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De l’idéologie monolingue à la doxa plurilingue : regards pluridisciplinaires

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Edited By Hervé Adami and Virginie André

Le plurilinguisme est l’objet de toutes les attentions scientifiques en sociolinguistique et en didactique des langues etrangères. Il est également l’objectif affiché des politiques éducatives d’un grand nombre d’Etats européens qui suivent en cela les préconisations du Conseil de l’Europe. Le vent ayant tourné en faveur de la « pluralité », sous toutes ses formes, le plurilinguisme est devenu une notion à la mode puisqu’il s’inscrit dans le sacro-saint « respect de la diversité » qui constitue le socle idéologique de la bien-pensance d’aujourd’hui. Dans cette communion collective autour des bienfaits et des avantages du plurilinguisme, on a oublié qu’il devait constituer un objet d’étude plutôt qu’un objet de culte.
Cet ouvrage n’est pas une contribution de plus sur le plurilinguisme mais une analyse à la fois des discours scientifiques portés sur le plurilinguisme et des politiques linguistiques et éducatives menées au nom de la pluralité des langues. C’est un ouvrage qui entend bousculer la nouvelle doxa plurilingue et enrayer le cycle de reproduction sans fin des discours convenus sur le plurilinguisme.
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Qui sommes-nous ? Pourquoi devrions-nous nous en préoccuper ?

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En janvier 2006, Evo Morales a été investi deux fois comme nouveau président de la Bolivie. La première fois, c’était à La Paz, la capitale, où, vêtu d’un costume sombre (mais sans cravate, conformément à son image populiste), il a prêté serment devant des centaines de boliviens et des représentants de beaucoup d’autres gouvernements. L’autre fois – c’était en fait la veille – cela s’est passé à 65 kilomètres de La Paz, à Tiwanaku, parmi les ruines de la plus importante cité précolombienne de Bolivie. Cette fois il était pieds nus et habillé de la robe rouge portée par les prêtres pré-incas du Soleil. A La Paz, il a prêté serment en espagnol ; dans les ruines du temple de Tiwanaku, selon le Daily Telegraph, il a été « investi des pouvoirs sacrés par deux chamanes qui utilisaient la langue indigène Aymara »1. Lors de ces deux occasions, cependant, il a juré de résister à la globalisation et au néolibéralisme.

Quels ont été les succès de Morales dans son opposition à la globalisation, je ne saurais le dire. Ce qui m’intéresse ici ce sont les deux différents corps électoraux que représentent ces deux investitures et ← 143 | 144 → les deux conceptions de la résistance qu’elles supposent. Le parti que Morales dirige est le MAS, ce qui signifie « Movimiento Al Socialismo », c’est-à-dire « Mouvement Vers le Socialisme ». Morales est aussi le premier dirigeant indig...

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