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Apprendre : la rencontre entre motivation et métacognition

Autorégulation dans l’apprentissage des mathématiques en formation professionnelle

de Jean-Louis Berger (Auteur)
©2015 Thèses XII, 221 Pages
Série: Exploration, Volume 169

Résumé

Les avancées technologiques et les transformations du monde du travail requièrent la formation d’apprenants en mesure de se recycler professionnellement, de suivre des formations continues poussées, soit d’apprendre tout au long de la vie. Comment préparer les individus à un tel défi ? Une compétence clé pour y faire face est le développement de l’autorégulation de l’apprentissage. Cet ouvrage traite des processus d’apprentissage chez des adolescents et jeunes adultes. Le principal objet consiste à comprendre comment ces étudiants s’autorégulent, autrement dit comment les aspects motivationnels, cognitifs et métacognitifs interagissent, dans leurs processus d’apprentissage. Cette réflexion est menée à partir d’une étude portant sur l’apprentissage des mathématiques dans le contexte de leur future profession.

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • À propos de l’auteur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Table des matières
  • Liste Des Figures
  • Liste Des Tableaux
  • Préface
  • Chapitre 1: Former Des Apprenants Qui Prennent En Charge Leurs Apprentissages
  • La formation professionnelle initiale en suisse : description du système, efficience et popularité
  • Les objectifs de promotion de l’autorégulation en formation professionnelle
  • L’apprentissage des mathématiques en formation professionnelle
  • Intérêt théorique de l’ouvrage
  • Les objectifs de l’ouvrage
  • Chapitre 2: Métacognition, Apprentissage Et Mathématiques
  • Introduction
  • Définir la métacognition
  • Les connaissances et croyances métacognitives
  • Les expériences métacognitives (jugements et sentiments métacognitifs)
  • Les stratégies métacognitives
  • La métacognition en résolution de problèmes mathématiques
  • Chapitre 3: Les Croyances Motivationnelles
  • Quelles croyances motivationnelles?
  • La perception de ses compétences: concept de soi et sentiment d’efficacité personnelle
  • Valeur de la tâche: intérêt et utilité perçue
  • Les buts de compétence
  • Des croyances motivationnelles générales aux croyances situationnelles
  • Croyances motivationnelles chez les apprentis de la formation professionnelle
  • Chapitre 4: L’Apprentissage Autorégulé: Articulation Des Composantes De La Métacognition Et Des Croyances Rationnelles
  • Les limites des modèles «purement cognitifs» de l’apprentissage scolaire
  • Connaissances métacognitives et croyances motivationnelles
  • Expériences métacognitives et croyances motivationnelles
  • Stratégies métacognitives et croyances motivationnelles
  • L’intégration des croyances motivationnelles dans les théories métacognitives
  • Les modèles d’apprentissage autorégulé
  • Le rôle des aptitudes cognitives dans l’apprentissage autorégulé
  • Chapitre 5: Questions De Recherche Et Méthodologie De L’Étude
  • Question de recherche 1
  • Question de recherche 2
  • Question de recherche 3
  • Echantillon
  • Instruments
  • Chapitre 6: Résultats
  • Introduction
  • Les scores aux trois tests d’aptitudes cognitives
  • Les scores au Questionnaire d’Autorégulation en Mathématiques
  • Les scores au problème «le réservoir d’essence»
  • Modèle de cheminement au niveau des problèmes
  • Modèle de cheminement liant variables générales et variables spécifiques au problème
  • Analyses de profils de buts de compétence
  • Chapitre 7: Discussion Et Implication
  • Les apports de l‘étude
  • Les implications pédagogiques
  • Bibliographie
  • Annexes

PRÉFACE

Dans cet ouvrage, J.-L. Berger étudie les liens entre les croyances motivationnelles, différentes variables de la métacognition et les aptitudes cognitives. Cette recherche a été menée auprès de 281 apprenants francophones en première et deuxième année de formation professionnelle initiale dans deux cantons de Suisse romande. La taille respectable de l’échantillon a permis l’application de modèles de cheminement, d’analyses factorielles et d’analyses en profils latents.

Le livre est divisé en trois grandes sections. La première (chapitre 1), comprend une présentation des buts de la recherche, des informations utiles et intéressantes sur le système de formation professionnelle en Suisse ainsi que sur l’enseignement des mathématiques en formation professionnelle.

