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Le corps de l’audible

Écrits français sur la voix 1979–2012

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Helga Finter

La voix n’est-elle qu’un instrument pour la langue ou a-t-elle une signifiance propre? Quel rôle joue sa théâtralisation pour les conceptions du sujet, du corps, du langage? Comment la voix crée-t-elle une présence ou une signature? Comment dramatise-t-elle son origine et l’audio-vision? Quels sont les effets et les fonctions des technologies sonores? À quoi servent les voix acousmatiques? Comment se manifestent une éthique et/ou une politique de la voix? Quel est le rapport entre voix d’auteur et voix poétique? C’est à de telles questions que répondent les écrits de ce livre en analysant des œuvres de la scène expérimentale – théâtre, opéra, danse, médias – et de l’écriture qui proposent par leur pratique une esthétique de la voix.
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Un théâtre de la mémoire et de la voix : Golden Windows de Robert Wilson

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Le Moyen Âge tardif et la Renaissance avaient développé un art de la mémoire calqué sur le modèle d’un théâtre censé représenter le monde2. Aujourd’hui, c’est un certain théâtre postmoderne qui, interrogeant la représentation d’un univers fini comme effet de systèmes signifiants, devient lui-même art de la mémoire. Des espaces s’inventent où la perception et la naissance de la représentation se jouent comme écriture mnésique, mise en jeu d’un sujet décentré, en procès, surgissant dans la turbulence sonore et visuelle des langues, des couleurs et des lumières. Le théâtre peut redevenir un lieu où s’expérimentent de nouveaux rapports entre l’imaginaire et le symbolique – à partir d’un travail sur la représentation : il en saisit ce qui aspire la présence du signifiant dans un ailleurs, dans un hors-champ, pour permettre ainsi de l’ouvrir en profondeur. Travail à la fois sur le signifiant sonore (la voix, le bruit, la musique), et sur le signifiant visuel (le punctum de l’image, le geste), montrant ce qui, dans la perception, permet de frayer le chemin à la représentation pour la lier à une signification, et comment y prennent part les pulsions, scopique et invocante. Le matériau visuel et sonore du signifiant étant, par l’investissement affectif, le relais du frayage des traces mnésiques, sa surdétermination permet non seulement d’ouvrir l’espace aux mémoires culturelles, mais encore de susciter des mémoires singulières, en provoquant...

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