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Cinéphilies et sériephilies 2.0

Les nouvelles formes d’attachement aux images

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Edited By Mélanie Boissonneau and Laurent Jullier

Enfin ! Depuis l’avènement d’Internet, les 99,9% d’amoureux des films et des séries qui n’exercent pas la profession de critique peuvent se faire entendre... Mieux, ils peuvent passer sans effort de la position devant à la position depuis : s’asseoir devant un écran et s’exprimer depuis un écran sont en effet devenus deux attitudes communes. Les films et les séries arrivent sur les terminaux domestiques ; tout de suite après et quelquefois même pendant leur diffusion, les avis et les analyses partent en sens inverse. Une autre nouveauté consiste en la diversification de la parole critique, confinée jusqu’ici à l’écrit ou aux conversations éphémères. Internet et la démocratisation des machines qui accompagne son essor ajoutent aux mots toutes sortes d’images, de sons et de manipulations audiovisuelles, laissant là encore loin derrière le modèle séculaire du critique professionnel écrivant son papier.

Comment étudier ces bouleversements ? Comment réagir devant l’abondance des critiques postées, la variété de leurs formes d’expression, l’interactivité qu’elles engendrent, sans parler du rapport à la professionnalisation qu’entretiennent leurs auteurs, surtout quand ils atteignent le statut de « vlogueur » vedette ? Une seule manière possible : l’interdisciplinarité. Le présent ouvrage réunit donc les contributions de spécialistes en provenance de champs divers (sociologie, Gender et Cultural Studies, Sciences de l’information-communication, etc.), sans oublier les acteurs les plus en vue de cette révolution de la parole critique, les « vlogueurs ».

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Hélène Breda: La « légitimité cinéphilique » face aux critiques féministes en ligne : le cas des évaluations professionnelles et militantes du film Elle (Paul Verhoeven)

La « légitimité cinéphilique » face aux critiques féministes en ligne : le cas des évaluations professionnelles et militantes du film Elle (Paul Verhoeven)

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Hélène BredaUniversité Paris 13

À l’automne 2016, la naissance du site francophone Le Genre et l’écran annonçait un projet de « critique féministe des fictions audiovisuelles »1. Sa créatrice, la théoricienne Geneviève Sellier, avait été l’une des premières à introduire dans le champ des études cinématographiques hexagonales, dans les années 1990, une approche « gender » héritée de traditions universitaires anglo-saxonnes. Parallèlement et complémentairement à ses travaux académiques sur l’analyse des normes sexuées construites par le cinéma2, c’est sur la Toile qu’elle a choisi de lancer cette initiative collaborative et ouverte au « grand public ». Le manifeste fondateur de ce site met le doigt sur un phénomène de taille : la non-prise en compte par le « discours cinéphilique dominant » de la dimension genrée des œuvres, alors même que celles-ci participent de la construction et de la reproduction des dynamiques de domination qui structurent les relations hommes/femmes dans notre société. Il ne s’agit pas, du reste, de la première initiative de la sorte : d’autres sites tels que Le Cinéma est politique proposent de combler les lacunes d’une critique française professionnelle qui, dans sa grande majorité, « refuse de prendre en compte cette dimension politique et sociale des œuvres d’art pourtant essentielle à leur compréhension »3. Outre ces plateformes dédiées, il existe sur le ←101 | 102→Net une multitude de lieux où se jouent ces activités d’évaluation de...

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