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De l'interdisciplinarité à la transdisciplinarité ?

Nouveaux objets, nouveaux enjeux de la recherche en littérature et sciences humaines

de Sylvie Le Moël (Éditeur de volume) Laure Nervaux-Gavoty (Éditeur de volume)
©2017 Collections 282 Pages

Résumé

Ce volume s’attache aux acceptions théoriques et aux enjeux institutionnels de l’inter- et de la transdisciplinarité, qui rencontrent un succès croissant dans les domaines des Lettres et Sciences humaines en ce premier quart du 21e siècle. Il interroge tout d’abord le concept de discipline, les questions identitaires et les conflits de territoire qui lui sont liés dans la construction de la connaissance. Il étudie ensuite les problèmes pratiques et éthiques résultant de l’émergence de nouveaux paradigmes de recherche ainsi que les modes de leur application à des projets collectifs. Il s’intéresse enfin à des parcours indisciplinés qui conduisent les chercheurs hors des voies tracées par l’institution académique.

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • À propos des directeurs de la publication
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Sommaire
  • Le panda, la cigale et la fourmi (Frédéric Darbellay)
  • Introduction (Sylvie Le Moël / Laure de Nervaux-Gavoty)
  • Ière partie : Les disciplines en question : identité, conflits, émergence de nouveaux champs
  • La littérature est-elle une discipline ? (Isabelle Alfandary)
  • Regards historiques sur l’enjeu inter- et transdisciplinaire pour la géographie (Laura Péaud)
  • Territoire et frontière : le débat postcolonial au prisme des disciplines (Anne-Claire Collier)
  • Histoire et enjeux d’un champ de recherche émergent : les porn studies (Anne Hurault-Paupe)
  • IIème partie : L’exigence du décloisonnement : réflexions sur les enjeux de l’inter- et la transdisciplinarité
  • Entre les « mots » et les « choses » : discours, concepts et idées comme objets d’une approche interdisciplinaire (Hans-Jürgen Lüsebrink)
  • Le dialogue entre les disciplines comme paradigme du savoir en littérature et sciences humaines : sur les travaux interdisciplinaires du groupe de recherche Poetik und Hermeneutik (1963–1994) (Sarah Alharbi)
  • La transdisciplinarité et le principe de responsabilité (Anne Chalard-Fillaudeau)
  • Promesses de la communication et ouverture disciplinaire : programmes de revues numériques sur la musique (Angélica Rigaudière)
  • IIIème partie : Parcours indisciplinés
  • Que faire d’un objet interdisciplinaire ? Les pratiques de lecture des femmes, entre histoire, littérature et études de genre (Isabelle Matamoros)
  • La notion de contrainte épistémologique en histoire de l’art : les raisons de l’indiscipline (Viviane Huys)
  • Tourner en rond : la danse entre inter- et transdisciplinarité dans AfterLight (2009) (Ivan Jimenez)
  • Torture et décloisonnement disciplinaire : de la transdisciplinarité aux Torture studies (Muriel Montagut)
  • L’art de la transedisciplinarité : l’exemple des études urbaines (Thierry Paquot)
  • Conclusion (Sylvie Le Moël / Laure de Nervaux-Gavoty)
  • Titres de la collection

Sylvie Le Moël /
Laure de Nervaux-Gavoty (éds.)

De l’interdisciplinarité
à la transdisciplinarité ?

Nouveaux objets, nouveaux enjeux
de la recherche en littérature
et sciences humaines

À propos des directeurs de la publication

Sylvie Le Moël est Professeur de littérature allemande à l’université Paris-Est Créteil. Ses travaux portent sur la littérature et les arts et sur l’histoire culturelle du monde germanique des Lumières au romantisme.

Laure de Nervaux-Gavoty est Maître de conférences en anglais à l’université Paris-Est Créteil. Ses recherches portent sur l’autobiographie américaine et sur les relations entre texte et image.

À propos du livre

Ce volume s’attache aux acceptions théoriques et aux enjeux institutionnels de l’inter- et de la transdisciplinarité, qui rencontrent un succès croissant dans les domaines des Lettres et Sciences humaines en ce premier quart du XXIe siècle. Il interroge tout d’abord le concept de discipline, les questions identitaires et les conflits de territoire qui lui sont liés dans la construction de la connaissance. Il étudie ensuite les problèmes pratiques et éthiques résultant de l’émergence de nouveaux paradigmes de recherche ainsi que les modes de leur application à des projets collectifs. Il s’intéresse enfin à des parcours indisciplinés qui conduisent les chercheurs hors des voies tracées par l’institution académique.

