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S’investir dans son travail : les enjeux de l’activité enseignante

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Bernard André

L’activité de l’enseignant mobilise de manière importante sa personne, son histoire, ses affects. La notion d’investissement subjectif permet de rendre compte de ces aspects, en se focalisant sur les interactions de la subjectivité de l’enseignant avec son environnement de travail et ses activités. Cet ouvrage se fonde sur une étude clinique de seize entretiens d’auto confrontation, lors desquels les enseignants ont commenté les traces de leur activité préalablement enregistrée sous forme vidéo.
Comprendre ce qui est au cœur de cet investissement subjectif est un enjeu important, spécialement dans une période d’intensification et de complexification du métier d’enseignant. Cet ouvrage est destiné à un public pluriel : l’enseignant qui souhaite mettre des mots sur son activité ; le formateur d’enseignants qui cherche à rejoindre les préoccupations de ceux qu’il forme ; les acteurs ayant une fonction de soutien ou d’encadrement dans les écoles ; et finalement le sociologue intéressé par les enjeux du travail.

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Entre impuissance et toute-puissance 116

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116 S’investir dans son travail : les enjeux de l’activité enseignante c’est la vie») est davantage une distance personnelle, genre «je n’y peux rien» qu’une marque d’espoir face à l’avenir de ces jeunes. Il est donc difficile d’éprouver, dans l’énonciation de Noah, la place tant cognitive qu’émotionnelle qu’occupe son constat: «Ce n’est pas possible.» Mais il exprime, à un degré ou à un autre, comment il se trouve happé dans le bricolage institutionnel mis en place. Ce bricolage lui réclame un inves- tissement important pour vivre la situation et côtoyer ses élèves avec leurs difficultés présentes et prévisibles. Sa situation s’apparente à celles où le bricolage proposé par l’institution s’accompagne d’un vague mot d’ordre du style «Faites au mieux!», obligeant l’enseignant à trouver une issue devant le défi impossible. C’est ce qu’un certain nombre d’au- teurs ont appelé «subjectivation normative du travail» (Baethge, 1991; Moldaschl & Voss, 2001), subjectivation caractérisée simultanément par une absence de normes réelles («Faites au mieux!»), et d’une attente – très réelle elle aussi – de résultats tangibles. L’enseignant doit alors prendre sur lui la tension due au divorce entre la prescription, qui prend la forme ici de décisions d’enclassement, et les conditions concrètes de son enseignement (Coninck de, 2005). C’est une bonne illustration d’une délégation de responsabilités et d’autonomie sans pour autant fournir les moyens d’assumer celles-ci (Lallement, 2007a). Les expressions: «c’est difficile»; «ça me fâche»; «ça me turlupine» montrent non...

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