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Cinéphilies et sériephilies 2.0

Les nouvelles formes d’attachement aux images

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Edited By Mélanie Boissonneau and Laurent Jullier

Enfin ! Depuis l’avènement d’Internet, les 99,9% d’amoureux des films et des séries qui n’exercent pas la profession de critique peuvent se faire entendre... Mieux, ils peuvent passer sans effort de la position devant à la position depuis : s’asseoir devant un écran et s’exprimer depuis un écran sont en effet devenus deux attitudes communes. Les films et les séries arrivent sur les terminaux domestiques ; tout de suite après et quelquefois même pendant leur diffusion, les avis et les analyses partent en sens inverse. Une autre nouveauté consiste en la diversification de la parole critique, confinée jusqu’ici à l’écrit ou aux conversations éphémères. Internet et la démocratisation des machines qui accompagne son essor ajoutent aux mots toutes sortes d’images, de sons et de manipulations audiovisuelles, laissant là encore loin derrière le modèle séculaire du critique professionnel écrivant son papier.

Comment étudier ces bouleversements ? Comment réagir devant l’abondance des critiques postées, la variété de leurs formes d’expression, l’interactivité qu’elles engendrent, sans parler du rapport à la professionnalisation qu’entretiennent leurs auteurs, surtout quand ils atteignent le statut de « vlogueur » vedette ? Une seule manière possible : l’interdisciplinarité. Le présent ouvrage réunit donc les contributions de spécialistes en provenance de champs divers (sociologie, Gender et Cultural Studies, Sciences de l’information-communication, etc.), sans oublier les acteurs les plus en vue de cette révolution de la parole critique, les « vlogueurs ».

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David Peyron: Auteurs-fans et fans-auteurs dans la culture médiatique contemporaine

Auteurs-fans et fans-auteurs dans la culture médiatique contemporaine

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David PeyronUniversité d’Aix-Marseille

La question qui anime cette réflexion, s’appuyant sur plusieurs travaux menés sur les cultures fans et sur un travail de thèse portant sur la culture geek1, est finalement assez simple : qu’est-ce qu’un auteur dans le contexte médiatique contemporain ? Mais si la formulation est facile, la réponse l’est beaucoup moins. Les questions « qu’est-ce qu’un auteur, qu’est-ce qui lui confère son autorité, et à l’inverse quelle autorité ont les publics sur les œuvres ? » sont très discutées depuis déjà de nombreuses années et il serait impossible de résumer ici tous les débats sur le sujet qui animent les chercheurs en sociologie, en narratologie, en sémiologie ou en études littéraires depuis la naissance de ces disciplines.

On peut avancer, pour commencer, que d’après de nombreuses recherches menées depuis une quinzaine d’années, les places respectives des publics et des auteurs, les frontières de leurs rôles dans l’espace social, et dans l’espace de production semblent de plus en plus ténues, floues, et se croiser. Le plus souvent, pour exemplifier cette évolution largement basée sur la démocratisation des outils numériques, mais aussi sur une évolution sociale de prise en main des objets par les individus, on s’appuie sur l’étude de ce qu’on appelle la culture participative. Celle-ci est définie entre autres par Henry Jenkins comme :

une culture dans laquelle les faibles obstacles à l’expression artistique...

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