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Culture et (in)dépendance

Les enjeux de l’indépendance dans les industries culturelles

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Edited By Olivier Alexandre, Sophie Noël and Aurélie Pinto

« Indépendant », « alternatif », « indie », « underground », « avant-garde », « de création »... Depuis les années 1970, la revendication d’indépendance a pris une importance grandissante dans les univers de production culturelle. Qu’elle se rapporte à des contenus, des méthodes de travail ou des dispositifs de médiation, cette revendication propose une alternative à la domination des groupes et des productions mainstream. Son succès conduit cependant à s’interroger sur la cohérence même d’une notion progressivement transformée en label de qualité.

À travers douze contributions traitant de l’édition, du cinéma, de la musique, des médias et de la vulgarisation scientifique, cet ouvrage montre en quoi l’indépendance relève d’une construction sociale tributaire de son environnement institutionnel et marchand. Des ondes aux écrans, de l’Europe aux États-Unis, des managers aux artistes, il met en évidence le balancement entre artisanat de création et recherche d’une structuration économique pérenne.

En mettant à distance la dénonciation ritualisée de l’hégémonie des majors et autres « grands groupes » et en s’appuyant sur des terrains ancrés dans différents contextes nationaux, ce livre fait le pari d’une approche transversale pour mieux saisir la manière dont l’indépendance irrigue et structure des filières trop souvent envisagées de manière cloisonnée. Il éclaire ainsi une catégorie de référence des industries culturelles paradoxalement peu étudiée par les sciences sociales, et permet de saisir l’évolution des rapports de force dans des secteurs confrontés à une rationalisation économique et à des mutations technologiques de grande ampleur.

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Présentation des auteurs

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Olivier Alexandre est sociologue, docteur de l’EHESS, ancien Visiting Scholar à l’université de Northwestern et de Stanford, enseignant à l’université Paris Diderot et chercheur associé au Centre d’études des mouvements sociaux (IMM/EHESS). Ses travaux portent sur le numérique, les industries culturelles et la sociologie de la culture. Il a notamment publié Utopia. À la recherche d’un cinéma alternatif (L’Harmattan, 2007) et La Règle de l’exception. L’écologie du cinéma français (EHESS Éditions, 2015).

Boris Attencourt est doctorant à l’EHESS au sein du Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP). Ses recherches portent sur les institutions, producteurs et publics de la visibilité intellectuelle, à la croisée d’une sociologie des sciences, des intellectuels et des élites et d’une sociologie des médias, de la culture et des publics. Il a publié « Compétition pour la suprématie culturelle et stratégies internationales des élites intellectuelles » (avec Garcia A.) in Siméant Johanna, Guide de l’enquête globale en sciences sociales (CNRS éditions, 2015) ; « Qu’est-ce que la notoriété ? Quelques réflexions sur une approche essentialiste en sciences sociales », Revue européenne des sciences sociales (2016) et « Badiou versus Finkielkraut. Débat du siècle ou débat dans le siècle ? », Zilsel (2017).

Samuel Bouron est maître de conférences en sociologie à l’Université de Paris-Dauphine. Il s’intéresse à la façon dont le passage de plus en plus massif par les écoles de journalisme transforme en retour les manières...

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