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S’investir dans son travail : les enjeux de l’activité enseignante

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Bernard André

L’activité de l’enseignant mobilise de manière importante sa personne, son histoire, ses affects. La notion d’investissement subjectif permet de rendre compte de ces aspects, en se focalisant sur les interactions de la subjectivité de l’enseignant avec son environnement de travail et ses activités. Cet ouvrage se fonde sur une étude clinique de seize entretiens d’auto confrontation, lors desquels les enseignants ont commenté les traces de leur activité préalablement enregistrée sous forme vidéo.
Comprendre ce qui est au cœur de cet investissement subjectif est un enjeu important, spécialement dans une période d’intensification et de complexification du métier d’enseignant. Cet ouvrage est destiné à un public pluriel : l’enseignant qui souhaite mettre des mots sur son activité ; le formateur d’enseignants qui cherche à rejoindre les préoccupations de ceux qu’il forme ; les acteurs ayant une fonction de soutien ou d’encadrement dans les écoles ; et finalement le sociologue intéressé par les enjeux du travail.

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CHAPITRE 6: L’AGENTIVITÉ 95

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95L’agentivité CHAPITRE 6 L’AGENTIVITÉ AGENTIVITÉ ET POUVOIR D’AGIR Être mis en demeure d’agir sans s’en reconnaître la capacité fait naître un sentiment d’impuissance, impliquant une impasse douloureuse et une mobilisation subjective qui peuvent se révéler importantes. C’est ainsi que, concernant le non-respect de certaines règles par ses élèves, Emma déclare: Ça met un climat assez délicat parce que je ne peux pas; si je punis, ça ne va pas, mais si je ne punis pas, ça ne va pas non plus. Donc ça, c’est des situations qui me coincent. (E1) Cette impuissance ici n’est pas la conséquence d’une fatalité générale, mais elle est relative à une situation bien particulière. Il y a les «situa- tions qui me coincent», déclare Emma, ce qui sous-entend que d’autres ne remettent pas en compte sa «puissance», c’est-à-dire sa capacité à agir. L’incapacité à agir peut aussi être incapacité à comprendre, com- prendre entendu comme action mentale. C’est ce qu’expérimente Tho- mas face à certains de ses élèves: Mario, c’est celui qui ne comprend rien dans la classe. Je n’arrive pas, je ne com- prends pas comment l’aborder. Au niveau relation, ça joue, il est tout à fait poli, tranquille, et tout, il est rigolo, il est sympa, tout ce qu’on veut. Simplement qu’au niveau des maths, il ne pige rien. Et c’est horrible. (E4) «Ça me coince; c’est horrible»: deux énoncés qui témoignent non seule- ment de l’inconfort de Thomas, mais aussi...

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