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Documents diplomatiques français

1949 – Tome I (1er janvier – 30 juin)

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Edited By Ministère des Affaires étrangères

Une grande affaire du premier semestre 1949 est le Pacte atlantique. Parallèlement la mise sur pied de l’Allemagne occidentale bat son plein, autour de la question de la « Loi fondamentale » de la future RFA. Les deux dossiers sont étroitement liés ; la France doit définitivement revoir sa politique allemande, mais on admet désormais que la priorité, c’est la résistance face à l’URSS  ; il faut empêcher celle-ci d’utiliser l’Allemagne. Le but n’est plus de morceler l’Allemagne, mais de l’incorporer dans un système de sécurité occidental.
Autre grand souci : l’Indochine. On suit les négociations complexes avec l’empereur Bao Dai. On parvient cependant aux accords du 8 mars 1949. Paris se montre très restrictif et frileux. Mais on s’inquiète des répercussions en Indochine de la défaite de Tchang Kai Tchek face aux communistes chinois. Cependant les États-Unis commencent, en raison de cette inquiétude, à mieux comprendre la position française à l’égard du problème indochinois. Décidément la politique extérieure française entre dans une nouvelle phase.
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103. M. d’Ormesson, Ambassadeur de France près le Saint-Siège, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères

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M. D’ORMESSON, AMBASSADEUR DE FRANCE PRÈS LE SAINT-SIÈGE,

       À M. SCHUMAN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1.

D. n° 72.

Rome (Saint-Siège), 14 février 1949.

Voilà près de cinq mois que je suis revenu à Rome. Ce retour, après huit années, m’a permis d’établir bien des comparaisons entre la situation dans laquelle j’avais laissé le Saint-Siège et celle qui existe aujourd’hui. Ces différences étant liées à l’état général du monde, peut-être n’est-il pas inutile de les noter.

*

À la fin d’octobre 1940, lorsque j’ai quitté la Cité du Vatican où j’étais enfermé depuis le 12 juin 1940 – (surlendemain du jour où Mussolini déclara la guerre à la France et à la Grande-Bretagne) – le Saint-Siège se trouvait dans une position extraordinairement difficile. Les puissances de l’Axe avaient atteint leur zénith. Certes, l’Italie n’y était pour rien. Ses troupes n’avaient même pas réussi à prendre Menton. Les Anglais leur avaient déjà infligé des revers en Afrique. Mais les Italiens escomptaient les profits que les succès de leurs alliés leur vaudraient. L’outrecuidance fasciste, le ton de la presse étaient, à proprement parler, insupportables. Il est vrai que l’invasion des îles britanniques ne s’était pas effectuée au cours de l’été 1940 comme les cercles politiques italiens s’y attendaient. La guerre se prolongeait au-delà des prévisions. Je me souviens de l’effet de douche glac...

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