Les démarches d’éco-production dans le secteur cinématographique et audiovisuel
Impacts socio-organisationnels, économiques et environnementaux
Summary
Se fondant sur l’étude d’initiatives d’éco-production menées en France dans le secteur cinématographique et audiovisuel, cet ouvrage analyse leurs répercussions en termes socio-organisationnels, économiques et environnementaux. Prenant appui sur un programme de recherche engagé en coopération avec Ecoprod, avec un terrain de 44 productions, il vise à montrer ce qu’il est possible de faire en matière d’éco-responsabilité dans les activités de production cinématographique et audiovisuelle, quels sont les freins, les leviers, les dilemmes et les perspectives permettant d’aller plus loin.
L’étude porte en particulier sur la sobriété en matière énergétique et de consommation des ressources, les initiatives de réemploi et d’économie circulaire, le soin accordé au respect de la biodiversité dans les milieux où sont enregistrées les images-sons et la démarche d’éco-production dans son ensemble.
Excerpt
Table Of Contents
- Couverture
- Page de titre
- Page des droits d'auteur
- Sommaire
- Liste des graphiques et des tableaux
- Préface
- Remerciements
- Introduction
- 1. Contexte institutionnel de l’étude
- 2. Positionnement de la démarche d’enquête
- 3. Problématique
- 4. Cadre méthodologique
- 4.1. Une enquête avec et par les professionnels
- 4.2. Présentation du terrain d’étude
- 5. Les actions d’éco-production mises en place : repérage des freins et des leviers
- PREMIÈRE PARTIE Analyse Socio-Organisationnelle
- 1. L’éco-référence : une émergence socio-organisationnelle
- 1.1. Les conditions d’exercice d’un nouveau métier
- 1.2. L’éco-référence en perspective : leçons du groupe de travail
- 1.3. La formation : des ressources partagées pour une démocratisation du « savoir éco-produire »
- 2. Trois types d’organisation favorables à l’éco-accomplissement
- 2.1. Internalisation par la production : de la désignation au pilotage
- 2.2. Externalisation : pilotage et incarnation
- 2.3. Hybridation : entre internalisation et spécialisation
- 3. Leçons des réussites et des échecs : pas d’éco-production sans appuis et ni alliances
- 4. Les temps alloués à l’éco-production : anticipations et répétitions
- 5. Rapports sociaux d’éco-production : asymétries d’éco-responsabilité, stéréotypes de genre et nouvelles minorisations
- 5.1. Une question de légitimité entre matérialité et statut
- 5.2. Une éco-responsabilité à sociologies variables
- 5.3. Entre solidarité retrouvée et effets de minorisation inattendus
- 5.4. Des effets de stigmatisations à l’intersection entre stéréotypes de genre et déni écologique âgiste
- 5.5. Du milieu aux milieux, le continuum des trois écologies au cœur de la démarche d’éco-production
- 5.6. Réinventer les convivialités, restaurer les écologies de travail
- 6. L’éco-production, une autre expérience du tournage
- 6.1. L’éco-référence : entre curiosité, pédagogie et diplomatie
- 6.2. Distribuer les efforts et les responsabilités
- 6.3. Les affects des personnes chargées de l’éco-production
- 6.4. Rendre visible la matérialité et s’ouvrir à d’autres cultures professionnelles
- 6.5. Maintenir ouvertes les possibilités d’expérimenter et d’innover
- DEUXIÈME PARTIE Analyse Socio-Économique
- 1. Démarche d’éco-responsabilité et structure de coûts
- 2. Composition d’un budget en éco-production
- 2.1. De nouvelles lignes budgétaires
- 2.2. Une réorientation des dépenses
- 3. Logique d’investissement et différenciation
- 3.1. Le primat d’une logique d’investissement
- 3.2. Affirmer un engagement et se différencier
- 4. Questions de trajectoire
- TROISIÈME PARTIE Analyse Socio-Environnementale
- 1. Bilan de Carbon’Clap
- 2. Modélisation et scénarios comparatifs
- 2.1. Cadrage global
- 2.2. Approche méthodologique
- 2.3. Synthèse des quatre scénarios
- 3. Une lecture socio-environnementale de l’éco-production : vers un nouvel indicateur « matière »
- 3.1. Trois potentiels d’action : matériaux, mobilité et alimentation
- 3.2. Échelles spatiale et temporelle de la soutenabilité forte : œuvrer dès à présent
- 3.3. Vers un indicateur « matière » de comptabilité environnementale
- 3.4. Intégrer les perspectives environnementales dans les stratégies du secteur
- 4. Surimpression : « Sortir des technologies zombies, se prémunir des pénuries à venir, inventer de la soutenabilité forte »
- 4.1. Le contexte de l’invention du concept de technologie zombie
- Les idées exprimées dans l’écho des salles et couloirs du château de Cerisy
- La fin des combustibles fossiles et des minéraux en masse : une réalité géophysique – un enjeu structurel
- Technologies zombies
- 4.2. Quelques transitions énergétiques majeures dans l’histoire du vivant
- Métabolismes d’antan et d’avenir, ou comment penser le temps long – très long – du passé comme de l’avenir
- Pénuries à venir, ou comment négocier avec la rareté qui s’annonce
- 4.3. Les grandes inventions du vivant, ou l’art ancien de durer sans s’épuiser
- Trois missions pour réinventer notre avenir
- Partir pour mieux recommencer : repenser la soutenabilité des techniques, réécrire l’avenir
- Conclusion générale
- OUVERTURE De la régie au récit ? L’éco-production comme circuit court de l’imaginaire climatique ?
