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S’investir dans son travail : les enjeux de l’activité enseignante

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Bernard André

L’activité de l’enseignant mobilise de manière importante sa personne, son histoire, ses affects. La notion d’investissement subjectif permet de rendre compte de ces aspects, en se focalisant sur les interactions de la subjectivité de l’enseignant avec son environnement de travail et ses activités. Cet ouvrage se fonde sur une étude clinique de seize entretiens d’auto confrontation, lors desquels les enseignants ont commenté les traces de leur activité préalablement enregistrée sous forme vidéo.
Comprendre ce qui est au cœur de cet investissement subjectif est un enjeu important, spécialement dans une période d’intensification et de complexification du métier d’enseignant. Cet ouvrage est destiné à un public pluriel : l’enseignant qui souhaite mettre des mots sur son activité ; le formateur d’enseignants qui cherche à rejoindre les préoccupations de ceux qu’il forme ; les acteurs ayant une fonction de soutien ou d’encadrement dans les écoles ; et finalement le sociologue intéressé par les enjeux du travail.

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Épreuve subjective 72

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72 S’investir dans son travail : les enjeux de l’activité enseignante Au fond, l’essentiel ne se joue pas dans l’alternative répéter ou se renouve- ler. Ce qui fait la différence entre une option «casse-pieds» et celle qui convient bien, c’est la possibilité de manifester une œuvre qui non seule- ment a coûté («c’est des semaines de boulot avec une collègue»), mais de plus a de l’allure («elles sont ludiques, elles sont attrayantes, elles sont sympas»). C’est une œuvre, un bel ouvrage, qui permet d’obtenir une reconnaissance importante d’une part des élèves («tous ces panneaux qu’ils adorent, parce qu’ils adorent»), mais aussi une auto-reconnaissance, marqué par la répétition «ça me convient bien» qui encadre le premier extrait de la colonne de droite du tableau. Mais voilà que cet agence- ment, qui remplit efficacement son but, est contrecarré par l’irruption de nouveaux moyens d’enseignement, initiée par le Département. Cet évé- nement vient amputer Chloé de ses possibilités de reconnaissance, et devient même une marque de défiance dans sa capacité de créer, d’in- venter, de mettre du sien dans son activité d’enseignante: «à croire que l’on n’est pas capable d’inventer quelque chose chez nous». Le vécu sub- jectif est celui d’un désaveu de l’investissement dans l’activité, une désappropriation du travail, et donc un manque de reconnaissance. En d’autres mots, ce qui «casse les pieds», c’est une dépossession de pro- ductions matérielles indispensables à l’exercice de son...

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