DUBOIS1

Si la problématique de cet ouvrage concerne l’articulation entre l’enseignement de la langue et celui de la littérature en privilégiant la porte d’entrée principale de la littérature, cet article se propose d’y entrer par la petite porte, celle de derrière, en inversant en quelque sorte la perspective pour enseigner la langue dans le souci de la littérature. En d’autres termes, il s’agit de problématiser l’articulation entre langue et littérature dans une démarche didactique qui vise à instrumentaliser la littérature au service de l’étude de certains phénomènes langagiers. Cette instrumentalisation est-elle légitime ? La littérature en ce sens n’est-elle qu’un prétexte, ou peut-elle conserver malgré tout une dimension patrimoniale, culturelle, voire universelle ?

Problématique et cadre théorique

Posons d’abord le cadre : notre réflexion se base sur le document Enseignement /apprentissage du français en Suisse Romande. Orientations (CIIP, 2006), qui affirme d’une part que le français est à la fois la langue maternelle d’une majorité des élèves et la langue d’intégration d’une partie importante d’entre eux, et, d’autre part, qu’une place significative doit être faite à l’enseignement du fonctionnement de la langue. Ce document préconise une entrée par les genres de textes, compris comme des produits sociaux...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.