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Les enfants de l’«Émile»?

L’effervescence éducative de la France au tournant des XVIIIe et XIXe siècles

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Marguerite Figeac-Monthus

Ce livre, en étudiant plus de 200 plans et traités d’éducation français des XVIIIe–XIXe siècles, montre toute l’importance de la pensée de Rousseau qui est utilisée ou rejetée afin de concevoir une société nouvelle et une réforme du système éducatif. Ces transformations ne pouvaient passer que par l’édification d’une éducation commune adaptée aux nouveaux enjeux issus de la Révolution et indispensables pour transformer et moderniser la société. En énonçant un certain nombre de principes et de valeurs, en se positionnant pour une réorganisation éducative, les auteurs de ces projets contribuent à édifier, dès le XVIIIe siècle, les premiers fondements de l’école républicaine. Un certain nombre de questions posées, sur l'enfance et la jeunesse, sur l'utilisation des sens, sur la formation des maîtres, sur l'université, sur le rôle de l'Eglise et la place de la laïcité, sont très contemporaines et se trouvent mises en valeur par de très belles citations à découvrir ou redécouvrir.
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Chapitre 7: Éducation Et Condition Sociale

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CHAPITRE 7

ÉDUCATION ET CONDITION SOCIALE

Tout le monde envoie ses enfants au Collège et tout le monde ne devrait pas les y envoyer; tous les pères veulent et voudront encore plus par la suite donner à leurs enfants des états brillants et des états brillants ne sont pas dans le lot de tout le monde. (Verlac, 1789, p. 7)

Cette citation de Bertrand Verlac, professeur de langue anglaise à l’école royale de la marine établie à Vannes et commis au bureau des colonies au ministère de la marine, soulève en 1789 plusieurs questions: la place du collège, la meilleure voie pour faire des études et, indirectement, l’opposition entre l’enseignement public et privé. La constitution d’une élite intellectuelle que l’on trouve dans les écrits de la période pré-révolutionnaire et révolutionnaire sous l’expression «des talents», pose inévitablement la question de son origine sociale et de sa place dans la société pré et post-révolutionnaire. L’Éducation dépend inévitablement, même si la notion d’égalité est défendue par les auteurs des Lumières, de la condition sociale de chacun. Il est évident que la culture du peuple n’est pas celle de l’élite et ce clivage apparaît très nettement dans les projets de plan, certains concepteurs cherchant à élever le savoir du peuple, d’autres préconisant un savoir réservé soit aux talents sans distinction d’origine, soit aux plus fortunés.

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