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L’extrait et la fabrique de la littérature scolaire

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Edited By Anissa Belhadjin and Laetitia Perret

Pour Barthes, « La littérature, c’est ce qui s’enseigne, un point c’est tout » : le lien entre l’école et la fabrication du littéraire semble indissociable. C’est pour tenter de comprendre comment la littérature s’est constituée comme objet scolaire que le réseau Helice (Histoire de l’Enseignement de la Littérature, Comparaison Européenne), composé d’une vingtaine de chercheurs de pays européens ou du Québec, a été créé en 2010.

Les travaux du groupe s’organisent à partir de plusieurs approches (didactique, historique et comparatiste) dont l’intérêt est de dé-naturaliser la relation qui existe entre la littérature et l’école et d’interroger l’enseignement d’une discipline qui semble souvent aller de soi.

Après la fable et la lettre, le groupe Helice s’attache maintenant à étudier l’extrait appréhendé comme un objet susceptible de rendre compte des processus de scolarisation de la littérature.

Dans cet ouvrage, les chercheurs d’Helice ont étudié la façon dont l’œuvre littéraire est scolarisée sous la forme particulière de l’extrait, qui en retour fabrique la littérature de l’école. Le premier chapitre étudie l’émergence de l’extrait au fil du temps et son usage, indissociable de sa relation avec l’œuvre dont il provient. Le deuxième chapitre envisage de manière comparatiste les usages de l’extrait dans la formation du lecteur et du scripteur, dans différents pays et segments scolaires, à différents moments, voire dans différents contextes disciplinaires. Le troisième chapitre analyse comment les œuvres de plusieurs grands auteurs patrimoniaux sont lues à l’école.

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Nathalie Denizot: Introduction

Introduction

Extract

Nathalie Denizot,Université de Cergy-Pontoise (France)

Cette première partie interroge l’extrait en tant que pratique scolaire et/ou disciplinaire ancienne, pratique qu’elle s’efforce de définir et de circonscrire, y compris à travers les discours des différents acteurs de l’école, et dont elle s’attache à démêler les relations complexes avec la pratique de la lecture de l’œuvre « complète » ou « intégrale ». Si les trois articles qui constituent cette partie ne sont pas à proprement parler « comparatistes », en ce sens qu’ils ne s’inscrivent pas dans des comparaisons entre pays, comme le feront plusieurs autres articles dans la suite de l’ouvrage, ni même ne font de la confrontation entre différents segments scolaires l’objet central de leur propos, ils contribuent cependant à une histoire comparée de l’enseignement de la littérature dans la mesure où ils proposent une méta-réflexion et des analyses de discours sur ce qu’est un extrait ainsi que sur les liens entre extraits, citations, morceaux choisis et œuvres complètes. Ils mettent ainsi en évidence une forme de résistance voire de résilience de l’extrait, dès lors que l’enseignement de la littérature doit prendre en compte des œuvres longues (dans l’enseignement secondaire notamment), alors même que les critiques voire les remises en question n’ont jamais cessé depuis plus d’un siècle.

Dans la première contribution, une double enquête autour de l’extrait est proposée. Il s’agit tout d’abord d’une enquête lexicographique sur...

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