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Savoirs et métiers de l’Etat au XIXe siècle

France et Etats germaniques

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Brigitte Krulic

L’ouvrage aborde dans une optique comparatiste (France, Allemagne) les modalités de formation, de recrutement et d’évolution de carrière des serviteurs de l’Etat au XIX e siècle, dans un contexte marqué par la construction d’un Etat moderne soucieux d’une gestion efficace. A la différence de la Prusse, cas emblématique et précoce d’Etat autoritaire-bureaucratique, l’organisation d’une fonction publique régulière en France a en large partie résulté de nécessités pratiques et non d’une doctrine positive. Toutefois, les qualifications nécessaires pour que les administrateurs soient reconnus compétents et légitimes ont fait l’objet de vifs débats, traversés par des phénomènes de circulations d’idées et de modèles.
Les pratiques nées des nécessités du service de l’Etat ont permis des assouplissements et adaptations qui tempèrent les contrastes offerts par les représentations idéal-typiques du bureaucrate allemand et de son homologue français, contrastes qui renvoient à des traditions différentes en matière de relations entre pouvoir politique et administration. Au-delà de la diversité des situations, c’est la question du lien entre le pouvoir administratif et la poursuite de l’intérêt général qui demeure tout à la fois sous-jacente et active.
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Brigitte KRULIC: Servir l’Etat: usages, pratiques et enjeux

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Servir l’Etat: usages, pratiques et enjeux

Brigitte KRULIC Université Paris Ouest Nanterre La Défense, CRPM (EA 4418)

Dès le premier tiers du XIXe siècle, écrivains et dessinateurs1 se saisissent d’un type promis à un large et durable succès: l’«employé», terme générique qui désigne le peuple hétérogène des «bureaux»: commis, surnuméraires, expéditionnaires, chefs et sous-chefs2. De la vie quotidienne de ces grands et petits serviteurs de l’Etat, ils ont une expérience d’autant plus concrète qu’ils sont nombreux à conjuguer un emploi de bureau à la pratique de l’écriture ou des beaux-arts. La «révolution de papier3» qui accompagne la différenciation, spécialisation et multiplication des fonctions administratives exercées par les bureaux inspire une mise en scène volontiers satirique de la routine, du formalisme, de l’art du délai, de l’«irresponsabilité» jointe à l’esprit d’intrigue, au népotisme, voire à la corruption. Les bureaux sont réputés exercer, de par leur force d’inertie même, une toute puissance qui s’affirme d’abord sur le mode négatif de la capacité à paralyser l’action. La «burocratie», terme lancé dans le Traité de la police et des municipalités de Jacques Peuchet (juillet 1789), désigne la multiplication des attributions des ← 1 | 2 → bureaux, l’impossibilité d’appeler de leur action devant un juge, leur propension à confisquer le pouvoir de l’Etat («le citoyen n’est rien, le commis gouverne4»): le Dictionnaire de l’Académie entérine...

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