- POSTFACE Une dynamique expérimentale et pionnière devenue cadre de référence
- Du Label Ecoprod à la norme nationale : une reconnaissance progressive
- Les conditions : un écosystème vivant, structurant et structuré
- Vers la reconnaissance d’un métier : coordinateur·rice d’éco-production
- Prolonger l’élan, amplifier l’impact
- Vers une vraie éco-conditionnalité ? Contrainte et récompense
- Ecoprod, un acteur durable d’une transformation collective
- SYNTHÈSE EN ANGLAIS Eco-production initiatives in the film and audiovisual sector: socio-organizational, economic, and environmental impacts
- 1. Socio-organization of an eco-production
- 1.1. The continuum of violence as a marker of structural resistance
- 1.2. Reembedding film shoots in their environments
- 2. Socio-economical aspects of an eco-production
- 2.1. Reorientation of financial flows
- 2.2. Materiality capital as a structural investment
- 3. Socio-environmental approach
- 3.1. Towards new indicators: the material weight
- 3.2. Material sufficiency
- Conclusions: Structural aporias and limits of eco-production
- A narrative paradox
- The question of production volume
- From local experimentation to socio-technical transition, to ecological redirection?
- Annexes
- ANNEXE 1 Précisions méthodologiques sur l’analyse environnementale
- Source des données
- ANNEXE 2 Construction des trois scénarios comparatifs
- Périmètres
- Hypothèses réalisées :
- Bibliographie
- Livres et articles
- Rapports et documents officiels
- Rapports internationaux
- Mémoires
- Collectifs et Associations
- Les auteurs
Liste des graphiques et des tableaux
Par ordre d’apparition dans le texte
Graphique 1: Corpus des personnes interrogées
Graphique 2: Corpus des personnes interrogées par genre audiovisuel
Graphique 3: Composition du corpus : typologie des formats
Tableau 1: Personnes à l’initiative de la démarche d’éco-production
Tableau 2: Structure porteuse du projet
Graphique 4: Une ligne budgétaire entre 0 et 1 % du budget total de la production
Graphique 5: L’impact moyen d’une production audiovisuelle par postes d’émission carbone
Graphique 6: Comparaison de l’impact équivalent carbone des trois scénarios
Tableau 3: Comparaison des pourcentages de réduction
Préface
Au cœur du débat sur la transition écologique, la recherche « Étude d’impact de l’éco-production audiovisuelle » à l’origine de cet ouvrage porte une réflexion critique et une expérimentation pratique en matière de redirection écologique au sein de l’industrie audiovisuelle. Cette étude, qui s’inscrit dans le mouvement plus large de la responsabilité environnementale, souligne l’urgence et la complexité de rediriger un secteur traditionnellement gourmand en ressources vers des pratiques durables. L’émergence d’un nouveau métier en éco-production, figure centrale de cette mutation, symbolise la transition d’une industrie autrefois perçue comme une entité isolée de ses impacts environnementaux, vers une conscience accrue de son rôle dans la lutte contre le changement climatique et la dégradation des écosystèmes.
