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Récit national et imaginaires identitaires au double prisme du « bilinguisme » et de la « migration »

Une autre lecture des dynamiques de cohabitation dans deux petites communes suisses

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Josianne Veillette

Renversant les perspectives d’analyses habituelles sur le bilinguisme et la migration, souvent dissociées, l’auteure de cet ouvrage propose une lecture des rapports entre groupes germanophones et francophones, en l’articulant avec « l’intégration des étrangers », notamment par la langue, dans deux collectivités. Pour mener à bien son enquête qualitative, elle étudie les modes de cohabitation dans des communes, ni rurales, ni urbaines, mais rurbaines, postulant que leur petite taille engendre des contacts plus fréquents entre les « locaux » mais rendent également les « étrangers » plus visibles, même ceux installés depuis longtemps. Elle compare ces processus dans deux communes « bilingues » du Canton de Fribourg où le rapport minorité / majorité est inversé. Elle tente de voir si ces contacts entre groupes linguistiques majoritaires et minoritaires engendrent des dynamiques relationnelles particulières et si les représentations mutuelles sur l’autre groupe national et sa langue ont un impact – et lequel – sur le rapport non seulement à « l’autre étranger du dedans » mais aussi sur les processus d’insertion sociolangagiers de « l’autre étranger du dehors ». C’est à travers ce double prisme que l’auteure a pu appréhender l’articulation entre récit national et langues, participant à la cohésion sociale et politique, identifier les imaginaires identitaires en circulation, alimentant des tensions entre « autochtones », entre « autochtones » et « étrangers », ces derniers dont les langues sont enfouies, voire absentes, dans ce plurilinguisme officiel.
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Chapitre 12: Identification des références identitaires et des dynamiques relationnelles des acteurs germanophones de la Commune G

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Chapitre 12

Identification des références identitaires et des dynamiques relationnelles des acteurs germanophones de la Commune G

12.1  Des Suisses aux appartenances diverses unis par la démocratie et le système confédéral

Les germanophones de la Commune G font des comparaisons entre différents groupes afin d’assurer la cohésion et l’unité des Suisses. Il est possible d’y voir une forme de rejet de « l’étranger du dehors », incarné par « la France », rejet qui se situe sur le plan politique : le système politique incarne ici une institution qui rassemble les Suisses puisqu’elle cimente les appartenances diverses à une même communauté politique permettant ainsi, par extension, de maintenir les liens entre les « communautés linguistiques » (catégorie qui laisse tout de même entrevoir des différences entre ces groupes qui sont malgré tout réunis sous un même régime politique). Le système politique suisse vient par ailleurs appuyer l’idée d’une tolérance suisse face à la diversité, idée sous-entendue par cette cohabitation entre différents groupes. On peut aussi parler d’une forme de rejet de « l’étranger du dedans », symbolisé ici par « les musulmans » et plus particulièrement « les hommes musulmans ». L’image proposée de ce groupe homogène suggère implicitement que ce groupe est globalement violent envers les femmes, ce qui permet de jeter un discrédit sur ce que l’on estime être la conception du monde « des musulmans » (soit la violence...

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