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Connaît-on la chanson?

Usages de la chanson dans les cinémas d'Europe et d'Amérique Latine depuis 1960

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Edited By Sophie Dufays, Dominique Nasta and Marie Cadalanu

Les chansons, liées au cinéma depuis ses origines, ont acquis une force nouvelle et singulière tant dans les productions commerciales que dans les films d’auteur récents, notamment en Europe et en Amérique latine. Mais si les études consacrées aux rôles de la chanson et de la musique populaire dans le cinéma se sont multipliées, peu de travaux ont considéré leur place dans les cinémas européens et latino-américains au-delà de la période classique.

C’est sur un corpus de films à chansons parus à partir des années 1960 que se concentre le présent ouvrage. Les différentes contributions proposent un panel d’approches novatrices et complémentaires, esthétiques mais aussi culturelles, historiques et musicologiques, qui offrent un éclairage inédit sur cette production.

L’ambition de ce volume est de participer au développement d’une analyse esthétique et théorique du film à chansons dégagée du modèle hollywoodien mais aussi, plus largement, de tout modèle générique. Penser la place qu’occupe la chanson dans des cinématographies très variées géographiquement et historiquement, du cinéma français au cinéma brésilien en passant par les cinématographies d’Europe de l’Est, permet de susciter de nombreux rapprochements susceptibles d’ouvrir la voie à de nouvelles approches.

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Entre appropriation et aliénation : usages ambivalents de la chanson au cinéma (à partir de Bande de filles, Céline Sciamma, 2014) (Laurent Guido)

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Entre appropriation et aliénation : usages ambivalents de la chanson au cinéma

(à partir de Bande de filles, Céline Sciamma, 2014)

Laurent Guido

Université de Lille SHS

Tandis que retentissent quelques accords au clavier, le visage d’une jeune fille, filmée en gros plan, émerge de la pénombre pour fixer le spectateur droit dans les yeux. Entonnant en playback les paroles d’une chanson à succès de Rihanna, Diamonds (2012), elle est bientôt rejointe par les amies avec lesquelles elle s’est retirée dans une chambre d’hôtel impersonnelle pour y faire la fête. Le groupe se lance alors dans une danse de plus en plus énergique, tout au long d’une séquence intégralement accompagnée par les échos envoûtant de la mélopée pop. Tirée de Bande de filles (Céline Sciamma, 2014), cette séquence frappe avant tout par l’énergie communicative – et apparemment spontanée – qui émane de la symbiose rythmique entre les corps en mouvement et les accents cadencés du morceau musical. Passé l’effet d’empathie irrésistible, un malaise diffus prend pourtant forme, qui met peu à peu à distance cette mise en scène d’une exaltation collective. Ainsi peut-on interroger la complaisance avec laquelle le film représente l’emprise presque totalitaire que la chanson, produit emblématique de l’industrie musicale globalisée, possède sur le groupe d’adolescentes issues des banlieues. Ce passage de Bande de filles reproduit, au moins partiellement,...

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