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Cinéphilies et sériephilies 2.0

Les nouvelles formes d’attachement aux images

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Edited By Mélanie Boissonneau and Laurent Jullier

Enfin ! Depuis l’avènement d’Internet, les 99,9% d’amoureux des films et des séries qui n’exercent pas la profession de critique peuvent se faire entendre... Mieux, ils peuvent passer sans effort de la position devant à la position depuis : s’asseoir devant un écran et s’exprimer depuis un écran sont en effet devenus deux attitudes communes. Les films et les séries arrivent sur les terminaux domestiques ; tout de suite après et quelquefois même pendant leur diffusion, les avis et les analyses partent en sens inverse. Une autre nouveauté consiste en la diversification de la parole critique, confinée jusqu’ici à l’écrit ou aux conversations éphémères. Internet et la démocratisation des machines qui accompagne son essor ajoutent aux mots toutes sortes d’images, de sons et de manipulations audiovisuelles, laissant là encore loin derrière le modèle séculaire du critique professionnel écrivant son papier.

Comment étudier ces bouleversements ? Comment réagir devant l’abondance des critiques postées, la variété de leurs formes d’expression, l’interactivité qu’elles engendrent, sans parler du rapport à la professionnalisation qu’entretiennent leurs auteurs, surtout quand ils atteignent le statut de « vlogueur » vedette ? Une seule manière possible : l’interdisciplinarité. Le présent ouvrage réunit donc les contributions de spécialistes en provenance de champs divers (sociologie, Gender et Cultural Studies, Sciences de l’information-communication, etc.), sans oublier les acteurs les plus en vue de cette révolution de la parole critique, les « vlogueurs ».

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Marta Boni: La cartographie pop, une pratique sériephile

La cartographie pop, une pratique sériephile

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Marta BoniUniversité de Montréal

Être sériephile1 correspond à se mesurer à une étendue qui ne cesse de grandir. D’un côté, en raison de leur temporalité en évolution constante, les séries nous demandent d’étaler l’activité herméneutique sur plusieurs jours, semaines, mois, ou années. De l’autre, la diégèse d’une série se donne comme un territoire à explorer, riche en personnages, lieux et détails. Les téléspectateurs sont ainsi amenés à mettre en relation des fragments, à connecter les évènements de différents épisodes, à se rappeler à la mémoire certaines séquences ou des plans, tout en restant en haleine pour le développement des intrigues principales, dans un aller-retour constant entre le microscopique et le macroscopique. Mentionnons également que le panorama de l’offre de produits sériels est aujourd’hui en croissance continue, avec environ 500 nouvelles séries produites aux États-Unis dans la seule année 2017–2018.

Afin de donner une forme à leur attachement et de produire de la connaissance sur ces objets, les sériephiles se trouvent à devoir relever le défi d’organiser cette quantité de données. La solution classique consiste à décrypter collectivement (par le biais de commentaires, images et partage d’impressions sur un objet culte) les mystères recélés par l’intrigue. Ce type d’appropriations émerge dans le cadre de la culture participative, au moins depuis le début des années 1990, encouragé par des séries comme Twin Peaks (ABC 1990...

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