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Connaît-on la chanson?

Usages de la chanson dans les cinémas d'Europe et d'Amérique Latine depuis 1960

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Edited By Sophie Dufays, Dominique Nasta and Marie Cadalanu

Les chansons, liées au cinéma depuis ses origines, ont acquis une force nouvelle et singulière tant dans les productions commerciales que dans les films d’auteur récents, notamment en Europe et en Amérique latine. Mais si les études consacrées aux rôles de la chanson et de la musique populaire dans le cinéma se sont multipliées, peu de travaux ont considéré leur place dans les cinémas européens et latino-américains au-delà de la période classique.

C’est sur un corpus de films à chansons parus à partir des années 1960 que se concentre le présent ouvrage. Les différentes contributions proposent un panel d’approches novatrices et complémentaires, esthétiques mais aussi culturelles, historiques et musicologiques, qui offrent un éclairage inédit sur cette production.

L’ambition de ce volume est de participer au développement d’une analyse esthétique et théorique du film à chansons dégagée du modèle hollywoodien mais aussi, plus largement, de tout modèle générique. Penser la place qu’occupe la chanson dans des cinématographies très variées géographiquement et historiquement, du cinéma français au cinéma brésilien en passant par les cinématographies d’Europe de l’Est, permet de susciter de nombreux rapprochements susceptibles d’ouvrir la voie à de nouvelles approches.

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Ode à la mélancolie prolétaire : À propos des chansons du cinéma d’Aki Kaurismäki (Raphaël Szöllösy)

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Ode à la mélancolie prolétaire : À propos des chansons du cinéma d’Aki Kaurismäki

Raphaël Szöllösy

Université de Strasbourg

Nostalgie, mélancolie de tous les tubes, même les plus primesautiers, qui nous font repleurer (rimpiangere, comme dirait Fellini) ce que nous ne retrouvons qu’en le perdant, ce à quoi nous n’accédons qu’à en être aussitôt bannis.

Peter Szendy (2013, 93)

Dans le poème de John Keats « Ode à la mélancolie », trois vers en particulier disent déjà l’entièreté de ce que nous allons développer ici : « Mais quand du haut des cieux l’accès de mélancolie / Soudain s’abattra comme une nuée de larmes / Redonnant vigueur aux fleurs qui ployaient » (Keats 2012). Il y a parfois des instants où un sentiment de perte, de douleur, d’affliction vient accabler la vie d’un être et, pourtant, cette mélancolie peut être l’objet d’une célébration, d’une louange ou d’une apologie. Dans le cinéma d’Aki Kaurismäki, les chansons illustrent ou cristallisent le désarroi des individus. Mais malgré la profondeur de leur chagrin, les chansons semblent également appeler à le surpasser. Ainsi le rapport de la chanson à la mélancolie, « inhérente » à toute « bande son de la vie » selon Peter Szendy (2013, 88), est interprété dans le corpus du cinéaste finlandais comme portant la capacité a priori paradoxale d’une forme de résistance.

L’hypothèse que...

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