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Cinématismes- La littérature au prisme du cinéma

La littérature au prisme du cinéma

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Edited By Jacqueline Nacache and Jean-Loup Bourget

Dès sa naissance, parallèlement à son évolution technique, artistique et économique, le cinéma se construit, en tant que concept et instrument d’analyse, dans les discours qui accompagnent son développement. Il constitue un filtre qui permet de poser sur le monde un regard neuf et, dans le domaine des arts notamment, éclaire des formes parfois bien antérieures à son invention. Tel est le principe du cinématisme selon S. M. Eisenstein: « Il semble que tous les arts aient à travers les siècles tendu vers le cinéma. Inversement, le cinéma aide à comprendre leurs méthodes ».
Le présent ouvrage, issu d’un colloque tenu à l’Ecole normale supérieure et à l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) en décembre 2010, se donne pour objet l’étude des cinématismes entendus comme l’ensemble des moyens d’interprétation fournis par le 7e art. Centrée sur la littérature, cette réflexion interdisciplinaire envisage d’une part la notion de cinématographicité du texte littéraire et ses enjeux théoriques, d’autre part les discours au fil desquels le cinéma est devenu référent, comparaison ou norme. Elle examine enfin les œuvres dans lesquelles se repèrent, sur le plan de l’inspiration comme du style, les indices d’un cinéma réel ou rêvé.

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4. Auteurs contemporains au miroir du cinéma

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Ludovic Cortade Michel Leiris et Citizen Kane: la littérature et le cinéma en partage Né six années après la première projection en public du cinématographe par les frères Lumière, Michel Leiris appartient à une génération d’écri- vains qui a grandi avec le Septième Art. Parmi les nombreuses entrées de son Journal consacrées au cinéma, l’une d’elles en particulier témoigne de la découverte des films américains après la Libération dans une France jusqu’alors aux prises avec la censure. Le 30 novembre 1946, Leiris y consigne son intérêt pour «le mot rosebud sur lequel s’accroche tout le film Citizen Kane […]».1 Le commentaire de l’écrivain va à contre-cou- rant des débats cinéphiliques français de l’après-guerre en ce qu’il suscite non pas une discussion portant sur les qualités stylistiques du film, mais sur son rapport au langage. En dépit du caractère sibyllin de la remarque que Leiris consigne dans son Journal, le film de Welles trouve un écho chez Leiris car il repose sur une idée qui se situe au fondement de son œuvre: la quête de soi à travers l’unité retrouvée des mots, des sons et des images. 1 Journal (1922-1989). Paris: Gallimard, 1992, p. 436 (tous les titres mentionnés sont de Leiris, sauf indication contraire). Les occurrences du cinéma dans le Journal de Leiris précédant la mention...

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