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Documents diplomatiques français

1949 – Tome I (1er janvier – 30 juin)

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Edited By Ministère des Affaires étrangères

Une grande affaire du premier semestre 1949 est le Pacte atlantique. Parallèlement la mise sur pied de l’Allemagne occidentale bat son plein, autour de la question de la « Loi fondamentale » de la future RFA. Les deux dossiers sont étroitement liés ; la France doit définitivement revoir sa politique allemande, mais on admet désormais que la priorité, c’est la résistance face à l’URSS  ; il faut empêcher celle-ci d’utiliser l’Allemagne. Le but n’est plus de morceler l’Allemagne, mais de l’incorporer dans un système de sécurité occidental.
Autre grand souci : l’Indochine. On suit les négociations complexes avec l’empereur Bao Dai. On parvient cependant aux accords du 8 mars 1949. Paris se montre très restrictif et frileux. Mais on s’inquiète des répercussions en Indochine de la défaite de Tchang Kai Tchek face aux communistes chinois. Cependant les États-Unis commencent, en raison de cette inquiétude, à mieux comprendre la position française à l’égard du problème indochinois. Décidément la politique extérieure française entre dans une nouvelle phase.
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303. M. Meyrier, Ambassadeur de France à Nankin, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères

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M. MEYRIER, AMBASSADEUR DE FRANCE À NANKIN,

       À M. SCHUMAN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES.

T. nos 547-551.

Nankin, 18 mai 1949, 10 h.

Extrême urgent.

(Reçu : le 18, 18 h. 30)

Le télégramme n° 341 de notre Haut-Commissaire en Indochine1 me paraît appeler les observations suivantes :

1) Le statut de la convention Franco-chinoise relative à l’Indochine forme un tout. Si certaines des dispositions de l’accord de Tchoung-King du 28 février 19462 peuvent paraître gênantes à l’Indochine, il ne faut pas perdre de vue que cet instrument consacre implicitement les traités antérieurs et ceux qui reconnaissent l’indépendance de l’Union indochinoise vis-à-vis de la Chine, ainsi que notre protectorat. Il serait tout à fait inopportun de notre part de prendre l’initiative de mettre en cause une disposition positive de ce statut, convention d’ensemble que nous avons intérêt à voir admettre en bloc par le futur gouvernement communiste.

2) Je ne crois pas que les consuls communistes et leurs collaborateurs puissent constituer pour l’Indochine un danger sérieux. Du fait même qu’ils auront une couverture officielle, ils seront connus de nous et faciles par conséquent, à surveiller. Si les communistes ont l’intention d’envoyer une 5e colonne en Indochine, la réalisation de leur projet ne dépend nullement du concours que pourrait leur apporter une organisation consulaire. Ils peuvent en effet sans obstacle aucun faire passer leurs...

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