La redirection écologique, telle qu’elle est explorée dans l’étude, dépasse la simple application de mesures écologiques ponctuelles. Elle suggère une transformation systémique des modes de production, de diffusion et de consommation des contenus, impliquant une reconsidération des valeurs, des normes et des processus créatifs. Ce processus se heurte à des défis structurels et des résistances culturelles, révélant la tension entre les impératifs écologiques et les pratiques établies. Cependant, le rapport met en lumière la capacité d’innovation et d’adaptation de l’industrie, où des initiatives éco-responsables, portées par des individus et des collectifs engagés, esquissent les contours d’une nouvelle esthétique audiovisuelle, en harmonie avec des logiques de durabilité.
La redirection écologique, telle que conceptualisée dans cet ouvrage, et c’est l’une de ses vertus, ne se limite pas à une question de réduction des impacts négatifs. Elle est également porteuse d’opportunités pour repenser la narration et la production de contenus dans une perspective éco-centrée. L’engagement en faveur de pratiques durables devient ainsi un vecteur d’innovation, invitant à explorer de nouveaux genres, formats et récits, qui reflètent et stimulent une conscience écologique chez les créateurs et le public. Cette démarche s’inscrit dans un contexte plus large de recherche d’alternatives face aux crises environnementales, sociales et économiques.
Cette étude ne se contente pas de dresser un état des lieux des avancées et des obstacles rencontrés dans la mise en œuvre de l’éco-production. Il se positionne comme un appel à l’action, soulignant l’importance cruciale de la formation, de la sensibilisation et de la collaboration transsectorielle pour accélérer la transition écologique. La redirection écologique de l’industrie audiovisuelle, loin d’être une utopie, est présentée comme une nécessité impérieuse et une opportunité de réaffirmer le rôle essentiel de la culture et de la création dans la construction d’un avenir durable. Elle invite ainsi salutairement à une réflexion collective sur la manière dont l’audiovisuel peut contribuer à une transformation de notre rapport à l’environnement, à travers la puissance de l’imaginaire et l’engagement créatif.
Alexandre Monnin1
Remerciements
Le travail d’étude et de recherche à l’origine de cet ouvrage a été réalisé grâce au concours d’institutions académiques, d’institutions professionnelles, d’enseignants-chercheurs, de professionnelles et professionnels de l’audiovisuel, de créatrices et de créateurs que nous tenons à remercier.
Nos remerciements vont en particulier :
- à Ecoprod, à Pervenche Beurier, sa Déléguée générale, Alissa Aubenque, Directrice des opérations, Jérémy Pinet, Chargé de mission Label Ecoprod, Lucas Boubel, Chargé de projet Carbon’Clap, Adrien Roche, Chargé de projet international ;
- au LabEx ICCA Industries Culturelles et Création Artistique, devenu inIdEx ICCA en 2025, pour son soutien à la publication de cet ouvrage ;
- aux professionnels associés, dont les témoignages et les expérimentations fondent cet ouvrage :
- Frédéric Aublé, Bande annonce des Césars (bande annonce), Les Tisserands,
- Benoît Auriol, SKAM s11&12 (série fiction), France TV - Banijay - Gétévé productions,
- Corentin Bourrat, Leur jeunesse et la nôtre (court métrage), Les films de l’horizon,
- Guillemette Brisson, Kenza Dhenry Pages, Chopard Sparkling love (publicité), Le rendez-vous à Paris,
- Anna Casanova, Desperados (publicité), First Frame, et Super U (publicité), First Frame
- Jérôme Cendron et Pauline Zimmermann, Fiasco (série fiction), Five Dogs,
- Tony Coco Viloin, Joharis Podan, Le cinéma de Guizmo et Monsieur Clap s2 (série fiction), ÉPICES,
- Amélie Costadoat, En terrasse (série fiction), Calt Production,
- Amélie Costadoat, Sarah Pezeron, Franck Epaud, Enterrement de vie de garçon (série fiction), Calt Story,
- Claire Egnell, Bakélite (court métrage), Imagine 2050,
- Jokin Etcheverria, Steve le phoque dans le désert d’Atacama (documentaire unitaire), La Fidèle Production.
