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Documents diplomatiques français

1949 – Tome I (1er janvier – 30 juin)

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Edited By Ministère des Affaires étrangères

Une grande affaire du premier semestre 1949 est le Pacte atlantique. Parallèlement la mise sur pied de l’Allemagne occidentale bat son plein, autour de la question de la « Loi fondamentale » de la future RFA. Les deux dossiers sont étroitement liés ; la France doit définitivement revoir sa politique allemande, mais on admet désormais que la priorité, c’est la résistance face à l’URSS  ; il faut empêcher celle-ci d’utiliser l’Allemagne. Le but n’est plus de morceler l’Allemagne, mais de l’incorporer dans un système de sécurité occidental.
Autre grand souci : l’Indochine. On suit les négociations complexes avec l’empereur Bao Dai. On parvient cependant aux accords du 8 mars 1949. Paris se montre très restrictif et frileux. Mais on s’inquiète des répercussions en Indochine de la défaite de Tchang Kai Tchek face aux communistes chinois. Cependant les États-Unis commencent, en raison de cette inquiétude, à mieux comprendre la position française à l’égard du problème indochinois. Décidément la politique extérieure française entre dans une nouvelle phase.
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62. Général Pechkoff, Ambassadeur de France, Chef de la mission française à Tokyo, à M. Schuman, Ministre des Affaires étrangères

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GÉNÉRAL PECHKOFF, AMBASSADEUR DE FRANCE, CHEF DE LA MISSION FRANÇAISE À TOKYO,

       À M. SCHUMAN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES1.

D. n° 42.

Tokyo, 27 janvier 1949.

Sans doute tout ce qui touche à la personne de l’Empereur ou à l’institution impériale est ici l’objet d’une grande réserve. Si l’on veut aborder le sujet, et il est, certes, d’importance dans le Japon d’aujourd’hui, il faut se contenter d’indications vagues et recourir à des interpolations parfois hasardeuses. Cette réserve même, cette obscurité voulue des interlocuteurs nippons prouve bien l’importance que le pays attribue à son souverain, et combien, malgré les changements du texte de la Constitution, le vieil esprit conserve sa ferveur sacrée au représentant de la dynastie.

Toutefois, il semble bien que depuis cet automne des éléments nouveaux sont intervenus dans la question impériale et je voudrais tenter de les préciser.

*

On se souvient que l’Empereur avait été maintenu sur son trône par le Commandant suprême, non sans certaines réticences de l’opinion américaine elle-même, et non sans certaines oppositions de la part de plusieurs membres de la F.E.C.2. Mais la décision avait été prise « de façon réaliste » en considération des avantages que représentait l’institution impériale, élément stable et prestigieux dans l’écroulement de toutes choses japonaises : on escomptait profiter de l’autorité monarchique pour faciliter la tâche de...

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