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Paroles de témoins, paroles d’élèves

La mémoire et l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, de l’espace public au monde scolaire

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Nadine Fink

À la fin des années 1990, le rôle de la Suisse durant la Seconde Guerre mondiale fait l’objet de vives polémiques au cours desquelles se confrontent la mémoire portée par les acteurs du passé et l’histoire en tant qu’interprétation de ce passé. Les tensions et les controverses, largement relayées dans la société, n’épargnent pas le monde scolaire. Ainsi, jusqu’en 2008, plus de vingt mille élèves de Suisse visitent l’exposition L’Histoire c’est moi qui médiatise les témoignages audiovisuels de personnes racontant leurs souvenirs de l’époque de la guerre. En suivant la manière dont cette exposition a été vécue par le jeune public, ce livre étudie l’expression et la réception de la parole du témoin dans le champ scientifique, dans l’espace public et dans le monde scolaire. Il interroge à la fois la construction de la mémoire collective de la Seconde Guerre mondiale en Suisse et la contribution des témoignages oraux à la formation intellectuelle des élèves. Il montre comment se tisse le lien intergénérationnel entre témoins et élèves autour d’une représentation partagée du passé, souvent lisse et consensuelle, plus rarement critique et nuancée.
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Conclusion

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Cet ouvrage a traité de la dialectique mémoire et histoire à propos d’une question controversée à la fin des années 1990 – le rôle de la Suisse durant la Seconde Guerre mondiale – et a étudié la contribution du témoignage oral au développement de la pensée historienne scolaire.

En présentant l’entreprise mémorielle de l’association Archimob, il s’est agi d’analyser quelques enjeux majeurs de l’articulation entre la mémoire et l’histoire dans les espaces publics et scientifiques. La manière dont l’historien et le témoin évoquent chacun le passé éclaire les différences et les complémentarités, les forces et les limites, des discours historiques, scientifiques et mémoriels. Ensemble, l’un et l’autre contribuent, non pas à établir une vérité historique, mais à fournir des données permettant d’approcher et de mieux comprendre des réalités passées. Dans l’espace public, toutefois, l’expérience dont le témoin est porteur tend à primer sur les connaissances transmises par l’historien. Face à l’imposition d’un «devoir de mémoire», un des enjeux actuels de la discipline scientifique est de proposer un travail d’histoire. Qu’en est-il dans le monde scolaire?

Les finalités de l’enseignement de l’histoire accordent une place centrale au développement de la pensée historienne des élèves, c’est-à-dire à la construction d’un rapport spécifique au passé à travers une méthode, un langage et une attitude (Martineau, 1999). Dans la mesure où l’attitude joue un rôle central dans la...

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