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Jacques-René Rabier

Fonctionnaire-militant au service d’une certaine idée de l’Europe

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Michel Theys

Montmartrois né en en 1919, Jacques-René Rabier a vu sa vie professionnelle épouser l’Europe telle qu’elle se construit depuis la « Déclaration Schuman » en 1950. Engagé par Jean Monnet au Commissariat général du Plan, il le rejoint à Luxembourg où vient de s’installer la Haute Autorité de la Communauté européenne du charbon et de l’acier. Comme il a une plume que le « père de l’Europe » apprécie, il devient le porte-parole de l’Institution. Son destin est scellé : quelques années plus tard, il jette les fondations du Service de presse et d’information de la Commission européenne dont il deviendra un jour le Directeur général. En 1973, le premier élargissement de la Communauté lui coûte sa place, mais n’entame pas sa passion de servir la cause de l’Europe : c’est en tant que « retraité volontaire » qu’il donnera à la Commission un outil statistique, l’Eurobaromètre, qui continue à faire autorité de nos jours. A travers la vie de ce fonctionnaire militant de l’Europe, ce sont des acteurs, connus et méconnus, de la fantastique aventure qu’a constitué la construction européenne à ses origines qui reprennent vie. A travers le regard posé par ce personnaliste, ce sont aussi les idéaux qui animaient les acteurs de ce saut dans l’inconnu qui se laissent à nouveau apprécier, à mille lieues des moroses réalités actuelles. Cette biographie est un appel : pourquoi ne pas en revenir aux idéaux originels ?

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Chapitre IV. Les éclaireurs et défricheurs

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Chapitre IV

Les éclaireurs et défricheurs

Le jour de la Toussaint 1952, Jean Monnet était au travail.

Les derniers jours d’octobre, le Commissariat général du Plan envoie Jacques-René Rabier en mission en Moselle, afin qu’il y rencontre les préfets et les responsables des chambres de commerce. Pour une fois, sa femme l’accompagne. La veille de la Toussaint, il lui glisse à Metz : « Nous sommes à côté de Luxembourg. Et si nous allions, demain, dire bonjour aux amis ? » Elle accepte. Pourquoi, en effet, ne pas s’en aller retrouver leur ami François Fontaine et, peut-être, d’autres collègues de son mari ayant quitté le Plan pour suivre Monnet ?

Ce qu’Anne-Marie ne savait pas, c’est que, le jour de la Toussaint, Jean Monnet « travaillait comme si de rien n’était place de Metz », dans l’ancien bâtiment des chemins de fer qui, depuis l’été, avait été mis à la disposition de la Haute Autorité par le gouvernement luxembourgeois. Jacques-René retrouve son ancien patron qui, bille en tête, lui lance : « J’ai besoin de vous ici ! Vous ne pouvez pas rester ? » Surpris, Jacques-René consulte sa femme d’un regard, puis lâche : « Monsieur, oui… Oui, je peux accepter, mais je ne peux pas rester ». À raison : ses enfants sont restés à Paris où, en outre, l’attend son travail de secrétaire général adjoint du Commissariat général. Et d’argumenter qu’il ne peut vraiment pas quitter Étienne Hirsch d’une manière...

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