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Libéralisme et protectionnisme

Economie politique des relations internationales

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Edited By André Tiran and Dimitri Uzunidis

Le débat « libéralisme / protectionnisme » retrouve aujourd’hui tout son intérêt dans plusieurs domaines, tels la politique commerciale, le droit de la concurrence, les aides étatiques, la protection des travailleurs ou encore la politique de l’immigration. Le libéralisme associé au libre-échange, qui paraissait être une politique incontestable, soutenue par la plupart des économistes, s’est retrouvé la cible de nombreuses critiques. Le protectionnisme, de son côté, couplé à une politique mercantiliste, est apparu dans un certain nombre de pays comme une stratégie efficace pour assurer le développement économique. La compétitivité des grandes économies a semblé dépendre de l’ouverture sélective au commerce et aux investissements internationaux : c’est le cas des États-Unis, de la Chine, mais également d’autres pays d’Asie, et parfois même de l’Europe. Les auteurs de cet ouvrage remettent en cause la vision univoque et simpliste du protectionnisme et des politiques mercantilistes. La discussion est particulièrement focalisée sur la validité universelle du libre-échange et des origines historiques du protectionnisme ainsi que sur les théories économiques et des politiques étatiques menées du XVIe au XXIe siècle. Ils s’intéressent aussi bien à l’économie qu’à la logique de puissance et de renforcement de l’État.

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Chapitre 2. Mercantilisme et néomercantilisme : retour à l’histoire de la modernité (André Tiran)

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Chapitre 2

Mercantilisme et néomercantilisme : retour à l’histoire de la modernité

André Tiran

Introduction

La question de l’opposition entre mercantilisme, protectionnisme et libéralisme, compte tenu de la politique du nouveau président des États-Unis Donald Trump, a refait la une de l’actualité. Ce n’était évidemment pas très difficile à prévoir, toutefois il faut reconnaître que les choses, depuis l’élection de D. Trump, ont pris une ampleur considérable. Le concept et le terme de mercantilisme sont revenus dans tous les articles de journaux avec la même confusion sur la signification de ce terme, dans l’histoire et dans la théorie. La seule chose qui ait été mise en avant par pratiquement tous les commentateurs est celle des droits de douane. Ainsi donc les adversaires du mercantilisme, qui l’ont défini et baptisé pour mieux le discréditer, ont fait semblant et continuent de faire semblant de ne retenir que l’aspect commercial, réussissant ainsi à donner à l’adjectif « mercantile » une nuance péjorative détestable qui continue après 400 ans d’exercer son influence. On pourrait rétorquer : à quoi a servi la croissance du libre-échange des dernières décennies dans les pays riches si elle a détruit tant d’emplois et a de plus concentré tous les revenus supplémentaires sur les 1 % les plus riches ? On peut aussi rappeler que certaines politiques protectionnistes – pas toutes – ont été fort efficaces, comme en Allemagne et aux...

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