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Nerval. Recherche de l’autre et conquête de soi

Contribution au suivi d’une genèse du "Voyage en Orient</I>

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Aki Taguchi

Le lecteur des huit cents pages du Voyage en Orient de Gérard de Nerval peut difficilement concevoir les étapes de la constitution de ce riche et long récit. Initialement publié dans divers périodiques entre 1840 et 1850, puis « reconstruit » en 1851, l’ouvrage comporte nombre de variantes. Dans les publications antérieures à 1850, Nerval n’a pas donné immédiatement à ses chroniques tout le sens de la version finale. La critique nervalienne a donc souvent pu souligner la nécessité d’une recherche approfondie sur ces variantes. Cette étude tente de combler cette lacune en proposant au lecteur de scruter pas à pas l’élaboration d’une des plus belles invitations au voyage qui soit. En mettant à jour les étapes de la transformation du Voyage en Orient de feuilletons en livre, des variantes des premiers jets aux recompositions ultérieures, l’auteur de cette étude décèle et déploie, sur les traces du voyageur, la naissance progressive de l’écrivain, tout en dégageant la logique interne qui a déterminé son texte définitif.

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* L’ailleurs et l’autre

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216 Il attend les noces, mais les fièvres lui interdisent de rester dans ce pays. Le seul moyen de se rétablir est de quitter le Liban, sans oser transplanter Salèma dans les pays du Nord où les terribles maladies emportent les trois quarts des femmes d’Orient. Après la traversée, le héros se trouve à Constantinople, où il pense aux souvenirs du passé, notamment ceux du consul de France au Caire. Druses et Maronites : un peu d’histoire Au Liban, Nerval n’a pas seulement observé les mœurs des populations montagnardes ; il s’est également intéressé de près à la situation politi- que et religieuse de ce pays. Il insiste d’abord sur le rôle décisif joué par les princes de la montagne, en particulier Fakardin au XVIIe siècle, et Béchir II jusqu’en 1840, dans la construction d’une identité libanaise. Leur principal mérite est d’avoir maintenu, entre des populations de confessions différentes, la concorde pendant plusieurs siècles. Il l’ex- plique par l’ambigüité que les émirs laissèrent volontairement planer sur leur appartenance religieuse. Fakardin (Fakr el-Din en arabe) est « le héros du Liban3 ». L’émir Béchir avait, nous dit Nerval la réputation d’être « chrétien par son baptême, Turc par sa vie et Druse par sa mort, ce dernier peuple ayant le droit immémorial d’ensevelir les souverains 3 « [C]’est aussi le premier souverain d’Asie qui ait daigné visiter nos climats du Nord. Il...

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