Show Less
Restricted access

Métiers et techniques du cinéma et de l’audiovisuel : sources, terrains, méthodes

Series:

Edited By Hélène Fleckinger, Kira Kitsopanidou and Sébastien Layerle

La « révolution » du numérique, entamée au tournant des années 2000, a entraîné dans un tourbillon de transformations l’ensemble de la filière cinématographique, de la création à la diffusion. L’ampleur des mutations engendrées (disparition d’acteurs des industries techniques, destruction massive d’emplois et de savoir-faire, redéfinition des contours de métiers anciens et apparition de nouveaux) a sensibilisé une partie de la communauté scientifique. Des projets nationaux et internationaux d’envergure ont vu le jour, avec le souci de cartographier les changements et surtout de préserver des connaissances et des compétences menacées de disparition. À l’heure où ces projets de recherche semblent se multiplier, cet ouvrage collectif, tiré d’un colloque universitaire, propose de se concentrer sur des questionnements d’ordre méthodologique : comment aborder les changements intervenus dans la filière cinématographique ? à partir de quelles sources, avec quels outils et selon quelles approches ? quels problèmes méthodologiques la recherche sur les métiers et les techniques du cinéma et de l’audiovisuel soulève-t-elle ? Autant de questions traitées dans ces pages, à partir de contributions d’une jeune génération de chercheurs dont les travaux, parmi les plus novateurs, incarnent aujourd’hui une dynamique significative au sein des études cinématographiques et audiovisuelles. S’il y a urgence à étudier un monde qui semble disparaître et se transformer sous nos yeux, il est tout aussi urgent de s’attarder sur les modalités de la recherche, sur les outils méthodologiques et les sources à disposition.

Show Summary Details
Restricted access

Marie-Charlotte Téchené: Aux origines de l’Institut des hautes études cinématographiques. De la création du Centre artistique et technique des jeunes du cinéma (CATJC) aux conférences de Jean Epstein à l’IDHEC (1941–1945)

Aux origines de l’Institut des hautes études

cinématographiques

Extract

Marie-Charlotte Téchené

En occupant la chaire d’esthétique de l’Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC) durant l’automne 1945, le cinéaste et théoricien français Jean Epstein accompagna les premiers pas de ce qui deviendra l’École nationale supérieure des images et du son (La Fémis). Ainsi que nous le constatons dans notre thèse de doctorat consacrée à la pédagogie du cinéma selon Jean Epstein1, cette expérience de « maître de conférences » à l’IDHEC dans l’immédiat après-guerre fut la seule qu’il connut dans une institution consacrée à l’enseignement. Mais elle inaugura dans sa pensée un moment à compter duquel ladite pédagogie du cinéma devint, en tant que telle, un nouvel objet théorique. Partant du principe selon lequel l’analyse de ces conférences ne pouvait se faire sans prendre en considération le cadre institutionnel dans lequel elles avaient été données, nous nous sommes penchée sur les travaux d’historiens tels que Jean-Pierre Bertin-Maghit, Fabrice Montebello, Jean-Antoine Gili ou encore Laurent Le Forestier consacrés à différents aspects de l’histoire de l’Institut2. Plusieurs interrogations subsistent cependant sur cette école ←221 | 222→créée sous l’Occupation (1943) : quel rôle le Centre artistique et technique des jeunes du cinéma (CATJC) a-t-il joué dans l’identité pédagogique, institutionnelle et idéologique de l’IDHEC ? Quelle était la nature des enseignements dispensés à l’IDHEC au moment de sa création ? S’agissait-il, à l’heure de la Révolution nationale...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.