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Services et environnement

Les enjeux énergétiques de l’innovation dans les services

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Charlotte Fourcroy

Dans le contexte actuel d’une économie dominée par les activités de services et de la montée des préoccupations énergétiques, cet ouvrage est consacré à la question de la consommation d’énergie des services. Les services ne sont pas immatériels, en particulier sous l’angle énergétique.
L’interactivité, qui est considérée comme l’une des caractéristiques fondamentales des activités de services, est une source majeure de matérialité. Celle-ci repose sur des systèmes physiques de transport et de communication qui sont énergivores. Par ailleurs, les services nécessitent l’utilisation de nombreux équipements et infrastructures.
Les dynamiques d’innovation et de changement dans les services ont des répercussions majeures sur la demande d’énergie. Il ne s’agit pas seulement des innovations visant les économies d’énergie, mais aussi des innovations de services répondant aux grands enjeux économiques.
Cette analyse se base sur une investigation empirique approfondie dans le secteur hospitalier et dans celui de la grande distribution alimentaire, particulièrement touchés par la question de la transition énergétique.
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Introduction

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L’histoire de la pensée économique nous enseigne que les premiers économistes qui se sont intéressés aux activités de services leur ont attribué un caractère immatériel ou intangible (Smith, 1776 ; Say, 1803 ; Sismondi, 1819). Dans les économies contemporaines, avec la montée en puissance des préoccupations énergétiques (la raréfaction des ressources énergétiques fossiles, le changement climatique, la pollution locale, etc.), la notion d’immatérialité des services a souvent été interprétée comme signifiant que les services exercent une faible pression sur l’environnement et en particulier qu’ils consomment peu d’énergie (Illeris, 2007 ; Rifkin, 2000 ; OCDE, 2000). Cette idée est confortée par un certain nombre d’observations empiriques : alors que les services comptent pour près de 80 % de la valeur ajoutée produite et trois quarts des emplois dans les pays de l’OCDE, ils ne représentent qu’environ 15 % des consommations d’énergie finale1.

L’idée selon laquelle les services, immatériels, seraient moins consommateurs d’énergie et exerceraient une pression moindre sur l’environnement est particulièrement séduisante, puisqu’elle signifie que la tertiarisation de l’économie, qui caractérise tous les pays développés, contribue mécaniquement à la résolution des problèmes énergétiques et environnementaux.

Dans les années 1990 et 2000, un certain nombre d’auteurs ont ainsi envisagé la dématérialisation de l’économie en termes de réduction de la pression exercée sur l’environnement. Pour...

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