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Génocide, enfance et adolescence dans la littérature, le dessin et au cinéma

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Edited By Silke Segler-Meßner and Isabella von Treskow

L’objectif de ce recueil est d’étudier la vision formée au cours des génocides et des guerres par les enfants et les adolescents ainsi que la symbolisation de l’enfance et de la jeunesse. Les contributions tentent de comprendre l’expression des expériences sur la base de récits, de poésies, de dessins et de témoignages. Centré sur la Shoah en Europe et le génocide des Tutsi au Rwanda, sans pour autant oublier les persécutions national-socialistes des résistants politiques et des Roms, ce volume interdisciplinaire rassemble des articles de base sur la transmission du vécu et sur la réception de l’expérience, du plus jeune âge jusqu’à l’adolescence, de l’emblématique au référentiel, se vouant ainsi à un champ de recherche dont le potentiel n’est pas encore assez exploité.
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Poétiques de la lisière – Les textes d’enfants rescapés de la Shoah, entre « création testimoniale » et genre autobiographique

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Aurélia Kalisky

Poétiques de la lisière – Les textes d’enfants rescapés de la Shoah, entre « création testimoniale » et genre autobiographique1

A la lisière du témoignage

En 1982 est publié chez Gallimard le roman Sablier de Danilo Kiš, dernier volet de la trilogie d’inspiration autobiographique Le Cirque de famille et originellement paru en 1972 en serbo-croate. C’est un ami de l’auteur, l’écrivain francophone d’origine ukrainienne Piotr Rawicz, qui écrit la préface de l’édition française. Son texte constitue une sorte de bilan critique de l’horizon littéraire français de 1970 à 1980, en prenant comme référent principal l’événement de la Shoah, le phénomène des camps de concentration nazis et soviétiques, l’extermination de masse et les formes modernes de la violence politique, en particulier étatique. Pour Rawicz, le roman de Kiš est en effet l’occasion de se demander si la littérature est en mesure de se confronter à ces expériences, et si une véritable poétique a pu répondre au défi qu’elles constituent. Et la réponse ne fait pour lui aucun doute : une nouvelle génération d’auteurs est apparue, qui a su mener à bien une « transposition artistique »2 de l’expérience de la violence. Il ressort du commentaire de Rawicz que la condition de cette transposition est la distance temporelle qui sépare deux générations : c’est parce que les...

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