Pour référencer cet eBook

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Sommaire

Frédéric Darbellay

Le panda, la cigale et la fourmi

Sylvie Le Moël et Laure de Nervaux-Gavoty

Introduction

Ière partie : Les disciplines en question : identité, conflits, émergence de nouveaux champs

Isabelle Alfandary

La littérature est-elle une discipline ?

Laura Péaud

Regards historiques sur l’enjeu inter- et transdisciplinaire pour la géographie

Anne-Claire Collier

Territoire et frontière : le débat postcolonial au prisme des disciplines

Anne Hurault-Paupe

Histoire et enjeux d’un champ de recherche émergent : les porn studies

IIème partie : L’exigence du décloisonnement : réflexions sur les enjeux de l’inter- et la transdisciplinarité

Hans-Jürgen Lüsebrink

Entre les « mots » et les « choses » : discours, concepts et idées comme objets d’une approche interdisciplinaire

Sarah Alharbi

Le dialogue entre les disciplines comme paradigme du savoir en littérature et sciences humaines : sur les travaux interdisciplinaires du groupe de recherche Poetik und Hermeneutik (1963–1994) ←5 | 6→

Anne Chalard-Fillaudeau

La transdisciplinarité et le principe de responsabilité

Angélica Rigaudière

Promesses de la communication et ouverture disciplinaire : programmes de revues numériques sur la musique

IIIème partie : Parcours indisciplinés

Isabelle Matamoros

Que faire d’un objet interdisciplinaire ? Les pratiques de lecture des femmes, entre histoire, littérature et études de genre

Viviane Huys

La notion de contrainte épistémologique en histoire de l’art : les raisons de l’indiscipline

Ivan Jimenez

Tourner en rond : la danse entre inter- et transdisciplinarité dans AfterLight (2009)

Muriel Montagut

Torture et décloisonnement disciplinaire : de la transdisciplinarité aux Torture studies

Thierry Paquot

L’art de la transedisciplinarité : l’exemple des études urbaines

Sylvie Le Moël et Laure de Nervaux-Gavoty

Conclusion ←6 | 7→

Frédéric Darbellay

Université de Genève

Le panda, la cigale et la fourmi

Faite de nuances, de mutations et de contingences nationales et locales, l’histoire des universités laisse néanmoins apparaître une relative invariance et une certaine inertie dans l’organisation disciplinaire des connaissances. Ce modèle d’organisation institutionnelle, fondé dès le xiiie siècle en Occident, s’est depuis développé et largement diffusé aux niveaux européen et international dans le contexte de la mondialisation. Caractérisé par une répartition en Facultés ou Départements, eux-mêmes subdivisés en unités, en disciplines et sous-disciplines relativement autonomes, ce modèle est mû par les principes de spécialisation et de compartimentation des connaissances et des cultures scientifiques, respectivement des sciences humaines et sociales et des sciences de la nature, de la vie et des techniques. Bien que ce système de production de connaissances disciplinaires ait fait ses preuves et que sa contribution à l’avancement des progrès scientifiques en recherche fondamentale et appliquée ne soit plus à démontrer, il n’en demeure pas moins qu’il présente aussi des limites épistémologiques, méthodologiques et pratiques difficilement surmontables dans une logique purement reproductive. C’est pourquoi l’idée dominante de spécialisation et la fragmentation des savoirs qui en découle ont toujours été contrebalancées par la nécessité et l’exigence de penser le rassemblement, l’articulation, voire la réintégration des disciplines séparées dans des ensembles plus globaux, interdisciplinaires et intégratifs.

Quoi que les puristes disciplinaires figés puissent affirmer, ce mouvement de balancier entre clôtures disciplinaires et ouvertures inter- et transdisciplinaires est en soi constitutif du mécanisme de la pensée qui s’échelonne, itératif et réversible, sur un gradient allant de la convergence disciplinaire à la divergence-exploration transgressive entre et au-delà des frontières entre les disciplines. L’ouvrage que vous, lecteur, tenez entre vos mains, sous votre regard captif, a le grand mérite de s’affranchir de tout fixisme institutionnel, épistémologique et disciplinaire, afin d’œuvrer au décloisonnement des disciplines. De l’interdisciplinarité à la transdisciplinarité, ce sont en effet←7 | 8→ de nouveaux objets et enjeux qui se donnent à lire. Faire parler en application les concepts de pluri-, d’inter- et de transdisciplinarité, questionner la nature des disciplines et envisager les hybridations entre elles dans de nouveaux champs de recherche interdisciplinaires, voilà des objectifs louables et d’actualité. Les voies proposées, les réflexions et les exemples présentés dans le présent ouvrage collectif sont riches et leur amplitude en sciences humaines et sociales offre une solide pierre de référence à l’édifice des études sur l’interdisciplinarité à travers champs.