- Mado le Fur, Rien à perdre (long métrage cinéma), Curiosa Films,
- Mado le Fur, Deter (série fiction), France TV Studio - Black Sheeps Films,
- Laura Gerardin, Un si grand soleil (série fiction), France TV La Fabrique - France TV Studio,
- Pauline Gil, Alex Hugo (fiction unitaire TV), France TV Studio - La Fabrique,
- Pauline Gil, Germinal (série fiction), Banijay,
- Alexis Giraudeau, projet anonymisé (série fiction),
- Caroline Got, Les extras-curieux (magazine), Médicis Productions, Kiosco Productions,
- Caroline Got, Le jeu des 1000 € (magazine), Médicis Productions, Kiosco Productions,
- Annouk Guerrin, Patience Mon Amour s2 (série fiction), Bachibouzouk,
- Pascal Guerrin, Acide (long métrage cinéma), Bonne Pioche Cinéma,
- Pascal Guerrin, C’est le monde à l’envers (long métrage cinéma), Bonne Pioche cinéma,
- Antoine Gulbol, Laurent Berthomieu, Virginie Lacoste, Karambolage (magazine), Arte Studio,
- Antoine Gulbol, Juliette Droillard, Angèle Le Névé, Le dessous des cartes (magazine), Arte Studio,
- Christine de Jekel, La passion de Dodin Bouffant (long métrage cinéma), Curiosa Films,
- Serge Ladron de Guevara, Axel Diverrez, Askip s5 (série fiction), Newen - Amsto,
- Serge Ladron de Guevara, Plus belle la vie (série fiction), Telfrance série - Newen,
- Claire Lalonde, Simple comme Sylvain (long métrage cinéma), Metafilms - MK2
- Lucile Landais, Envie d’agir (magazine), Canal +,
- Benjamin Lanlard, Je suis né à 17 ans (fiction unitaire TV), France TV La Fabrique - Daigoro Films,
- Thomas Maggiar, Bastien Echard, Home Jacking (série fiction), Lincoln TV,
- Valentine Marou, Emmanuel Jacquelin, Dans 5 ans (série fiction), Studiocanal Original,
- Alice de la Moureyre, Sa majesté le Cerf (documentaire unitaire), Cosmopolitis Productions,
- Jehanne Patricot, projets anonymisés (publicité),
- Laurence Paoletti, La voie royale (long métrage cinéma), Tabo Tabo Films,
- Charles Rambeau, Alison Begon, LG New horizon (publicité), Tout le monde aime les pingouins,
- Solveig Rawas, Xavier Amblard, Rosalie (long métrage cinéma), Trésor Films,
- Aude Renaud, Justice Climatique (Série documentaire), Seppia,
- Thomas de Sambi, Monsieur Aznavour (long métrage cinéma), Mandarin et compagnie,
- Sukriti Syal, Bornéo, la jungle miraculée (documentaire unitaire), Nomades Productions, Arte GEIE,
- Mathieu Thill, Le roman de Jim (long métrage cinéma), SBS Productions.
Ecoprod et les auteurs souhaitent aussi remercier les personnes qui ont pris le temps de répondre au questionnaire « Vers la définition d’un métier en éco-production » et les membres du groupe de travail Ecoprod « Vers la définition d’un poste en éco-production » : Étienne Labroue, Andriana Babyuk, Antoine Barraud, Axel Diverrez, Alexandra Le Gentil, Alexis Dupeyrat, Alexis Giraudeau, Anna Casanova, Camille Lucet, Charles Jaeger, Éric Driutti, Fiona Bélier, Inès Le Menec Arroyo, Jonathan Schupak, Laurence Lafiteau, Louisane Roy, Marie Azancot, Mathieu Delahousse, Mathy Mendy, Pauline Gil, Sabine Barthélémy, Valentine Marou, Virginie Lauret, Virginie Lempereur, Xavier Dhenry, Manuela Collon, et aussi les membres du Collectif Les Toiles Vertes, ainsi que Stéphanie Bertrand, Léa Alric et les membres du Collectif Eco-Déco.
Details
- Pages
- XIV, 176
- Publication Year
- 2026
- ISBN (PDF)
- 9783034356916
- ISBN (ePUB)
- 9783034356923
- ISBN (Softcover)
- 9783034356909
- DOI
- 10.3726/b23574
- Language
- French
- Publication date
- 2026 (March)
- Keywords
- Cinéma audiovisuel production économie sociologie stratégie organisation écologie transition redirection éco-responsabilité
- Published
- Bruxelles, Berlin, Chennai, Lausanne, New York, Oxford, 2026. xiv, 176 p., 6 ill. n/b, 4 tabl.
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