Show Less

Exterritorialité, Énonciation, Discours

Approche interdisciplinaire

Edited By Héliane Kohler and Juan Manuel López Muñoz

Concept forgé par le philosophe et sociologue Georg Simmel, l’ exterritorialité désigne le contexte de l’ étranger – celui qui est dans une situation décalée, « entre-deux », sur le seuil, renvoyé à une altérité. Ayant trait à la mobilité et au changement, l’ exterritorialité est d’ordre spatial, linguistique, culturel, identitaire… Traiter une telle question, c’est aussi prendre en compte l’ énonciation et le discours.
Souhaitant engager un dialogue interdisciplinaire, cet ouvrage s’intéresse à différents genres de discours (littéraire, médiatique, testimonial, socioculturel, publicitaire…) analysés à la lumière des nouveaux paradigmes épistémologiques et paramètres socio-économico-culturels. Tout en cherchant à relever les différentes figures de l’ exterritorialité, ce travail collectif vise à réfléchir sur la question et à cerner ses fonctions. Quels sont les comportements énonciatifs et discursifs des locuteurs en contexte exterritorial et en situation interculturelle ? Comment les écrivains « venus d’ailleurs » traitent le problème de l’identité et perçoivent leur altérité ? Comment est abordé le contexte exterritorial par le discours télévisuel ? Il s’agit de quelques-unes des questions présentées lors du colloque qui s’est tenu à l’Université de Cadix en 2008, réunissant des chercheurs d’Espagne, France et Canada, provenant de différents champs disciplinaires (analyse du discours, communication, littérature comparée, langues et littératures étrangères…).

Prices

Show Summary Details
Restricted access

Lourdes RUBIALES (Université de Cadix) Exterritorialité et discours de légitimation littéraire. Le cas de la littérature «africaine» 117

Extract

Exterritorialité et discours de légitimation littéraire Le cas de la littérature «africaine» en français Lourdes RUBIALES Université de Cadix Introduction Lorsqu’on considère les grands auteurs qui font partie des dits «clas- siques universaux» – expression tautologique, puisque le classicisme semble être la première condition à l’universalité littéraire –, on se situe d’emblée au centre, ou si l’on veut, au sommet d’un système mondial dont Pascale Casanova a montré le fonctionnement dans son livre La République mondiale des lettres (1999)1. Ce qui sous-tend idéologique- ment ce système, c’est tout d’abord la croyance – irrationnelle comme toute croyance – dans l’égalité entre les langues et à l’accès démocra- tique à la vie littéraire pour qui y veut accéder. Autrement dit, on est porté à croire que tous les écrivains, «à égalité de talent» et en dépit de la langue dans laquelle ils écrivent, de leur origine nationale ou de leur position sociale, ont les mêmes chances de devenir des «classiques universaux». Or cette croyance agit comme un écran qui empêche de percevoir distinctement la structure réelle du système, une structure forte- ment hiérarchisée au sein de laquelle se placent les littératures domi- nantes, celles qui imposent la définition de l’universel, et les littératures dominées, celles qui doivent accepter la définition des premières. La pratique d’envisager l’étude de la littérature à travers ses mani- festations particulières, c’est-à-dire nationales,...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.