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L’enfant et la métaphore

Percée socio-culturelle dans les contours normatifs du cognitivisme

Frédéric Cerchia

Symbole de la pensée créatrice pour quelques-uns, sauvageonne illusionniste pour de nombreux autres, la métaphore a plutôt mauvaise presse dans l’histoire de la pensée occidentale qui s’en méfie autant qu’elle redoute la force déstructurante de l’imagination. Le langage quotidien est pourtant truffé de métaphores que l’usage ne laisse plus guère apparaître comme telles mais qui structurent notre expérience du monde.

Cet ouvrage a pour but d’étudier le développement de la compréhension de métaphores chez des enfants âgés de 4 à 10 ans. Après avoir mis à l’épreuve un modèle cognitiviste de compréhension, l’auteur adopte une perspective critique relevant de la psychologie socio-culturelle sur les mêmes conduites des enfants. Ce changement radical de posture permet de décrire comment les enfants mobilisent, à certaines fins communicationnelles, divers artefacts culturels – des personnages de dessins animés ou de BD, des normes sociales ou des expériences personnelles – issus de leur environnement social. Ils démontrent ainsi disposer de compétences socio-cognitives précoces, trop souvent occultées ou considérées pêle-mêle comme « élémentaires » dans les approches plus classiques.

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Avant-propos

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ENIGME, mystère, infraction subite et inopinée au code lexical, la métaphore a suscité la curiosité et la méfiance de la tradition philosophique occidentale dès l’Antiquité. Tantôt louée pour ses vertus thérapeutiques et son potentiel didactique quand elle éblouit pour mieux éclairer, tantôt vouée aux gémonies pour sa propension insidieuse à créer des images dans le seul but de tromper et de nuire ou, plus innocemment, d’embellir superficiellement le discours. Symbole de la pensée créatrice pour quelques-uns, sauvageonne illusionniste pour de nombreux autres, la métaphore a plutôt mauvaise presse dans l’histoire de la pensée occidentale qui s’en méfie autant qu’elle redoute la force destructurante de l’imagination mue par les passions.

Réservée à une élite pour Aristote qui y voyait le trait du génie, la métaphore s’avère en fait loin d’être la prérogative de quelques-uns. Au quotidien, notre langage ordinaire est truffé de métaphores que l’usage ne laisse plus guère apparaître comme tel. Alors, essentielle à l’invention intellectuelle, puissant outil heuristique ou simple trope figé, cosmétique certes, mais inutile voire trompeur ? Tel est le débat qui agite les textes consacrés à la métaphore.

Le XXe siècle marque un renouveau. Cette « acrobatie du sens » acquiert petit à petit ses lettres de noblesse, car, tout en induisant une certaine perplexité dans le discours, on lui reconnaît la vertu d’organiser...

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