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La mise en récit dans les discours spécialisés

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Edited By Catherine Resche

Si l’on a coutume d’associer récit et littérature, il est sans doute moins courant d’envisager les liens entre récit et discours spécialisés, à l’exception, peut-être, du discours de vulgarisation. Pourtant, les scientifiques, théoriciens, professionnels, et autres acteurs des milieux spécialisés s’apparentent, eux aussi, à l’homo narrans, et ont bien recours à la mise en récit pour partager le fruit de leur recherche, mobiliser autour de valeurs communes, renforcer la culture du milieu ou d’un groupe, justifier leurs choix, expliquer leurs idées ou convaincre.
Les treize co-auteurs de cet ouvrage se sont intéressés à des domaines de spécialité aussi variés que la marine, le journalisme, l’entreprise, l’environnement, les sciences ou le droit pour analyser la place et la fonction de ces moments narratifs mis en scène par les spécialistes et pour déterminer en quoi cet angle d’approche des discours spécialisés peut nous aider à mieux comprendre les milieux qui les produisent.
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Catherine Resche

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Avant-propos

Avant toute chose, il convient de rappeler que les discours spécialisés ne naissent pas ex nihilo : ils sont produits par des communautés disciplinaires ou professionnelles qui sont elles-mêmes contraintes par des règles, normes et conventions, par leur histoire, leur culture et les défis qu’elles doivent relever. Le chercheur linguiste doit donc replacer les discours qu’il analyse dans leur contexte situationnel, institutionnel, historique, culturel et social pour mieux en comprendre les buts et ressorts. Les discours spécialisés ont déjà fait l’objet d’approches diverses, que ce soit sur l’axe synchronique ou dans une perspective diachronique : analyse de corpus, étude des termes in situ, de la phraséologie, de la néologie, essais de caractérisation de ce qui constitue le « spécialisé » du discours, approche syntaxique, analyse stylistique, étude des genres discursifs, des procédés de « hedging », du recours aux métaphores, etc.

Il est toutefois un aspect des discours spécialisés qui n’a pas encore suscité tout l’intérêt qu’il mérite,1 à savoir la mise en récit. Si, comme le souligne Roland Barthes (1966 : 1), le récit est omniprésent, et universel, s’« il n’y a pas, [s’]il n’y a jamais eu nulle part aucun peuple sans récit », et s’il est vrai que « toutes les classes, tous les groupes humains ont leurs récits », il est tout aussi important de noter que le récit « se moque...

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