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Documents diplomatiques français

1949 – Tome I (1er janvier – 30 juin)

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Edited By Ministère des Affaires étrangères

Une grande affaire du premier semestre 1949 est le Pacte atlantique. Parallèlement la mise sur pied de l’Allemagne occidentale bat son plein, autour de la question de la « Loi fondamentale » de la future RFA. Les deux dossiers sont étroitement liés ; la France doit définitivement revoir sa politique allemande, mais on admet désormais que la priorité, c’est la résistance face à l’URSS  ; il faut empêcher celle-ci d’utiliser l’Allemagne. Le but n’est plus de morceler l’Allemagne, mais de l’incorporer dans un système de sécurité occidental.
Autre grand souci : l’Indochine. On suit les négociations complexes avec l’empereur Bao Dai. On parvient cependant aux accords du 8 mars 1949. Paris se montre très restrictif et frileux. Mais on s’inquiète des répercussions en Indochine de la défaite de Tchang Kai Tchek face aux communistes chinois. Cependant les États-Unis commencent, en raison de cette inquiétude, à mieux comprendre la position française à l’égard du problème indochinois. Décidément la politique extérieure française entre dans une nouvelle phase.
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8. M. Rivière, Ambassadeur de France à La Haye, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères

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M. RIVIÈRE, AMBASSADEUR DE FRANCE À LA HAYE,

       À M. SCHUMAN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1.

D. n° 7.

La Haye, 5 janvier 1949.

Sans m’attacher aux détails de la crise indonésienne, je voudrais me borner à formuler ici certaines réflexions intéressant notamment l’aspect hollandais du problème.

Avant la dernière guerre, les Indes néerlandaises n’étaient pas une colonie, mais la « colonie », l’essentielle. L’existence nationale des Pays-Bas était intimement mêlée à celle de cet archipel, dont ils tiraient des profits considérables. On estime que les investissements aux Indes néerlandaises représentent environ cinq milliards de florins, soit cinq cent milliards de francs d’aujourd’hui. La part hollandaise, dans les entreprises de toute nature à Java, Sumatra, Bornéo et les autres territoires, est d’environ 75 %. Il n’est guère d’édifice, dans les grandes villes de Hollande, dont l’histoire ne soit liée, à quelque titre, à celle des relations entre la Hollande et les Indes néerlandaises. Amsterdam était avant la guerre le grand entrepôt des produits coloniaux des Indes. Le spectacle de la rue illustre d’ailleurs d’une façon physique les rapports étroits qu’entretiennent une population de soixante-dix millions d’habitants et les nombreux Hollandais qui l’ont administrée et qui, au cours des siècles, ont exercé leurs activités dans cette région du Pacifique. Non seulement d’assez nombreux Indonésiens vivent en Hollande, intégrés à la communauté néerlandaise,...

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