Show Less
Restricted access

Enjeux postcoloniaux de l’enfance et de la jeunesse

Espace francophone (1945-1980)

Series:

Edited By Yves Denéchère

Si la jeunesse a joué un rôle important dans la construction des empires coloniaux, elle est également un enjeu essentiel des décolonisations et de leurs suites. Au second XXe siècle, les processus d’émancipation des peuples colonisés posent en effet avec force la question sociale et politique de l’enfance et de la jeunesse en contexte colonial et postcolonial, dans les pays devenus indépendants comme chez les anciens colonisateurs. L’intérêt de cet ouvrage est de mettre en avant les biopolitiques spécifiques aux enfants et aux jeunes qui ont émergé dans un ensemble complexe de questions politiques et diplomatiques, économiques et sociales, démographiques et populationnistes, philosophiques et religieuses. À l’instar des Colonial and Postcolonial Studies, il s’agit d’interroger les cultures postcoloniales et les articulations entre décolonisation et colonisation, notamment les prolongements de celle-ci dans celle-là. Pendant la décolonisation des empires français et belge et la construction de nouveaux États, les enfants et les jeunes ont été sujets de politiques voulues ou soutenues par des biopouvoirs et mises en œuvre par des protagonistes divers : armées, associations, humanitaires, colonialistes, nouvelles élites, militants, simples citoyens. Les archives publiques qui reflètent les différentes politiques menées ainsi que les sources écrites et orales d’associations ou d’autres organisations permettent de cerner les rôles d’acteurs non-étatiques. Les paroles, plus ou moins critiques, de celles et de ceux qui sont les premières personnes concernées par cette histoire – c’est-à-dire les enfants et les jeunes eux-mêmes – sont bien entendu également mobilisées.

Show Summary Details
Restricted access

Le projet postcolonial de la Fédération des Œuvres de l’Enfance Française d’Indochine (FOEFI 1949-1983) (Yves Denéchère)

Extract

← 120 | 121 →

Le projet postcolonial de la Fédération des Œuvres de l’Enfance Française d’Indochine (FOEFI 1949-1983)

Yves DENÉCHÈREUniversité d’Angers – CNRS TEMOS

Comme dans toutes les expériences coloniales, dès l’implantation de la présence française en Indochine au XIXe siècle sont nés des enfants métis, fruits de relations sexuelles amoureuses ou forcées, passagères ou plus durables, entre des Européens (colons, fonctionnaires, soldats, etc.) et des femmes du pays1. Dès la fin du XIXe siècle mais surtout dans l’entre-deux-guerres, différents acteurs (notables, militaires, associations philanthropiques, congrégations religieuses) interrogent le « fait eurasien ». Pendant la guerre d’Indochine (1946-1954), la présence d’un important corps expéditionnaire français accroît considérablement le nombre d’enfants métis, eurasiens mais aussi africasiens et issus d’autres métissages ; en même temps s’aggrave la question de l’intégration de ces enfants dans des sociétés s’affranchissant de la domination coloniale.

De la fin des années 1940 aux années 1970, dans le contexte de la décolonisation puis postcolonial, une association, la Fédération des œuvres de l’enfance française d’Indochine (FOEFI) « rapatrie » en France plus de 5 000 enfants métis. Cette contribution étudie les motivations des responsables et précise quel était leur projet pour ces enfants. En effet, il ne s’agissait pas seulement de les « sauver », mais de leur assigner une fonction précise...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.