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Enjeux postcoloniaux de l’enfance et de la jeunesse

Espace francophone (1945-1980)

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Edited By Yves Denéchère

Si la jeunesse a joué un rôle important dans la construction des empires coloniaux, elle est également un enjeu essentiel des décolonisations et de leurs suites. Au second XXe siècle, les processus d’émancipation des peuples colonisés posent en effet avec force la question sociale et politique de l’enfance et de la jeunesse en contexte colonial et postcolonial, dans les pays devenus indépendants comme chez les anciens colonisateurs. L’intérêt de cet ouvrage est de mettre en avant les biopolitiques spécifiques aux enfants et aux jeunes qui ont émergé dans un ensemble complexe de questions politiques et diplomatiques, économiques et sociales, démographiques et populationnistes, philosophiques et religieuses. À l’instar des Colonial and Postcolonial Studies, il s’agit d’interroger les cultures postcoloniales et les articulations entre décolonisation et colonisation, notamment les prolongements de celle-ci dans celle-là. Pendant la décolonisation des empires français et belge et la construction de nouveaux États, les enfants et les jeunes ont été sujets de politiques voulues ou soutenues par des biopouvoirs et mises en œuvre par des protagonistes divers : armées, associations, humanitaires, colonialistes, nouvelles élites, militants, simples citoyens. Les archives publiques qui reflètent les différentes politiques menées ainsi que les sources écrites et orales d’associations ou d’autres organisations permettent de cerner les rôles d’acteurs non-étatiques. Les paroles, plus ou moins critiques, de celles et de ceux qui sont les premières personnes concernées par cette histoire – c’est-à-dire les enfants et les jeunes eux-mêmes – sont bien entendu également mobilisées.

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Statut, droits et intégration des métis au Cameroun sous administration française (1933-1960) (Alvine Henriette Assembe Ndi)

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Statut, droits et intégration des métis au Cameroun sous administration française (1933-1960)

Alvine Henriette ASSEMBE NDIUniversité de Yaoundé 1

Éléments de la porosité des frontières raciales coloniales du fait des unions mixtes, du concubinage et des viols, les métis posaient un problème d’identité auquel il fallait trouver une solution rapide. Le métis était le résultat de la déconnexion entre l’injonction de ne pas céder à la tentation que représentait la femme indigène et la pratique. La construction de ce nouveau genre hybride qui impliquait la gestion de la sexualité dans les colonies et la production des catégories sociales se fit par étape1. D’abord la reconnaissance de ce groupe interracial ; ensuite, la création d’un cadre à lui destiné ou l’attribution des indemnités spéciales ; enfin, l’octroi de la citoyenneté française à ceux qui avaient réussi à s’assimiler à la culture occidentale et l’intégration dans les sociétés locales. Cette démarche qui remettait en question l’ordre colonial, avait pour enjeu la survie raciale2. Les « rapports entre l’éducation des enfants, le pouvoir colonial, l’allaitement maternel et les frontières culturelles, les domestiques et les sentiments, ou la sexualité illégitime, les orphelins et la race » constituaient de nouveaux enjeux3.

Au Cameroun sous administration française, le problème fut celui de la construction de l’identité des métis. C’est sur la métonymie de la biopolitique...

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