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Savoirs et métiers de l’Etat au XIXe siècle

France et Etats germaniques

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Edited By Brigitte Krulic

L’ouvrage aborde dans une optique comparatiste (France, Allemagne) les modalités de formation, de recrutement et d’évolution de carrière des serviteurs de l’Etat au XIX e siècle, dans un contexte marqué par la construction d’un Etat moderne soucieux d’une gestion efficace. A la différence de la Prusse, cas emblématique et précoce d’Etat autoritaire-bureaucratique, l’organisation d’une fonction publique régulière en France a en large partie résulté de nécessités pratiques et non d’une doctrine positive. Toutefois, les qualifications nécessaires pour que les administrateurs soient reconnus compétents et légitimes ont fait l’objet de vifs débats, traversés par des phénomènes de circulations d’idées et de modèles.
Les pratiques nées des nécessités du service de l’Etat ont permis des assouplissements et adaptations qui tempèrent les contrastes offerts par les représentations idéal-typiques du bureaucrate allemand et de son homologue français, contrastes qui renvoient à des traditions différentes en matière de relations entre pouvoir politique et administration. Au-delà de la diversité des situations, c’est la question du lien entre le pouvoir administratif et la poursuite de l’intérêt général qui demeure tout à la fois sous-jacente et active.
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Jean-Philippe DUMAS: «Une administration à l’état d’appropriation continuelle aux besoins sociaux»: le ministère du Commerce et de l’Industrie à la fin du XIXe siècle

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«Une administration à l’état d’appropriation continuelle aux besoins sociaux»: le ministère du Commerce et de l’Industrie à la fin du XIXe siècle

Jean-Philippe DUMAS Ecole Pratique des Hautes Etudes, HISTARA (EA 4115)

Au début de la IIIe République, le Commerce est l’un des plus petits ministères par le nombre d’employés273. Son administration centrale comprend seulement une centaine de fonctionnaires, auxquels s’ajoutent un millier d’agents environ travaillant dans ses services extérieurs (école centrale, conservatoire des arts et métiers, poids et mesures, etc.).

L’importance du ministère du Commerce, séparé en 1881 de l’Agriculture, n’est pas proportionnelle à ses effectifs, mais aux responsabilités dont il est chargé. Les nombreuses missions nouvelles qui lui sont confiées montrent que les députés comptent sur son action pour renforcer une société déstabilisée par l’industrialisation. Comme l’état de santé dégradé des conscrits a été reconnu comme l’une des causes de la défaite de 1870, le Commerce doit organiser une police du travail efficace274. Il doit aussi encourager le grand commerce d’exportation, pour permettre à la France de conserver sa place de deuxième exportateur mondial, devant l’Allemagne. Il doit enfin faire participer les «couches nouvelles», catégorie bientôt étendue à l’élite ouvrière, aux institutions républicaines, responsabilité politique essentielle à la pérennité du régime.

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