Show Less
Restricted access

Dessillement numérique

Énaction, interprétation, connaissances

Series:

Maryvonne Holzem and Jacques Labiche

Cet essai présente la recherche chemin faisant de deux auteurs de disciplines différentes : linguistique et reconnaissance de formes. Il tisse leur réflexion à partir d’un questionnement commun : qu’est ce qu’interpréter ? Comment s’approprier des connaissances à partir de documents ? Le numérique peut-il y aider ? En s’appuyant sur plusieurs projets de recherche, les auteurs conçoivent une plateforme informatique qui donne le rôle principal à la créativité de l’utilisateur.

Adossé à la sémantique textuelle et à l’approche énactive, cet ouvrage tente un dessillement qui prenne le contre-pied des évidences ontologiques. Il rejette une vision réductionniste de l’humain issue du computationalisme et d’une approche managériale de la révolution numérique. Pour penser les interactions usager-plateforme, il articule la phénoménologie dans sa dimension sémiotique à l’herméneutique philologique appliquée à un corpus juridique.

La question du sens et de son advenue sous-tend ce travail qui participe des sciences de la culture et ainsi s’ouvre à une réflexion éthique et politique comme le souligne François Rastier dans la préface.

Show Summary Details
Restricted access

Préface

Extract



François RASTIER

Le présent ouvrage ne témoigne pas d’un « humanisme facile » qui se contenterait d’opposer l’homme et la technique, mais d’un « humanisme difficile », selon la formule de Jean-Hughes Barthélémy, celui qui entend mettre fin à l’aliénation réciproque entre l’homme et la technique pour discerner ce qu’il y a d’humanité aliénée dans l’objet technique, réintégrer ainsi la technique dans le monde de la culture. Au second paragraphe du Mode d’existence des objets techniques, Simondon écrivait : « l’opposition dressée entre la culture et la technique, entre l’homme et la machine, est fausse et sans fondement ; elle ne recouvre qu’ignorance et ressentiment. Elle masque derrière un facile humanisme une réalité riche en efforts humains et en forces naturelles, et qui constitue le monde des objets techniques, médiateurs entre la nature et l’homme ». On peut voir là une réponse radicale à l’antitechnologisme de Heidegger1.

Malgré la clarté des développements, le cheminement de l’ouvrage reste au premier contact difficile à saisir pour une lecture cursive. Il s’agit en effet d’un ouvrage expérimental, non pas seulement parce que les auteurs relatent leur expérience intellectuelle, mais parce qu’ils expérimentent un genre nouveau ou du moins inhabituel : la relation d’une recherche en train de se faire, bien loin des genres dominants du paper ou du traité. Ils voisinent avec l’essai, car ils sont convaincus à juste titre que le caractère scientifique d’une pensée ne r...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.