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Cinéphilies et sériephilies 2.0

Les nouvelles formes d’attachement aux images

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Edited By Mélanie Boissonneau and Laurent Jullier

Enfin ! Depuis l’avènement d’Internet, les 99,9% d’amoureux des films et des séries qui n’exercent pas la profession de critique peuvent se faire entendre... Mieux, ils peuvent passer sans effort de la position devant à la position depuis : s’asseoir devant un écran et s’exprimer depuis un écran sont en effet devenus deux attitudes communes. Les films et les séries arrivent sur les terminaux domestiques ; tout de suite après et quelquefois même pendant leur diffusion, les avis et les analyses partent en sens inverse. Une autre nouveauté consiste en la diversification de la parole critique, confinée jusqu’ici à l’écrit ou aux conversations éphémères. Internet et la démocratisation des machines qui accompagne son essor ajoutent aux mots toutes sortes d’images, de sons et de manipulations audiovisuelles, laissant là encore loin derrière le modèle séculaire du critique professionnel écrivant son papier.

Comment étudier ces bouleversements ? Comment réagir devant l’abondance des critiques postées, la variété de leurs formes d’expression, l’interactivité qu’elles engendrent, sans parler du rapport à la professionnalisation qu’entretiennent leurs auteurs, surtout quand ils atteignent le statut de « vlogueur » vedette ? Une seule manière possible : l’interdisciplinarité. Le présent ouvrage réunit donc les contributions de spécialistes en provenance de champs divers (sociologie, Gender et Cultural Studies, Sciences de l’information-communication, etc.), sans oublier les acteurs les plus en vue de cette révolution de la parole critique, les « vlogueurs ».

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Cinéphilies 2.0 : un sport de combat ?

Cinéphilies 2.0 : un sport de combat ?

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Régis Brochier (réalisateur et créateur de Nanarland), François Cau (contributeur Nanarland, Choas Reign, So Film, Mad Movies, Dis-cor-dia.com), Karim Debbache (vidéaste pour les émissions web CROSSED et CHROMA), Rafik Djoumi (journaliste culturel, rédacteur en chef de BiTS)1

Rafik Djoumi : Si des gens comme nous aujourd’hui peuvent être appelés cinéphiles, cela n’a pas toujours été le cas. Le fait de se consacrer à des encyclopédies du nanar n’était pas considéré comme cinéphile, en tout cas quand j’étais gamin, dans les années 1970 où la cinéphilie était quelque chose de très spécifique : des gens capables d’élaborer un discours théorique autour du cinéma dans sa globalité (par globalité, vous entendez 3 % de la production mondiale). Il y avait donc un gros morceau de ce que les gens appelaient le cinéma, qu’ils consommaient régulièrement mais qui n’« existait pas ». Tout ça a changé, en tout cas la fonction attribuée au cinéphile. Non pas par le fait des critiques eux-mêmes, mais par celui des modes de consommation des films. En gros, il y a eu des vagues, qu’il faut peut-être rappeler :

– la cinéphilie des années 1950, dans la foulée de l’après-guerre, était entièrement conditionnée par le fait que la France avait été privée de beaucoup de films pendant les années d’occupation. Tout à coup il y...

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