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Nerval. Recherche de l’autre et conquête de soi

Contribution au suivi d’une genèse du "Voyage en Orient</I>

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Aki Taguchi

Le lecteur des huit cents pages du Voyage en Orient de Gérard de Nerval peut difficilement concevoir les étapes de la constitution de ce riche et long récit. Initialement publié dans divers périodiques entre 1840 et 1850, puis « reconstruit » en 1851, l’ouvrage comporte nombre de variantes. Dans les publications antérieures à 1850, Nerval n’a pas donné immédiatement à ses chroniques tout le sens de la version finale. La critique nervalienne a donc souvent pu souligner la nécessité d’une recherche approfondie sur ces variantes. Cette étude tente de combler cette lacune en proposant au lecteur de scruter pas à pas l’élaboration d’une des plus belles invitations au voyage qui soit. En mettant à jour les étapes de la transformation du Voyage en Orient de feuilletons en livre, des variantes des premiers jets aux recompositions ultérieures, l’auteur de cette étude décèle et déploie, sur les traces du voyageur, la naissance progressive de l’écrivain, tout en dégageant la logique interne qui a déterminé son texte définitif.

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* Voyage dans la bibliothèque

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140 Le détour par la bibliothèque – « La Messe de Vénus » et « Le Songe de Polyphile (L’Hypnérotomachie) » Les chapitres XII et XV offrent une description de Cythère. Ils enca- drent les chapitres XIII et XIV, qui évoquent l’Hypnérotomachie de Francesco Colonna. Les sources sont ici purement livresques. Rappelons que Nerval fait s’interroger le narrateur à Genève : « pour- quoi vous décrirais-je encore ce lac illustre [le Léman], que Victor Hugo vient de parcourir [a parcouru naguère : dans L’Artiste] vingt-cinq ans après Byron ? Pourquoi vous parlerais-je de Vevay [sic], de Clarens, de Chillon, – que d’ailleurs je n’ai point vus42 ? » Contrairement à cette variante, Nerval n’hésite pas à parler de Cythère pour laquelle il ne s’est jamais embarqué, qu’il n’a pas vue et qu’il a introduite dans le Voyage en Orient sous la forme d’une description de l’île mythologique qui est un topos littéraire et artistique tant elle a déjà été décrite. En règle générale, Nerval tente de préserver l’impression première de ces lieux célèbres : « Peut-être faut-il craindre, en voyage, de gâter par des lectures faites d’avance l’impression première des lieux célè- bres43 ». Dans cette citation d’Isis, c’est un véritable reporter qui parle, sur le site visité, même s’il étale son érudition dans le récit qui suit. Mais comment pourrait-on visiter des lieux célèbres en faisant table rase des descriptions alors que la...

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