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Le Nouveau Roman et les États-Unis

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Edited By Sophie Guermès

Ce volume rassemble les actes d’un colloque qui s’est tenu à l’université de Bretagne occidentale (Brest). La publication des lettres adressées par Nathalie Sarraute, lors de son premier séjour en Amérique du nord, à son mari Raymond, du 1er février au 14 mars 1964, a fourni l’occasion de s’interroger sur le succès que remportèrent outre-Atlantique des romanciers ayant pour point commun de se détourner des modes traditionnels de narration.

Les États-Unis ont en effet souvent reconnu avant la France les écrivains du « Nouveau Roman ». Ils y ont rapidement été traduits, on les y a invités, leur œuvre y a rayonné alors qu’elle restait marginale dans leur pays d’origine.

Des spécialistes de renommée internationale analysent les séjours que firent aux États-Unis dans les années 60 Michel Butor, Claude Simon, Alain Robbe-Grillet, Samuel Beckett, Claude Ollier, Marguerite Duras et Robert Pinget, ainsi que la diffusion et la traduction de leurs romans en Amérique du nord. Ils démontrent aussi la façon dont fonctionnaient les réseaux américains. La réactivité des universitaires, traducteurs, attachés d’ambassade, dans le domaine culturel, leur a permis d’être les premiers à détecter les avant-gardes.

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Nathalie Sarraute, du Royaume-Uni aux États-Unis (Valerie MinogueUniversity of Wales)

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Nathalie Sarraute, du Royaume-Uni aux États-Unis

Valerie MINOGUE

University of Wales

Il est assez étonnant que l’Angleterre soit absente de la longue liste des divers pays visités par Nathalie Sarraute, qui figure dans l’Introduction des Lettres d’Amérique1. Omission d’autant plus regrettable qu’elle y est allée maintes fois – à commencer par sa merveilleuse année à Oxford –, et que l’Angleterre a toujours eu une position privilégiée dans son cœur. Elle a visité non seulement Londres, tant de fois2, mais aussi Oxford, Canterbury, Manchester, Edimbourg et Swansea, et a même fait une tournée de conférences dans les Universités galloises.

J’ai rencontré Nathalie pour la première fois en 1964, en automne je crois, à l’Institut français de Londres. Étant alors maître de conférences à Queen Mary, University of London, je donnais des cours sur le Nouveau Roman, et c’était donc pour moi un plaisir tout spécial que de pouvoir aller écouter cet écrivain que j’admirais particulièrement. Elle donnait une conférence sur son œuvre et les idées exprimées dans L’Ère du Soupçon, suivie d’une période de questions et réponses. À un certain moment, un homme s’est levé dans l’auditoire. Manifestement choqué par ce qu’il avait cru entendre, il la pria de l’éclaircir : « Je crois, Madame, que j’ai ←173 | 174→mal entendu ; vous ne voulez vraiment pas dire que vos personnages ne sont rien que des “porteurs...

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