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Le corps de l’audible

Écrits français sur la voix 1979–2012

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Helga Finter

La voix n’est-elle qu’un instrument pour la langue ou a-t-elle une signifiance propre? Quel rôle joue sa théâtralisation pour les conceptions du sujet, du corps, du langage? Comment la voix crée-t-elle une présence ou une signature? Comment dramatise-t-elle son origine et l’audio-vision? Quels sont les effets et les fonctions des technologies sonores? À quoi servent les voix acousmatiques? Comment se manifestent une éthique et/ou une politique de la voix? Quel est le rapport entre voix d’auteur et voix poétique? C’est à de telles questions que répondent les écrits de ce livre en analysant des œuvres de la scène expérimentale – théâtre, opéra, danse, médias – et de l’écriture qui proposent par leur pratique une esthétique de la voix.
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Voix soufflées, voix volées, voix intervocales. De la théâtralité vocale dans le nouveau théâtre américain

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Voix soufflées, voix volées, voix intervocales

De la théâtralité vocale dans le nouveau théâtre américain

La venue du nouveau théâtre américain en France dans les années soixante-dix, confrontait les spectateurs, dont je fus, à des figures d’un type tout à fait nouveau : les corps sublimés par des éclairages sophistiqués, des êtres énigmatiques évoluaient sur scène avec des mouvements et des gestes précisément chiffrés tout en émettant, le visage impassible, des textes ou des séquences de sons apparemment dépourvus de tout lien avec leurs actions corporelles. À cette séparation apparente entre texte et action s’ajoutait une seconde : l’origine des voix, séparées du corps par un micro, était incertaine, et bientôt, à partir du milieu de la décennie, elles seront en outre retransmises par de nombreux haut-parleurs distribués dans la salle. Ces voix n’avaient cependant rien de formaté : chaque voix avait son timbre plus au moins appuyé, son accent et son mélos propres, marqués régionalement et culturellement, alternant un parler impersonnel avec du chant et du cri.

Ainsi deux, voire trois corps, étaient projetés sur scène pour un seul personnage : un corps physiquement visible, transfiguré par l’éclairage, et un double corps vocal invisible, celui d’un texte soufflé rendu d’une façon neutre et celui corporellement sensible par la qualité de sa matérialité sonore. Le refus initial de ce...

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