La deuxième section est composée de trois chapitres présentant les trois conceptions théoriques clés de cette recherche, à savoir la métacognition, les croyances motivationnelles et l’apprentissage autorégulé. La théorie de la métacognition (chapitre 2) est introduite dans un chapitre bien structuré et agréable à lire. Il peut servir de texte de base dans un cours sur le rôle de la métacognition dans l’apprentissage. L’accent est mis sur les connaissances et croyances métacognitives, les expériences métacognitives et les stratégies métacognitives. En ce qui concerne les connaissances métacognitives, Flavell et la plupart des autres auteurs parlent de «world knowledge», comme si toutes ces connaissances étaient un savoir objectif. J.-L. Berger insiste sur le fait que seule une petite partie des métaconnaissances concerne ce type de savoir «scientifique» mais qu’en général, nous avons affaire à des convictions individuelles qui sont appelées dans ce livre croyances métacognitives. Tandis que les connaissances et les stratégies métacognitives ont déjà été étudiées, dans les années 70, par Flavell et A.-L. Brown, pionniers de cette approche, les expériences métacognitives (soit des réflexions et sentiments on line) n’ont motivé des recherches empiriques que récemment.1 ← 1 | 2 → Etant donné que Flavell a mentionné – mais pas explicitement étudié – ce dernier type de «méta» dès le début du lancement de la théorie [initialement sous le terme de mnemonic sensations (Kreutzer, Leonard & Flavell, 1975), cet intérêt un peu tardif étonne.

Les croyances motivationnelles sont introduites et discutées dans le troisième chapitre. Comme beaucoup d’autres auteurs, J.-L. Berger refuse de parler de «la motivation», un concept un peu tombé en désuétude parce que trop général et trop peu dynamique. L’auteur préfère la notion de croyances motivationnelles. Cette dénomination se justifie doublement. Premièrement par la méthode de la récolte des données appliquée dans cette recherche. Il s’agit d’auto-descriptions à l’aide de questionnaires. Ce type de données n’informe pas sur ce que l’on fait dans une certaine situation mais uniquement sur ce que l’on pense y faire. Deuxièmement, dans cette recherche, l’auteur s’intéresse, sous le point de vue motivationnel, de l’orientation des buts, de la perception de ses compétences, de la valeur attribuée à la tâche et du rôle que l’anxiété joue dans l’apprentissage. Il s’agit donc de variables dont l’apprenant croit qu’elles prennent chez lui une certaine importance dans une situation d’apprentissage. Une fois de plus, un chapitre que je choisirais comme texte de base dans mes prochains enseignements sur l’apprentissage. Le texte décrit les différences conceptuelles fines, il est assez exhaustif par rapport à la littérature scientifique et – last but not least – il est très compréhensible et intéressant.

Le chapitre 4 reprend ce qui a été dit sur la métacognition et les croyances motivationnelles, contraste et compare les deux concepts et les met en lien, l’un avec l’autre. Il s’agit de la présentation et discussion de l’approche théorique de l’apprentissage autorégulé. L’auteur a déjà prouvé dans un nombre remarquable de publications (par ex. Berger, 2012; Berger & Büchel, 2012, 2013) qu’il maîtrise cette thématique. La notion d’apprentissage autorégulé a une longue histoire. Elle a déjà été utilisée par des auteurs comme Binet (1903), Piaget (1976) ou A.-L. Brown (1978). Mais dans ces premiers modèles, seules des variables cognitives ont figuré. Ce qui est nouveau, c’est l’introduction de la motivation et des sentiments-affects. Dans les modèles récents, l’autorégulation de l’apprentissage se réfère à une régulation dans laquelle cognition, métacognition, croyances motivationnelles et sentiments-affects interagissent. Les similitudes et différences des modèles les plus importants développés par des chercheurs tels que Boekaerts, Efklides, Pintrich, Schunk et Zimmerman sont discutées dans ce chapitre. ← 2 | 3 →

