Show Less
Restricted access

Cinéphilies et sériephilies 2.0

Les nouvelles formes d’attachement aux images

Series:

Edited By Mélanie Boissonneau and Laurent Jullier

Enfin ! Depuis l’avènement d’Internet, les 99,9% d’amoureux des films et des séries qui n’exercent pas la profession de critique peuvent se faire entendre... Mieux, ils peuvent passer sans effort de la position devant à la position depuis : s’asseoir devant un écran et s’exprimer depuis un écran sont en effet devenus deux attitudes communes. Les films et les séries arrivent sur les terminaux domestiques ; tout de suite après et quelquefois même pendant leur diffusion, les avis et les analyses partent en sens inverse. Une autre nouveauté consiste en la diversification de la parole critique, confinée jusqu’ici à l’écrit ou aux conversations éphémères. Internet et la démocratisation des machines qui accompagne son essor ajoutent aux mots toutes sortes d’images, de sons et de manipulations audiovisuelles, laissant là encore loin derrière le modèle séculaire du critique professionnel écrivant son papier.

Comment étudier ces bouleversements ? Comment réagir devant l’abondance des critiques postées, la variété de leurs formes d’expression, l’interactivité qu’elles engendrent, sans parler du rapport à la professionnalisation qu’entretiennent leurs auteurs, surtout quand ils atteignent le statut de « vlogueur » vedette ? Une seule manière possible : l’interdisciplinarité. Le présent ouvrage réunit donc les contributions de spécialistes en provenance de champs divers (sociologie, Gender et Cultural Studies, Sciences de l’information-communication, etc.), sans oublier les acteurs les plus en vue de cette révolution de la parole critique, les « vlogueurs ».

Show Summary Details
Restricted access

Sabrina Bouarour: Orange is the New Black : genre, sexualité et stratégies de storytelling transmédiatique

Orange is the New Black : genre, sexualité et stratégies de storytelling transmédiatique

Extract

Sabrina BouarourUniversité Sorbonne-Nouvelle Paris 3

Orange is the New Black (Netflix, 2013-) donne la mesure de l’expérience télévisuelle au sein de la « culture de la convergence »1. La série de Jenji Kohan présente des constellations narratives2, soit un ensemble d’éléments relatifs au même univers qui rend compte d’une expérience télévisée loin d’être limitée au moment du visionnage et fait intervenir une pluralité d’espaces discursifs disséminés sur différents médias en ligne qui s’enrichissent les uns les autres.

Cet univers de storytelling transmédiatique3 prolonge le plaisir de visionnage à travers de nouvelles pratiques de sociabilité et d’engagement des publics par les industries culturelles. Les contenus médiatiques dérivés de la série offrent une combinatoire d’éléments hétérogènes (photographies, dessins, écrits, tweets…), sources de circulation, de déplacement mais aussi de réappropriations par les communautés de fans. En résulte une célébration d’une culture sériephilique 2.0 placée sous le signe du jeu, de l’humour et du plaisir à prendre part à une pratique de « braconnage culturel »4. Des réflexions critiques sur la réception sensorielle et affective des épisodes de OITNB percent aussi ça et là : les ←137 | 138→enjeux liés au genre et à la sexualité des personnages féminins soulèvent des interrogations intimes chez certains publics.

Dans cet article, je porterai mon attention sur...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.