Show Less

L’humour et l’ironie en Littérature francophone subsaharienne

Des enjeux critiques à une poétique du rire

Series:

Vincent Simédoh

Il s’agit dans cette réflexion de comprendre et de saisir les enjeux que suscite la pratique de l’humour et de l’ironie dans des situations dramatiques, déplorables voire tragiques qu’est le contexte de l’Afrique: rire pour (se) corriger, contester, sans pour autant être agressif? Dénoncer sans en avoir l’air? Est-ce une nouvelle esthétique? A travers l’analyse des œuvres qui vont des années 1958 à nos jours, à savoir celles de Mongo Béti, Ferdinand Oyono, et plus contemporaines comme celles de A. Mabanckou…, ce livre démontre comment le rire, à travers toutes les différentes formes qu’il peut prendre, à savoir la dérision, la parodie, le sarcasme, le grotesque par le biais de l’humour et de l’ironie qui sont les manifestations apparentes, est un outil à la fois de la contestation, de dédramatisation des situations tragiques, mais aussi une esthétique d’écriture en soi dans la représentation du réel, du sérieux, que ce soit au niveau social, politique ou de l’écriture elle-même qui joue à la fois sur la dissimulation, sur le carnavalesque, la polyphonie et le grotesque pour finir à une poétique du rire.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

CHAPITRE IV. Du renversement ironique au grotesque dansLe Devoir de violence 93

Extract

CHAPITRE IV Du renversement ironique au grotesque dans Le Devoir de violence Le rire, comme observé jusqu’ici, peut prendre des visages différents selon que l’ironie ou l’humour prédomine dans une œuvre. Le constat fait jusqu’ici montre que les deux aspects, c’est-à-dire le rebondissement humoristique et le paradoxe ironique, portent vers des esthétiques comme la dérision ou le sarcasme. On voit ainsi différents visages du rire se dessiner : à la fois joyeux et triste. Cependant, il y a des rires réflexifs où l’ironie est la forme du langage et du discours. Dès lors, ceux-ci deviennent eux-mêmes l’expression de la réflexion sur soi et de la conscience de soi. Friedrich Schlegel, dans Philosophie de la langue et du mot (1829), définissait l’ironie comme rien d’autre que cet étonnement sur lui-même de l’esprit pensant, qui se dissipe si souvent dans un sourire silencieux, et aussi, de nouveau, ce sourire de l’esprit, qui se cache et inclut cependant en soi un sens profond, une autre signification, plus élevée, et aussi, fréquemment, le sérieux le plus éminent, sous la surface joyeuse.(Cité par Belher, 92–93) Aussi vrai que l’ironie est une réflexion sur soi, un regard sur soi, une prise de conscience de soi, elle entre dans la représentation de soi et de son histoire car on peut représenter une chose afin de mieux la percevoir ou de la connaître. Ce serait alors une forme de...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.