La troisième section du livre comprend la présentation des questions de recherche et de la méthodologie (chapitre 5), des résultats (chapitre 6) ainsi que la discussion des résultats et des implications (chapitre 7). Le chapitre 6 commence par une présentation des données descriptives et corrélatives. C’est fort utile pour les lecteurs qui ne se sentent pas ou plus assez familiers avec les méthodes d’analyses multivariées; les différents tableaux bien disposés permettent déjà une première représentation des liens entre les variables. Ensuite, les modèles de cheminement donnent une vue d’ensemble plus globale. La distinction entre des influences directes et indirectes amène le lecteur à une compréhension plus différenciée des interdépendances très riches. Finalement – et c’est sans doute une originalité remarquable de cette recherche – les données sont soumises à une analyse des profils. Cela permet de compléter l’analyse au niveau d’un problème, basée sur les moyennes de l’ensemble de l’échantillon par une description centrée sur les individus. Quatre profils bien distincts par rapport à la plupart des variables ont été trouvés et interprétés de manière convaincante dans le chapitre suivant. L’auteur distingue:

un profil des élèves dont l’apprentissage est guidé par le minimalisme;

un deuxième profil d’élèves dont l’apprentissage est guidé par la volonté de maîtriser des savoirs;

un troisième profil d’élèves dont l’apprentissage est guidé par le double objectif de maîtriser des savoirs mais en même temps aussi de rechercher un nouveau défi;

un quatrième profil qui ressemble au troisième mais dont les membres cherchent également la performance donc des signes de succès visibles par les autres.

Dans cet ouvrage, l’auteur fait preuve de connaissances profondes de la métacognition, des croyances motivationnelles et des modèles de l’apprentissage autorégulé qu’on ne trouve que rarement dans la littérature psychopédagogique et encore moins dans la littérature pédagogique de l’apprentissage scolaire. Outre son importance pour la recherche pédagogique et psychopédagogique, le livre se prête comme ouvrage de cours pour des étudiants avancés d’une Haute Ecole Pédagogique ou des étudiants universitaires. Dans les cours sur l’approche cognitive de l’apprentissage autorégulé, de la motivation ou encore des émotions, les ← 3 | 4 → professeurs aimeraient souvent discuter les théories récentes mais les auteurs les plus intéressants sont parfois difficilement accessible à leurs étudiants, entre autres parce que ces derniers ne maîtrisent pas assez l’anglais ou n’ont pas un accès facile aux revues scientifiques. En tant que chercheur et enseignant dans une haute école, J-L. Berger connaît ce problème. Dans les quatre premiers chapitres du livre, il fournit des résumés tant fort compréhensibles qu’exhaustifs des auteurs (par exemple Boekaerts, Borkowski, A.-L. Brown, Deci, Efklides, Flavell, Kluwe, Nelson, Pintrich, Pressley, Zimmerman) les plus importants de ce domaine de recherche.

De par sa formation de base, l’auteur vient de l’éducation spéciale. Dans tout le livre, il porte une attention particulière aux élèves ayant des difficultés d’apprentissage. On admire sa présentation précise des questions et problèmes théoriques mais on ressent aussi sa grande connaissance de cette population particulière. Pour cette raison, le livre est non seulement précieux dans la formation des enseignants du primaire et du secondaire mais il représente également un enrichissement sûr de la formation en éducation spéciale, avant tout au niveau de la maîtrise.

Je recommande le livre de J.-L. Berger aux chercheurs travaillant sur l’apprentissage, les difficultés d’apprentissage, la formation professionnelle ou, plus généralement, la formation des enseignants. Il sera également très utile pour les psychologues scolaires et cliniques ainsi que pour toute personne intéressée à la recherche sur l’apprentissage scolaire et les difficultés d’apprentissage.

Tegna, le 8 août 2013

Fredi P. Büchel,
Professeur honoraire de l’Université de Genève

RÉFÉRENCES

Berger, J.-L. (2012). Motivational beliefs and self-regulated learning in low vocational training tracks students. Journal of Development and Educational Psychology, 2, 37-48.

Résumé des informations

Pages
XII, 221
Année de publication
2015
ISBN (Broché)
9783034316736
ISBN (PDF)
9783035108354
ISBN (MOBI)
9783035193343
ISBN (ePUB)
9783035193350
DOI
10.3726/978-3-0351-0835-4
Langue
français
Date de parution
2015 (Avril)
Mots Clés (Keywords)
Motivation à apprendre Métacognition Formation professionnelle Calcul professionnel Stratégies d'apprentissage Autorégulation de l'apprentissage Apprentissage
Publié
Bern, Berlin, Bruxelles, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, 2015. 234 p.
Sécurité des produits
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Notes biographiques

Jean-Louis Berger (Auteur)

Jean-Louis Berger est docteur en Sciences de l’éducation (Université de Genève, 2008). Il a été chercheur invité à Michigan University at Ann Arbor et à Monash University. Il est responsable du champ de recherche « Profils professionnels » et maître d’enseignement à l’Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle (EHB IFFP IUFFP). Ses recherches portent sur les processus d’enseignement et d’apprentissage.

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