Dans le mouvement brownien de la discipline à la transdisciplinarité, tout chercheur se situe tantôt dans l’approfondissement disciplinaire tantôt dans des postures plus inconfortables mais tout aussi productives, à cheval entre deux ou plusieurs disciplines, louvoyant entre les rives disciplinaires, sûres mais de plus en plus lointaines, comme un Bateau ivre, libéré, mais parfois chahuté au risque de couler en mer académique. Qui suis-je, d’où viens-je et vers quel horizon vais-je ou puis-je aller, considérant mon ancrage disciplinaire, la complexité de mes objets d’études et l’encouragement, voire la plus ou moins grande permissivité à la transgression dans mon institution d’appartenance ? La diversité des identités des chercheurs et de leurs parcours d’hier, d’aujourd’hui et de demain a été relativement peu mise en visibilité dans un monde académique où la discrétion disciplinaire et les trajectoires apparemment linéaires et balisées entre territoires disjoints tiennent encore le haut du pavé. Il suffit pourtant de porter attention au vécu des chercheurs toutes disciplines et cultures scientifiques confondues, ainsi qu’à la polymorphie des configurations (pluri-) disciplinaires, des objets, des concepts, des théories et des méthodes, pour découvrir que ce monde est imprégné de métissages et de bio-psycho-socio-diversité intra- et interdisciplinaire. L’Homo academicus n’est pas un et indivisible, il est multiple, incarné certes dans des figures disciplinaires, mais aussi dans des profils plus atypiques.

Si l’on devait entamer l’élaboration métaphorique d’un bestiaire académique et identifier quelques cas intéressants dans une population non exhaustive, le chercheur fermement disciplinaire évoquerait par exemple les images du panda, du koala ou du fourmilier, caractérisés par une hyperspécialisation qui tend d’ailleurs à réduire leurs chances de survie lorsque les problèmes à résoudre se complexifient par diversification de leurs contextes de vie. Le panda se situe à ce titre dans une impasse évolutive en raison de la trop forte spécialisation de ses habitudes alimentaires : il ne se nourrit←8 | 9→ que de bambou et – bien qu’il ait peu de rivaux sur son propre territoire – il est par contre étroitement dépendant du contexte forestier qui l’entoure et menacé de disparition en cas de raréfaction de sa nourriture spécifique. De la même manière, le koala mange exclusivement un certain type de feuilles d’eucalyptus et le fourmilier (ou tamanoir) s’est spécialisé à l’extrême en développant un long et fin museau pour satisfaire son goût exclusif pour les fourmis. Lorsque l’animal ou l’homme se nourrit d’une seule substance alimentaire ou intellectuelle, il se spécialise parfois à l’extrême, s’empêchant par là même de découvrir de nouvelles opportunités créatives.

La reproduction identitaire au sein de sa propre discipline est un vrai travail de fourmi, dont la valeur et la qualité sont pleinement reconnues et récompensées. Cet approfondissement continu et inlassable atteint toutefois ses limites lorsque la fourmi s’isole individuellement ou collectivement et qu’elle se décide à ne rien prêter ou échanger avec d’autres vivants ou domaines du savoir. La cigale chanteuse est quant à elle plus emprunteuse, douée d’une attitude plus imprudente, risquée et transgressive. Le caméléon pousse encore plus loin la métamorphose identitaire en se montrant capable de s’adapter et de se fondre dans différents contextes disciplinaires. Entre la discipline et l’indiscipline, le repliement du hérisson et la ruse du renard, la tortue qui fait lentement son chemin (slow science) et le lièvre qui zigzague à toute vitesse entre plusieurs voies (fast science), il faut bien de tout pour faire un monde et faire vivre la diversité dans nos écosystèmes académiques.

Résumé des informations

Pages
282
Année
2017
ISBN (PDF)
9783631731970
ISBN (ePUB)
9783631731987
ISBN (MOBI)
9783631731994
ISBN (Relié)
9783631731963
DOI
10.3726/b11621
Langue
Français
Date de parution
2018 (Août)
Mots clés
disciplines indiscipline studies études culturelles culture et société
Published
Frankfurt am Main, Bern, Bruxelles, New York, Oxford, Warszawa, Wien, 2017., 282 p., 13 ill. n/b

Notes biographiques

Sylvie Le Moël (Éditeur de volume) Laure Nervaux-Gavoty (Éditeur de volume)

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Titre: De l'interdisciplinarité à la transdisciplinarité ?