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Et Jean-Baptiste Say… créa l’Entrepreneur

Préface d’André Tiran

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Edited By Société Internationale Jean-Baptiste Say

À la fin du 18 e siècle, l’initiative individuelle a été magnifiée pour permettre à l’économie de sortir de son état de passivité et de sclérose. Jean-Baptiste Say (1767–1832), économiste français et partisan de la révolution française, a produit une théorie générale de l’entrepreneur où l’innovation tient une place essentielle. L’entrepreneur peut être à la fois gestionnaire, capitaliste, innovateur. Say créa l’entrepreneur et le dota de moult charismes : esprit de conduite, génie des affaires, capacité d’entreprendre, sens du risque et d’initiative, création de valeur et d’emplois, grandes capacités gestionnaires, etc. Il s’agit d’un entrepreneur que les politiques et les « forces actuelles de marché » cherchent à ressusciter pour donner un nouveau souffle à notre économie léthargique.
Les auteurs de l’ouvrage discutent de la notion et de la fonction de l’entrepreneur dans l’œuvre de Say pour montrer son actualité économique, sociale et politique. Ils présentent aussi le contexte économique et intellectuel à partir duquel a émergé la théorie de l’entrepreneur. Entrepreneur, professeur, journaliste, lui-même, Say… créa l’entrepreneur et a légué à l’analyse (et à la philosophie) économique un « outil » de sortie de crise.
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L’économie britannique et l’économie française à l’époque de Jean-Baptiste Say, des années 1780 aux années 1820

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1

Patrick VERLEY

Université de Genève, Suisse

N’est-il pas manifeste que ces deux nations, l’Angleterre et la France, sont des exemples du progrès de la civilisation réalisé par deux voies différentes, sans que l’une d’elles ait jamais passé ou doive sans doute jamais passer par l’état que l’autre a traversé ?

John Stuart Mill, lettre à G. d’Eichthal, 8/10/18292

Jean-Baptiste Say a fait deux séjours en Angleterre3. En 1785 et 1786, âgé d’à peine 18 ans, il fait son apprentissage chez deux négociants de Croydon qui font le commerce des Antilles et des Indes au moment où la mécanisation des filatures est lancée4, puis en 1814 avec une mission officielle dont il tire son ouvrage De l’Angleterre et des Anglais. Bien que convaincu qu’il faille suivre le modèle anglais, il est sensible aux méfaits de la lourdeur des impôts qui empêche la progression de la consommation, aux problèmes monétaires, au peu d’adéquation, selon lui, des produits anglais aux marchés étrangers : « Faut-il s’étonner du peu de succès qu’ont obtenu les marchandises anglaises dans les grands marchés de l’Europe, et peut-on leur en présager davantage à l’avenir, si leur système économique ne change pas ? »5… alors que l’entrée des produits anglais sur le Continent va menacer les progrès d’une mécanisation encore vulnérable. On a alors, en France, une vision...

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